‹ Études sur Léonard de Vinci (volume 2)Chapitre 65 sur 126 · Voir p. i · texte numérisé non relu

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!\. Ricardi de Media Villa Qu.rstiones super qualuor libros Senlentiarum; lib. II. dist. Il, art. III, quaest. IV; éd. cil., lomus secundus, p. 17.

pu réunir toutes ces pierres en une seule; cela fait, un volume infini existerait d'une manière actuelle. Mais au premier livre, nous avons prouvé que Dieu ne pourrait produire, d'une manière actuelle, ni une multitude infinie, ni une grandeur infinie. Dieu n'a donc pas pu créer le Monde de toute éternité.

» De même encore, si Dieu avait pu créer le Monde de toute éternité, il aurait pu, tout aussi bien, mouvoir le ciel de toute éternité, continuellement et jusqu'à ce jour. Dieu aurait donc pu faire qu'une multitude infinie de jours fussent maintenant passés. Mais il est impossible que Dieu ait fait une multitude de jours passés qui fût infinie in accepto esse; il n'est pas possible, en effet, qu'il ait produit quelque chose qui soit aujourd'hui passé et qui n'ait été futur; il n'aurait donc pas pu produire une multitude de jours passés qui fût infinie in accepto esse s'il n'y avait eu une infinité in accepto esse de jours futurs. Mais Dieu n'a pas pu faire qu'une infinité de jours fussent des jours futurs in accepto esse, mais seulement in accipiendo esse ou in Jieri. Semblablement donc, Dieu n'eût pu produire une multitude de jours passés qui fût infinie in accepto esse, mais seulement in accipiendo esse. Il reste donc que le Monde n'a pas pu être créé de toute éternité. »

Cet argument, Jean de Bassols va le retourner; il s'en servira pour démontrer qu'Aristote, en admettant l'éternité du Monde, aurait dû, pour demeurer conséquent avec lui-même, admettre l'existence actuelle de la multitude infinie et de la grandeur infinie.

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