Léonard de Vinci, Codice Trivulzio, fol. h, recto
3. Léonard de Vinci, Second manuscrit sur l'anatomie de la Bibliothèque du Château de Windsor, fol. a^a, a. — J.-P. Richter, The literary Works of Leonardo da \inci, t. Il, art. ! : i ',.
NICOLAS DK CUES ET LEONARD DE VINCI l8l
Questions sur le De Cœlo1 qui sont, entre les mains de Léonard, d'un continuel usage, Albert de Saxe discute des problèmes de ce genre; c'est donc à sa méthode que Léonard fera appel pour les résoudre; et comme les questions les plus diverses sollicitent en même temps le génie du Vinci, nous verrons, en une même page du Codlce Trivulzio, les doctrines d'Albert de Saxe s'opposer2 à la notion de pression telle que l'entend le Précurseur de Léonard et préparer la théorie de l'immortalité de l'âme.
Voici cette page du Codice Trivulzio^:
« Aucun élément ne pèse dans son propre élément lorsqu'il lui est uni ; les parties supérieures de l'air ne pèsent donc pas sur les parties inférieures. »
« Un corps dont la qualité diffère de la qualité de l'air ne peut demeurer immobile au sein de l'air, s'il est libre ; en effet, puisque ce corps n'est pas de même qualité que l'air, il est nécessairement plus lourd ou plus léger que lui; s'il est plus lourd, il tombera à la partie inférieure; s'il est plus léger, il pénétrera en haut. »
« Plus une chose a de conformité avec l'élément qui l'entoure, plus est lent le mouvement par lequel cette chose sort du sein de cet élément; plus au contraire cette chose diffère de l'élément, plus est impétueux le mouvement par lequel elle s'en échappe. »
« Au sein de chacun des trois éléments les plus légers, aucune chose ne peut demeurer en équilibre stable si elle se trouve hors de sa nature, » c'est-à-dire hors de son lieu naturel.
Cette règle souffre exception lorsqu'il s'agit de la terre; la cohésion de cet élément lui permet de retenir en ses cavités un élément moins lourd, de l'air ou de l'eau par exemple; aussi Léonard a-t-il eu soin de préciser, en formulant cette loi, qu'il l'appliquait seulement aux trois éléments les plus légers.
Il n'est question que de Physique dans les passages que
i. Alberti de Saxonia Subtilissimœ quœstiones in libros de Cœlo et Mundo ; libri tertii quaestt. II et III.
■2. Cf. : P. Duhem, Études sur Léonard de Vinci, ceux qu'il a lus et ceux qui l'ont lu, i" série, p. 37/1-