‹ Études sur Léonard de Vinci (volume 2)Chapitre 74 sur 126 · Voir p. 23, en note · texte numérisé non relu

Voir p. 23, en note

k. Voir p. 36.

5. Magistri Johannis Buridam questiones tôt ius libri Phisicorum; lib. III, quœst. XIX : Utrum possibile est infinitam esse magnitudinem; ms. cit., fol. 60, col. b.

considérable qu'il n'en puisse exister une plus considérable, une qui soit, par rapport à la première, double, décuple, et ainsi de suite, sans terme; et comme aucune grandeur ne saurait exister si elle n'est finie, on peut dire plus simplement qu'étant donnée une grandeur quelconque longue d'un pied, il peut en exister une deux fois plus grande, cent fois plus grande, etc. Mais cela ne peut être réalisé que par la puissance divine. »

La réalisation de la grandeur catégoriquement infinie est-elle également au pouvoir de Dieu? En faveur de l'affirmative, Buridan expose1 l'argument qui devait si fort préoccuper Albert de Saxea et, après lui, la plupart des Scolastiques.

On peut imaginer qu'une heure ait été divisée en parties proportionnelles, c'est-à-dire en parties dont les durées décroissent en progression géométrique de raison {■; on peut supposer qu'en chacune de ces parties proportionnelles, Dieu crée une pierre d'un pied cube; à la fin de l'heure, il aura créé une pierre actuellement et catégoriquement infinie.

« Ista quaestio apparet mihi bene difjicilis, » dit Buridan 3. Le philosophe de Béthune la soumet, en effet, à une discussion qui n'est exempte ni de chicanes ni d'obscurités. Il clôt 4 cependant cette discussion par la remarque que voici : « S'il était possible que Dieu agît ainsi, il en résulterait que la dernière partie proportionnelle d'une heure pourrait être donnée, ce qui est faux, comme nous l'avons dit. » Cette remarque est devenue la majeure du raisonnement par lequel Albert de Saxe a réfuté5 l'argument produit en faveur de l'infini actuel.

La discussion dont nous venons de parler contient un passage G qui mérite d'attirer notre attention.

Buridan en prend occasion, en effet, de rappeler ce principe sur lequel Duns Scot et Walter Burley ont insisté : « Une proposition universelle peut être impossible alors que chacune des propositions plus particulières qu'elle renferme est possible et qu'elles sont compossibles les unes avec les autres. » Selon le langage des logiciens scolastiques, la proposition universelle qui est la synthèse de ces propositions particulières est vraie au sens divisé et fausse au sens composé, a De la possibilité d'une proposition prise au sens divisé, on ne saurait conclure la possibilité de cette même proposition prise au sens composé, lorsque ce dernier sens maintient l'universalité.)) En ce

i. Jean Buridan, (oc. cit., fol. 5<), col. c.

a. Voir p. /j3.

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