Voir p
2. Quodlibeta Doctoris eximii Ricardi de Media Villa, ordinis minorum, qurestiones octuaginta continentia. Brixia?, de consensu superiorum, MDXCI. Quodlibetum 111, art. II, quaîst. V : Utrum magnitudo naturalis sit divisibilis in infinitum; pp. 91-93.
Ô~j2 ETUDES SUR LEONARD DE VINCI
soit-elle, serait réellement du feu ; en elle se trouveraient la matière spécifique du feu, la forme spécifique du feu.
Dieu pourrait, de la sorte, diviser indéfiniment un volume de feu et maintenir l'existence des parcelles de feu ainsi produites, si petites soient-elles.
Mais cette division pourrait être poussée assez loin pour altérer, non point la matière spécifique ni la forme spécifique du feu, mais certaines propriétés ou vertus de ce feu.
« On pourrait, par exemple, parvenir à des parties si petites qu'elles ne pourraient plus être maintenues en existence par les seules forces créées, et cela parce qu'en de telles particules toute vertu se trouverait affaiblie à un trop haut degré. Dieu, cependant, pourrait conserver une telle particule; seul, il pourrait produire d'une manière réelle une telle division; ni l'ange ni l'âme intellectuelle ne la peuvent réaliser, mais ils la peuvent concevoir par la pensée. »
De même, une particule suffisamment petite de feu, tout en demeurant spécifiquement du feu, n'aurait plus assez de vertu pour engendrer son semblable, pour se mouvoir, pour émouvoir notre sens; à l'égard de ces diverses propriétés, le feu n'est pas divisible à l'infini.
Richard de Middleton pose ici, avec une extrême netteté, la doctrine que Guillaume d'Ockam » et Jean Buridana se borneront à répéter, qu'Albert de Saxe développera 3.
Mais revenons au problème de l'infini mathématique.
De l'impossibilité de l'infini en acte, Richard de Middleton tire cette conclusion: Le Monde n'a pu exister de toute éternité. Son argumentation mérite d'être rapportée; elle est, en effet, devenue comme le thème d'une discussion ardente et d'une extrême importance entre les tenants de l'infini in facto esse et les partisans de l'infini infieri.
« S'il était possible que le Monde eût été créé de toute éternité, dit Richard 4, Dieu eût pu réaliser l'infini actuel soit en nombre, soit en grandeur, il eût pu de même, en effet, créer des hommes de toute éternité; de toute éternité, ces hommes eussent engendré d'autres hommes, et leurs successeurs en eussent fait autant jusqu'à ce jour. Gomme, d'ailleurs, les âmes rationnelles sont incorruptibles, il existerait, d'une manière actuelle, une multitude infinie d'âmes rationnelles.
»De même, Dieu aurait pu mouvoir continuellement le ciel jusqu'à ce jour et, en chacune des révolutions du ciel, créer une pierre; il eût
i. Voir |). i5.