‹ Études sur Léonard de Vinci (volume 2)Chapitre 31 sur 126 · Nicolai dcCusa De docta ignorantia lib. II, cap. XII · texte numérisé non relu

Nicolai dcCusa De docta ignorantia lib. II, cap. XII

Nicolas de gués et lèonard de viingi 179

s'identifient en Dieu, qu'il tende à rejoindre l'âme au sein de Dieu. Le postulat de l'identité du maximum et du minimum permet de souder à la théorie de l'Aristote apocryphe le dogme chrétien de la résurrection de la chair. Ici encore, la philosophie de Nicolas de Gués nous apparaît comme une adaptation de la Théologie d'Aristote à la doctrine chrétienne.

Lorsque Nicolas de Gués, en ce passage, nous parle de l'ascension de l'âme, de la descente du corps, il faut sans doute entendre ces mots au sens métaphorique; il s'agit d'un perfectionnement de plus en plus grand, d'un avilissement croissant, et non pas d'un changement de lieu dans l'espace. Mais, bien aisément, les lecteurs de Nicolas de Gués pouvaient prendre cette comparaison pour l'expression même de la réalité; ils pouvaient regarder l'être vivant comme une sorte de mélange d'un corps lourd et d'une âme légère, fort analogue à ce mélange d'eau lourde et de feu léger qui, pour les physiciens de ce temps, constituait la vapeur d'eau; la mort dissociait ce mélange; le corps, devenu plus grave, tendait plus fortement vers le centre du Monde; l'âme, légère, s'élevait vers son lieu naturel, que la plupart des physiciens et des théologiens s'accordaient à placer au delà de la dernière sphère mobile des cieux.

D'ailleurs, bien des passages de l'œuvre même de Nicolas de Gués incitaient le lecteur à prendre la théorie de l'immortalité de l'âme en ce sens quelque peu matériel et grossier. Parfois, l'Évêque de Brixen semblait assimiler le corps vivant à un mélange d'éléments pris en proportions convenables; c'est parce que1 « nulle science ne peut connaître l'exacte composition des mixtes » que « la médecine ne peut dépasser le degré des simples conjectures, non plus que toute autre science fondée sur les mesures » .

«La mort, d'ailleurs2, ne semble pas être autre chose que la résolution d'un composé en ses composants. »

Les principes vitaux mélangés au corps durant la vie sont légers; leur départ laisse le cadavre plus pesant; l'expérience

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