Voir p. ai
k. Voir pp. 315-217.
5. Quodlibela Doctoris cximii Ricardi de Media Villa, ordinis minorum, quxstiones ocluaginla continentia. Brixiae, apud Vincentium Sabbium, MDXCI. Quodlibetum II, art. II, quaest. \VI : Utrum faba ascendcns obvians lapidi molari qniescat, pp. T>.i-5G.
mouvement violent; je dis donc qu'après que le mouvement de la fève est devenu quelque peu éloigné de son principe, la vertu grâce à laquelle la fève monte va en s'affaiblissant ; aussi le mouvement violent est-il plus lent vers la fin qu'il n'était au commencement; cette vertu finit par être tellement affaiblie qu'elle ne suffît plus à mouvoir la fève vers le haut ; elle suffît encore, cependant, à en empêcher la descente ; et alors il faut que la fève demeure, de soi, immobile; plus tard, cette vertu s'affaiblit au point qu'elle ne peut plus empêcher la descente ; la vertu naturelle de la fève l'emporte alors sur celle-là, et la fève tombe. »
Nous avons là, en son germe, la doctrine que développeront Albert de Saxe et Marsile d'Inghen ; d'ailleurs les propos de Richard de Middleton semblent se rattacher très naturellement à ceux que nous avons extraits 1 de la Théorie des planètes d'Àl Bitrogi, et ce dernier ouvrage était, à la fin du xin8 siècle, l'objet de nombreuses études et discussions.
Mieux encore, la doctrine de Richard de Middleton se rattache à l'explication qu'Hipparque avait donnée de la chute accélérée des graves, en son écrit intitulé : ilspt twv Stà jâapuTYjTa "/.axw çspopivwv.
Lorsqu'un grave est jeté en l'air, disait Hipparque, la vertu qui l'entraîne vers le haut l'emporte tout d'abord sur la pesanteur; mais cette vertu va en s'affaiblissant sans cesse ; elle surpasse de moins en moins la pesanteur, en sorte que le projectile monte de moins en moins vite. Un moment arrive où la force ascensionnelle est précisément égale à la pesanteur; le corps cesse alors de monter pour commencer à descendre. La force ascensionnelle diminuant toujours, la pesanteur l'emporte de plus en plus et le grave tombe de plus en plus vite.
C'est Simplicius qui nous a conservé cette explication en son commentaire au De Caelo d'Aristotea ; or cet ouvrage était fort lu à la fin du xm° siècle ; Guillaume de Moerbeka venait d'en donner une traduction qui demeura longtemps classique; Saint Thomas d'Aquin, commentant le De Caelo, empruntait^ à Simplicius le raisonnement d'Hipparque.
La théorie de Yimpeto composé présente ainsi à nos yeux l'image d'une parfaite continuité.