‹ Études sur Léonard de Vinci (volume 3)Chapitre 10 sur 81 · BERNARDINO BALDI · texte numérisé non relu

BERNARDINO BALDI

Maintes fois, au cours de nos recherches sur l'histoire de la Mécanique, il nous est arrivé de formuler cette assertion : Les idées neuves que Léonard de Vinci a semées à profusion dans ses notes n'ont point été inconnues de ses successeurs ; plagiées par de nombreux auteurs, elles ont, durant tout le xvi" siècle, inspiré les écrits qu'ils publiaient sur la Statique et sur la Dynamique.

A l'appui de cette assertion, la lecture du grand ouvrage de Prado et Villalpand sur Jérusalem et son temple nous a fourni un argument saisissant; nous avons vu ^ le P. Villalpand insérer dans sa description de la Judée un petit traité de Statique dont les divers chapitres se retrouvaient tous, à l'état de brouillons, dans les cahiers manuscrits de Léonard; et cette étude nous a permis de restituer au grand peintre, son véritable inventeur, le théorème célèbre du polygone de sustentation.

Nous allons retrouver la trace des notes de Léonard, et nous allons la retrouver aussi palpable, aussi profondément marquée qu'en l'ouvrage de Villalpand, en analysant un commentaire aux Questions mécaniques d'Aristote; ce commentaire fut composé avant le monumental traité du savant Jésuite, mais la publication en fut longtemps retardée 2.

Ce commentaire a pour auteur Bernardino Baldi.

I. Voir la précédente étude : Léonard de Vinci et Villalpand.

3. Bernardini Baldi Urbinatis, Guastallae abbatis, In mechanica Aristotelis problemata exercitationes ; adjecta succincta narrationo de autoris vlta et scriptis. Mogunliœ, typis et sumptibus Viduae Joannis Albini ; MDCXXl.

La vie de Bernardino Baldi d'Urbin, abbé de Guastalla.

L'éditeur qui, quatre ans après la mort de l'auteur, publia les Exercices de Bernardino Baldi, les fît précéder d'une courte et intéressante notice biographique rédigée par Fabricio Scliarloncini '. En cette notice, Bernardino Baldi nous apparaît comme un esprit d'une activité et d'une étendue prodigieuses, capable d'embrasser les connaissances les plus diverses; de tels esprits, l'Italie du xvi' siècle s'est montrée productrice féconde, plus peut-être qu'aucun autre pays, à aucune autre époque.

Bernardino Baldi naquit à Urbin le 6 juin i553; il appartenait à une noble famille de Pérouse, la famille des Cantagallini; son trisaïeul avait troqué son nom patronymique contre celui de Baldi. Sa mère se plaisait k conter la piété extraordinaire dont Bernardino avait fait preuve dès ses plus jeunes années. Ses premiers maîtres furent Giovanni-Andrea Palazi et Giovanni-Antonio Turonei ; ce dernier était en relation avec Paolo Manuzi (Aide Manuce l'Ancien) qui le tenait en haute estime pour sa connaissance des langues grecque et latine. Les leçons de ce savant humaniste profitèrent à Baldi qui, tout jeune encore, traduisait en vers les Phénomènes d'Aratus.

En 1573, âgé de vingt ans, Baldi se rend à Padoue pour y compléter sa formation intellectuelle ; nous l'y voyons s'attacher de suite à Emmanuele Margunii ; sous la direction de cet érudit, il approfondit l'étude de l'Iliade; il étudie les chefs d'œuvre de la littérature grecque et, particulièrement, les idylles de Théocrite. Son commerce avec les poètes grecs fut si assidu que sa mémoire garda, sa vie durant, de longs morceaux de poésie hellénique; il répétait volontiers que la

I. Le litre de celle notice est le suivant : De vila et scriptis Bernardini Baldi Urbinatis, ex literis Fabritii Scharloncini, ad Illastrissimuni et neverendissimum Dominum Lxlium Buinuni Episcopum Balneoregiemem, ex-Nunlitun ipontoUrum ad Pohni.r liegem etc.

LÉONARD DE VINCI Kï BERNAHDINO H\LD1 9I

Iraduction d'un orateur grec lui coulait parfois quelque peine, tandis que la traduction d'un poète ne lui en coûtait aucune.

Son aptitude à acquérir la connaissance d'une langue étrangère tenait, du reste, du prodige. Il se trouvait fréquemment, à Padoue, en relation avec des « transalpins » ; il se lia d'amitié avec certains d'entre eux; honteux de ne pas entendre leur langage, il apprit le français et l'allemand avec une rapidité extraordinaire. Plus tard, devenu abbé de Guastalla, il se veut adonner aux études d'Écriture Sainte et, en trois ans, il apprend l'hébreu et le chaldaïque ; quelque temps après, il y joint la connaissance de l'arabe et Tesclavon, appris au cours d'un voyage à Rome. Son épitaphe, citée par Nicéron ', lui attribue la connaissance de douze langues; mais Grescimbeni, dont Nicéron rapporte également le témoignage, en énumère seize : l'hébraïque, la chaldaïque, l'étrusque, la grecque, la latine, l'arabe, la persane, l'esclavone, la turque, l'allemande^ la hongroise, l'espagnole, la française, la provençale, la sicilienne et l'italienne.

