Vide suprà : pp. 225 et 22G
3. Les manuscrits de Léonard de Vinci, Ms. G de la Bibliothèque de l'Institut, fol. ">'i, verso.
réflexion procède de la Dynamique erronée dont se réclame l'invention de Nicolas de Gués :
« Du mouvement du mobile. — La flèche tirée de la proue du navire contre le lieu vers lequel le navire se meut ne quittera pas l'endroit d'où elle est chassée, si le mouvement du navire est égal au mouvement de ladite flèche. »
a Mais si la flèche d'un tel navire est tirée vers le lieu d'où le navire s'en va avec la susdite vitesse, alors cette flèche se séparera du navire avec deux fois son mouvement. »
Les procédés de l'Orateur et de l'Idiot pour mesurer la vitesse avec laquelle se déplace un navire rappellent à l'esprit de Léonard les divers systèmes de sulcomètres qui ont été proposés soit par Yitruve, soit par Léon-Baptiste Alberti1. La critique de ces procédés suit immédiatement le passage que nous venons de citer :
a Pour connaître combien le navire se meut par heure. — Nos anciens ont usé de divers procédés pour voir quel voyage un navire fait durant chaque heure. Parmi eux, Yitruve en expose un dans son œuvre d'architecture; mais, ainsi que les autres 2, c'est un moyen trompeur. Il consiste en une roue de moulin touchée par les ondes marines à ses extrémités ; par les révolutions entières de cette roue, il se décrit une ligne droite qui représente la ligne circonférentielle de cette roue réduite en rectitude. Mais cette invention- là n'a de valeur que pour les surfaces planes et immobiles des lacs; si l'eau se meut en même temps que le navire, avec un égal mouvement, cette roue reste immobile, et si l'eau est de mouvement plus ou moins rapide que le mouvement du navire, la roue encore n'a pas un mouvement égal à celui du navire, en sorte qu'une telle invention est de peu de valeur. »
« Il y a un autre procédé qui suppose que l'on fasse une première expérience à l'aide de la distance connue d'une île à une autre; ce procédé emploie une planche légère, frappée par le vent, qui se fait d'autant plus ou moins oblique que le
t. On en trouvera la description, extraite des écrits mêmes de ces auteurs, dans l'ouvrage cité de M. Mario Baratta, pp. 285-289.