VI
Les réflexions de Léonard de Vinci
TOUCHANT LA PHILOSOPHIE DE NlCOLAS DE CUES (SUlte).
L'immortalité de l'ame.
De quelle manière l'âme humaine est-elle unie au corps? Comment la mort du corps n'entraîne -t-elle pas la mort de l'âme? Ce sont questions qui ont, à plusieurs reprises, préoccupé Léonard de Vinci. Les essais qu'il a tentés en vue d'y répondre étaient guidés, en général, par les pensées que Nicolas de Cues avait émises au sujet de ces problèmes ; et, parfois, les idées de Nicolas de Cues avaient pour origine les doctrines exposées en la Théologie d'Aristote. L'influence du philosophe antique qui a composé ce livre parvenait ainsi, par l'intermédiaire de l'Évêque de Brixen, jusqu'à Léonard.
« Tout mouvement d'union est un mouvement amoureux qui tend au plus grand bien des objets qu'il unit1. Tout mou vement d'une partie a pour objet la perfection du tout3. » C'est par un tel esprit d'union que l'âme du monde, qui en est la forme, s'unit à la matière3; la matière désire la forme qu'elle est apte à recevoir ; « la forme qui désire être en acte et qui ne peut subsister isolément... descend afin d'exister,
1. Nicolai de Cusa De docta ignorant ia liber secundus, cap. X.