Voir pp. tiS-l\l
G. Jean Buridan, loc. cil., fol. Go, col. b.
même problème, Albert de Saxe, visiblement dirigé par l'enseignement de Buridan, recourra au même principe1.
Tout être eht-il borné par un certain maximums qu'il lui est interdit de surpasser? Si les puissances naturelles entrent seules en jeu, cela peut être; mais aucun être naturel ne saurait être si grand que la puissance divine ne fût capable de produire un autre être de même espèce que celui-là et plus grand que lui; du moment que la puissance divine entre en jeu, toute espèce d'être est capable d'infinité syncatégorique.
Cette question amène Buridan à parler3 du maximum qui termine les divers degrés d'une puissance. Nous avons vu comment cet antique sujet de discussion de la Physique péripatéticienne avait pris, dans les écrits d'Albert de Saxe, une forme particulièrement rigoureuse'1; comment la plupart des successeurs d'Albertutius avaient longuement traité ce problème; comment enfin Léonard de Vinci avait repris fort exactement l'exposé d'Albert de Saxe5.
Cet exposé, nous le trouvons préparé par celui de Jean Buridan, mais combien la rigueur et la précision sont plus grandes en l'œuvre du Maître allemand qu'en l'œuvre du Maître picard ! Celui-ci se borne à formuler des conclusions qu'il donne comme probables et communément reçues : « soient poni conclasiones probabiles. »
« Admettons que A soit la puissance capable de lever un grand poids ; il n'est pas possible de donner le poids le plus grand que A puisse lever ; cette conclusion est évidente si l'on admet que l'action ne peut se produire lorsque la puissance agissante est égale ou inférieure à la résistance.
»... Aux conclusions déjà posées, on peut en joindre d'autres que l'on formule communément et avec raison.
» La première de ces conclusions est la suivante : On peut donner le poids le plus petit parmi ceux que A ne peut lever. En effet, il est certain que le poids peut tellement croître que A devienne incapable de le lever. Il faut donc que cette puissance soit bornée à un certain poids. Or, elle ne peut l'être que de l'une des deux manières que voici : Ou bien la puissance A peut lever ce poids limite, tandis qu'elle ne peut lever aucun poids plus grand ; ce poids-là serait alors le poids maximum qu'elle puisse lever; et nous avons admis qu'un tel poids ne pouvait être. Ou bien la puissance A est incapable de lever ce poids; mais elle est capable de lever tout poids moindre; c'est pré-