‹ Études sur Léonard de Vinci (volume 2)Chapitre 90 sur 126 · VII. Johannes Majoris · texte numérisé non relu

VII. Johannes Majoris

La Théologie catholique, en brisant toute barrière que l'on prétendrait imposer à la toute-puissance de Dieu, a contraint les philosophes de modifier l'enseignement d'Aristote au sujet de la grandeur infinie; elle les a obligés à considérer une telle grandeur comme possible.

Mais au sujet de cette possibilité de la grandeur infinie, la Scolastique s'est partagée, pendant les deux premiers tiers du xive siècle, entre deux doctrines.

Timidement d'abord, avec Richard de Middleton et Durand de Saint-Pourçain, puis d'une manière entièrement nette avec Guillaume d'Ockam, Walter Burley, Jean Buridan et Albert de Saxe, les uns n'ont admis d'autre grandeur infinie que l'infini syncatégorique; pour eux, aucune grandeur ne peut être pleinement en acte si ce n'est une grandeur finie ; toute grandeur infinie est en partie en acte, en partie en puissance; elle existe in fier i, non in facto esse.

Les autres, avec Jean de Bassols, Grégoire de Rimini et Robert Holkot, ont soutenu la possibilité de l'infini catégorique, de l'infini en acte ; cette possibilité leur a semblé aussi bien établie que celle de l'infini syncatégorique.

L'Université de Paris, qui tenait la Logique en si grand honneur, a donc connu, à cette époque, deux écoles qui s'opposaient l'une à l'autre en la question de l'infini. On pourrait — tant ces discussions ressemblent à celles qui mettent aux prises les géomètres de notre temps — désigner ces deux écoles par les épithètes de finitiste et à'infinitiste

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