D'ailleurs, dès l'époque de son séjour à Padoue, nous voyons se manifester, en même temps que sa vocation philologique, son goût pour les études historiques et scientifiques ; il com pose un traité sur les canons et sur ceux qui les ont inventés.

Chassé de Padoue par la peste, il revient à Urbin, sa patrie; là, dit Scharloncini, il vit pendant cinq ans dans Tintimité du grand géomètre Frédéric Commandin, poursuivant en sa compagnie l'étude des diverses sciences mathématiques; il Taide à dessiner les figures qui illustrent les traductions d'Euclide, de Pappus et de Héron que Commandin a données. La douleur qu'il ressent de la mort de Commandin pousse Baldi à écrire la vie de son ami; mais bientôt ce projet se change en un dessein bien plus vaste : celui d'écrire la vie de tous les grands géomètres ; et, en douze années, Baldi mène ce dessein jusqu'à complète exécution.

Comme le remarque fort justement Nicéron \ ce récit de

1. Nicéron, Mémoires pour servir à l'histoire des lionimes illustres de la République des Lettres, t. XXXI X, p. 'i6i.

2. Nicéron, Mémoires pour servir à l'histoire des hommes illustres de la République des Lettres, t. XXXIX, p. 357.

Scharloncini ne peut être exact, car Gommandin était mort en 1675, un an avant que Baldi ne revînt en sa patrie ; s'il y eut amitié et collaboration entre ces deux hommes, ce ne put être que durant la jeunesse de Baldi, avant son départ pour l'Université de Padoue.

Après la mort de Gommandin, Baldi se lie d'amitié avec un autre géomètre et mécanicien illustre, Guidobaldo, marquis del Monte; l'influence de celui-ci, complétant celle de Gommandin, pousse notre érudit vers l'étude de la Mécanique; c'est sous cette influence qu'en 1682, il compose les commentaires aux Questions mécaniques d'Aristote dont va traiter le présent article.

La réputation que valaient à Baldi sa science et ses vertus parvint jusqu'à Ferdinand de Gonzague, prince de Molfelta et seigneur de Guastalla; celui-ci l'appela à sa cour, sans astreindre d'ailleurs le savant érudit à la vie fastueuse qu'on y menait; Baldi put continuer paisiblement ses travaux et, à la demande de Vespasien de Gonzague, duc de Sabionetta, mener à bien ses commentaires sur Vitruve.

Ferdinand de Gonzague dut, sur ces entrefaites, se rendre en Espagne; il ne voulut point se séparer de Baldi dont la conversation le charmait et dont les conseils lui étaient précieux; il l'emmena donc avec lui. Mais dès le début du voyage, le savant philologue tomba malade; il dut s'arrêtera Milan, oii saint Gharles Borromée le reçut chez lui et le garda jusqu'à complet rétablissement.

Baldi revint alors à Guastalla 011 l'absence de Ferdinand lui procura de studieux loisirs. En i586, la charge d'abbé de Guastalla, qu'il n'avait aucunement sollicitée, lui fut confiée. Il résolut alors de s'adonner exclusivement aux études de droit canon et d'exégèse; mais il ne put se tenir à ce champ, trop étroit pour son activité; la philologie, l'astronomie, la géographie se partagèrent son attention avec l'étude des livres sacrés ; nous le voyons traduire des géographes arabes et composer un dictionnaire arabe. Enfin, en i6o3, il entreprit la rédaction d'une géographie aux proportions monumentales, où devaient être décrits les moindres villes et villages mentionnés par les

auteurs anciens ou modernes. Il ne put terminer cette œuvre gigantesque; à sa mort, survenue le 12 octobre 1617, après quarante jours de maladie, il n'avait mené à bonne fin que quatre ou cinq volumes de ce dictionnaire géographique; les notes qu'il laissait témoignaient que sept ou huit volumes restaient à composer.

Les ŒUVRES de Bernardino Baldi.

Scharloncini nous vante les vertus, la piété, la charité, le désintéressement de Baldi; il nous retrace l'amour du travail qui, chez cet érudit, tenait du prodige; tant qu'il fut dans la force de l'âge, il se leva régulièrement à minuit pour se mettre à l'étude; pendant ses repas^ il lisait un livre allemand, français ou arabe.

