Nicolai de Cusa De docta ignorantia lib. I, cap. Vil
cause de division ; la connexion est donc, par nature, antérieure à toute division. D'autre part, altération et division sont, par nature, simultanées, en sorte que la connexion est naturellement antérieure à toute division et que la connexion est éternelle.
L'unité est éternelle, l'égalité est éternelle, la connexion est éternelle. Mais rien de ce qui est éternel ne peut être pluralité, car l'unité qui, par nature, est antérieure à la pluralité, précéderait l'éternité même, ce qui est impossible. L'un seul est éternel. Si donc l'unité, l'égalité et la connexion sont éternelles, c'est que l'unité, l'égalité et la connexion sont un seul et même être. « Telle est cette trinité dans l'unité qui a été proposée à notre adoration par Pythagore, le premier de tous les philosophes, l'honneur de l'Italie et de la Grèce. »
En ses divers traités, Nicolas de Gués creuse la notion de cette divine trinité.
L'analyse de toute chose finie nous y fait découvrir la puissance, l'acte, et l'union de la puissance et de l'acte; tous ces éléments, nous devons les retrouver en l'unité de Dieu, mais portés au maximum absolu.
Dieu est donc l'acte infini1, l'acte absolument pur2. Mais l'actualité infinie n'est autre chose que l'existence actuelle de la toute-puissance3; en sorte que, dans l'absolu, la puissance maximum ne diffère pas de l'acte maximum et que Dieu est aussi l'absolue puissance 4; en Dieu, la puissance absolue, l'acte pur et l'union de cette puissance et de cet acte sont coéternels5.
L'acte présuppose6 logiquement la puissance, qui en est le principe; la puissance, au contraire, ne présuppose rien. Le Père est cette puissance qui, logiquement, est le principe de l'acte; le Fils est l'éternelle mise en acte de la puissance du Père; de l'un et de l'autre procède le Saint-Esprit qui est
i. Nicolai de Cusa De docta ignorantia lib. II, cap. VIII.