Jean de Bassols, loc. cit., fol. ccxm, col. c
2. D. Durandi a sancto Portiano super sententias theologicas Pétri Lombardi cornmentariorutn libri quatuor, per fratrein Iacobum Albertum Castrensem ad fidem veterum exemplarium diligenter recogniti. Post omnes omnium œditioncs hactenus vulgatas
a) Profundissimi Sacre théologie p7*ofessoris F. Joannis de Bassolis minorité in secuiulum sentenliarum Qucstiones inyeniosissime : et sane quam utiles... Venuradantur in vico Maturinorum apud Joanuem Frollon fidelissimum Bibliopolara sub sigoo Avicludii commorantera. Parhisius- Colophon : Kxpliciunt preclarissime et sane quam utiles questiones super secundum seDtentiarum :a profundissimo et ingenioso theologo Fratre Joanne de Bassolis sludiose composite | et discusse. Impressc uovitor in aima Farhisiorum Lutecia... Sumptibus honestorum bibliopolarum Francisci Reg-nault et Joannis Frellon. Arte vero et nitidissimis caracteribus Nicolai de Pratis Calcographi probatissirai. Anno ab orbe redemplo millesimo quingentesimo decirao sexto | die ultimo meusis Octobris. Laus Jesu. Dist. III, quïi'st. II ; fol. xxxiv, col. d.
intellectuelle de ce Scolastique ne se laisse pas dater avec cette étroite précision ni restreindre en l'espace d'une année; à la fin de son commentaire aux Livres de Sentences, l'auteur nous apprend ' qu'il termine dans la vieillesse cet ouvrage qu'il a commencé dans sa jeunesse; son labeur semble donc avoir duré de longues années, comprises en la première moitié du \iv° siècle.
Membre de l'ordre de saint Dominique, Durand fut, d'abord, thomiste convaincu ; il abandonna ensuite la tradition du Docteur Angélique. Il nous apparaît, d'ailleurs, comme un esprit hésitant, dont les convictions ont dû changer bien souvent.
De ces variations, il nous fait lui-même l'aveu lorsqu'il traite de la question de l'infini actuel.
Dieu peut- il produire un infini actuel, soit en nombre, soit en grandeur? « L'opinion qui l'affirme, dit Durand de Saint-Pou rçain^, est assez probable; elle a été adoptée par Avicenne, par Al-Gazali et par quelques autres; à moi-même, elle a semblé parfois recevable. Mais il est une autre manière de répondre qui semble plus probable; c'est que Dieu ne peut, d'une manière actuelle, produire de tels infinis, non par défaut de puissance, mais parce que la réalité répugne à cette actualisation. »
Afin de justifier la préférence que lui inspire cette dernière opinion, Durand examine avec grand soin les arguments qui ont été produits pour ou contre l'infini actuel; en cette discussion, il semble surtout viser les raisonnements de Jean de Bassols dont, parfois, il reproduit presque textuellement les paroles. Si le Docteur dominicain a été tenté d'attribuer à Dieu le pouvoir de produire un infini actuel, le tentateur n'était-il pas le Docteur franciscain?