‹ Études sur Léonard de Vinci (volume 2)Chapitre 44 sur 126 · Léonard de Vinci, loc. cit., fol. 21, verso · texte numérisé non relu

Léonard de Vinci, loc. cit., fol. 21, verso

pierre hors de sa nature ; le mouvement physique qui a infusé cette forza dans la pierre était le mouvement d'une main, et cette main était mue par la volonté d'un homme : « La forza l est engendrée par la disette ou par l'opulence; elle est fille du mouvement matériel, petite -fille du mouvement spirituel et mère et origine du poids. »

De même que la forza, puissance spirituelle de peu de durée, sorte d'âme mortelle, peut être engendrée par une autre forza, grâce à l'intermédiaire du mouvement violent que celle-ci a produit; de même, la première forza qu'il nous faut mettre à l'origine de tout mouvement physique naît d'une âme immortelle par l'intermédiaire du mouvement volontaire d'un corps vivant.

Cette doctrine inspire la pensée suivante 2; la première partie de cette pensée reproduit presque textuellement un passage que Léonard a déjà écrit ailleurs et que nous avons cité il y a un instant :

« La. forza, le mouvement matériel, le poids et la percussion sont les quatre puissances accidentelles par lesquelles toutes les œuvres des mortels ont leur existence et leur mort. »

« La forza tire son origine du mouvement spirituel ; ce mouvement spirituel, coulant par les membres des animaux sensibles, gonfle leurs muscles; ces muscles, en se gonflant, se raccourcissent et tirent les tendons auxquels ils sont joints, et de ces tendons, la forza est causée au sein des membres humains. »

Par cette conclusion, l'analyse philosophique du mouvement, si profondément poussée par Léonard de Vinci, retrouve l'un des principes fondamentaux de la Métaphysique de Nicolas de Gués : tout mouvement procède de l'esprit. La voie même par laquelle elle est ramenée à ce principe lui a été tracée par l'Évêque de Brixen :

« Un grand nombre d'objets, » disait celui-ci3, « participent

i. Léonard de Vinci, ms.Arundel 260 de la Bibliothèque du British Muséum, fol. i5i , recto. — J. P. Richter, Op. cit., t. II, S 85g. — G. Séailles, Op. cit., p. 320.

2. Léonard de Vinci, ms.Arundel 2<}3 de la Bibliothèque du British Muséum, fol. i5i,a. — J. P. Richter, Op. cit., t. II, § 85g.

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