‹ Études sur Léonard de Vinci (volume 2)Chapitre 32 sur 126 · Nicolai de Cusa De conjecturis liber secundus, cap. V · texte numérisé non relu

Nicolai de Cusa De conjecturis liber secundus, cap. V

2. Nicolai de Cusa De docta ignorantia liber secundus, cap XII.

l8o ÉTUDES SUR LEONARD DE VINCI

pourrait même nous conduire à la détermination de leur légèreté ' :

« Le poids de l'homme est différent selon qu'il retient sa respiration après avoir aspiré de l'air ou qu'il émet son souffle; il n'est pas le même lorsque l'homme est vivant et lorsqu'il est mort; il en est ainsi pour tous les animaux. Il serait très intéressant de noter ces variations de poids pour divers animaux et pour des hommes de différents âges; nous pourrions alors, par voie de conjecture, nous élever jusqu'à la connaissance du poids des esprits vitaux. »

La lecture même de Nicolas de Gués incitait donc bien souvent à prendre au pied de la lettre, et dans leur sens mécanique, les passages où il parlait de l'ascension de l'âme et de la descente du corps après la mort. C'est ainsi, très certainement, que Léonard a compris ces passages.

Il assimile le corps humain à un mélange d'éléments dont l'exacte proportion constitue la santé :

« La maladie2 n'est que le désaccord des éléments fondus ensemble dans le corps vivant. »

<( La médecine répare l'inégalité qui s'est introduite entre les éléments. »

Pour Léonard donc, comme pour Nicolas de Cues, la médecine rationnelle reposerait sur l'exacte connaissance de la composition de ce mixte qu'est le corps vivant; elle ne serait qu'une sorte de Chimie particulièrement délicate.

Or, au nombre des éléments qui se mêlent ainsi pour composer le corps vivant d'un homme, Léonard compte l'esprit : « L'esprit est une puissance mêlée au corps3. »

Donc, parmi les éléments, graves ou légers, dont la « fusion » constitue le corps vivant, il s'en trouve un, plus léger sans doute que tous les autres, qui est l'esprit. Au moment de la mort, cet élément-là se sépare des autres. Qu'advient-il alors? C'est à la Physique de nous l'apprendre; et justement, dans ses

i. Nicolai de Cusa Jdiotœ dialogus quartus : De slaticis experimentis.

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