‹ Études sur Léonard de Vinci (volume 2)Chapitre 48 sur 126 · C'est-à-dire : que tout élément terrestre · texte numérisé non relu

C'est-à-dire : que tout élément terrestre

k. Léonard de Vinci, ms. de la Bibliothèque du comte de Leicester. fol. 2. recto. — Cf. Mario Baratta, Op. cit., p. 275.

eau était sans onde, elle se montrerait toute petite, avec une splendeur presque égale à celle du Soleil. »

« A présent, il nous faut prouver si la Lune est un corps grave ou léger. »

« Nous confessons que sur la Terre, à tout degré de hauteur s'acquiert un degré de légèreté, en sorte que l'eau est plus légère que la terre, l'air que l'eau, le feu que l'air, et ainsi de suite. »

« Il semble que la Lune, ayant densité comme elle a en effet, doit avoir gravité; et si elle a gravité, que l'espace au sein duquel elle se trouve ne la peut soutenir ; et, par conséquent, qu'il lui faut descendre vers le centre de l'Univers et se conjoindre à la Terre; si elle ne descend elle-même, ses eaux du moins devront tomber; la Lune en sera dépouillée et elles tomberont vers le centre, et elles laisseront la Lune dépouillée et sans lumière. La Lune ne se comportant pas de la sorte, c'est un signe manifeste qu'une telle lune est revêtue de ses éléments, à savoir d'eau, d'air et de feu et qu'ainsi elle se soutient dans l'espace en soi et par soi, comme fait notre Terre avec ses éléments en cet autre espace [où elle se trouve] ; et que les graves de la Lune font même office en ses éléments que font les autres graves [les graves terrestres] en nos éléments. »

Quel sens exact faut-il attribuer aux fragments que nous venons de citer?

Faut-il y voir cette affirmation : les éléments lunaires sont unis à la Lune et tendent vers elle lorsqu'ils en sont séparés comme les éléments terrestres sont unis à la Terre et tendent vers la Terre lorsqu'ils en sont détachés? Assurément, cette proposition est dans l'esprit de Léonard. N'a-t-il pas écrit1 : « Toute partie a une tendance à se réunir à son tout pour échapper à son imperfection »? Et cette phrase n'était-elle pas comme la traduction de celle-ci2, qui est de Nicolas de Gués : « Omnis motus partis est propter perfectionem ad totum » ?

Cette proposition suffirait à expliquer que la Lune n'a aucune tendance à tomber sur la Terre; elle a suffi à Copernic pour

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