Voir pp
38/| ÉTUDES SUK LÉOxNAHD DE VINCI
cisément là notre conclusion; ce poids, en effet, est le poids minimum parmi ceux que A ne peut lever, car elle peut lever tout poids moindre. »
Si Albert de Saxe a discuté avec sa minutieuse logique la question du maximum in quod sic et du minimum in quod non, il n'a pas créé, nous le voyons, la solution qu'il a adoptée; Buridan nous apprend qu'en son temps, elle était communément reçue à l'Université de Paris.
La question que Buridan vient de traiter le conduit tout aussitôt » à l'examen de cette autre : Tous les êtres naturels sont-ils inférieurement bornés à un certain minimum ?
Il ne s'agit nullement pour le maître de l'Université de Paris de discuter la divisibilité syncatégoriquement infinie de la grandeur abstraite ; la seule divisibilité qu'il mette en question est celle des corps réels et concrets.
Au sujet de cette divisibilité, une conclusion lui paraît certaine; cette conclusion, il la formule en ces termes :
« On peut donner une grandeur si petite qu'un corps de cette grandeur ou d'une grandeur moindre, qui serait isolé de tout autre corps de même espèce, ne saurait être conservé pendant un temps prolongé et notable; ce corps tendrait continuellement à sa corruption et les corps qui lui sont voisins l'auraient bientôt corrompu. »
Cette conclusion reflète l'influence de Richard de Middleton et d'Ockam, et va influer à son tour sur Albert de Saxe 2; mais elle ne concerne pas directement la question du minimum naturel telle qu'elle a été posée par Gilles de Rome3. Cette dernière question, Buridan la formule en ces termes :
« Peut-être posera-t-ou l'interrogation suivante : Est-il possible de donner un corps naturel, isolé de tout corps de même espèce que lui, et si petit, qu'aucuu corps de cette même espèce, isolément existant, ne puisse être moindre? Il est certain que la puissance divine peut réaliser un corps de même espèce qui soit moindre que celui-là; mais le doute soulevé est relatif aux puissances naturelles. »
Ce doute, Buridan ne trouve pas de certitude capable de l'éclairer ; les solutions proposées ne lui inspirent aucune confiance; u il me semble, observe-t-il, que tout cela est dit sans aucune preuve. — Sed tune mihi videtur quod haec omnia dicta sunt sine aliqua probatione. »
i. Maglstri Johannis Buridam questiones totius libri Phisicorutn ; lib. 1, quœst. X11I : Utrum omnia enlia naturalia sunt detcrminata ad minimum; ms. cit., fol. 17.