Aussi les écrits de Baldi sont -ils extraordinairement nombreux. L'épi taplie du savant abbé de Guastalla en évalue le nombre à quarante-huit. Scharloncini fait suivre sa notice biographique d'une liste d'ouvrages qui comprend cinquantequatre titres, mais cette liste se termine par ces mots : Et quœdam alla. Crescimbeni, qui a eu entre les mains presque toutes les œuvres de notre auteui', assure qu'il en fallait compter plus de cent.

Un certain nombre des écrits de Baldi furent imprimés du vivant de l'auteur; tels sont les suivants :

1° Corona delU anno quale si contiene tanti sonnettiy quanti santi corrono il tatto Vanno, secondo il calenderio Romano. Vicenza, per A. délia Noce; 1689. — Cet ouvrage est une collection de 106 sonnets sur les principales fêtes de l'année.

2° Dl Herone Alessandrino de gll aatomati overe machine se moventi, lihrl due, tradotte dal greco da Bernardino Baldi. In Yenetia, appresso Girolamo Porro; 1589.

Une seconde édition fut donnée, du vivant de l'auteur : In \enezia, appresso Gio. Battista Bertoni; lOoi.

L'ouvrage fut imprimé une troisième fois, à Venise, en 1661.

Cj^4 ÉTUDES SLU LEONARD DE VI>CI

3" Versi e prose di Monsignor Berwrdino Baldi. Venetia, appresso F. de' Franceschi ; iSgo.

Imprimé en Fabsence de Fauteur, cet ouvrage fourmille de fautes d'impression. Il contient les pièces suivantes :

La nautica, poème en vers non rimes que Baldi présenta eu i585 à Ferdinand de Gonzague;

Veglogue mis le;

Li sonetti romani;

Le rime varie:

La J'avola di Leandro di Museo;

Dialogo délia dignilà;

L'arciero, overo délia felicila del principe ;

La descriitione del pallazzo d'Urbino.

La description du palais d'Urbin, qui termine ce recueil, fut reproduite plus tard dans :

Memorie concernenti la cilln di Urhino e la descrizione del palazzo da Behnardino Baldi e Francesco Bianchini, pubblicate dal Cardinale Annibale di S. Clémente. Borna, G. M. Salvioni; 172^1.

D'autre pari, le poème de La naalica fut traduit en français sous le titre : Jai navigation, poème de Bernardino Baldi, traduit de rHalien par M. J. Armand de Galiam. Paris, A. Bertrand (sans date).

Enfin ce recueil, enrichi par l'adjonction d'autres ouvrages de Baldi, fut public sous le titre :

Versi e prose scelle di Bernardino Baldi, ordinale e annotatc da Filippo Ugolini et Filippo Luigi Polidori. Firenze, Le Monnier; 1869.

/f Les Sonnetti romani, avec une autre pièce, furent publiés dans l'ouvrage suivant :

Sonnetti romani; il lauro. scherzo giovanile. Parigi ; 1600.

5" La Deifof)e, ovvero gli oracoli délia Sibilla Cumea, monodie. Nenezia; i6o/|.

(')" Il diliwio universale, cantalo con nuova maniera di l'crsi. Pavia, per P. Bartoli ; i()o/i.

-" Concelti morali. In Parma ; liio-j.

8" Carmina latina. \n Parma; i6o().

LIÎONAUD Di: VINCI El BEK\AKDINO BALDl f)5

if ScaniUli Impares Vitruvlani a Behnaudino Baldo nova ratione explicatif refulaiis prioram inlerpreliim Galielmi Philandri, Danielis Barbarie Baplistœ Bevlani sealentiis. AugusUïî Yindelicoruin, ad insigne Pinus ; 1612.

10" De Vitravianoram verborum signijicatione sea commentarias perpeluiis in M. Vitruviam PoUionem, auclore Bernardino Baldo. Accedit vita Vitruvii, eodem auctore. AugusUr \ indelicorum, ad insigne Pinus; 16 12.

Les recherches de Baldi sur Vitruve sont, assurément, celles de ses œuvres qui eurent le plus de réputation. Nous les trou- Aons reproduites dans les ouvrages suivants :

.1. — M. ViTRUAii PoLLiOiNis Oper«. Libridecem. Anistelodami,

apud Ludovicum Elzevirium ; 16/19 Acceduni Lexicon Vitrn-

vianam Bernardini Baldi Urbinatis, Gaaslallœ Abbatis, et ejusdem

ScamUli impaves Vitruvlani (L'écrit désigné ici par le titre :

Lexicon Vitravlanum est le : De Vitriivlanoriini verborum slgnlficatlone.)

B. — JoANNis PoLEM Exercltallo/ics Vltruvlame, seu conimen-

larius crlticus de Vitruvii architectura. Patavii; 1789 Accedit

M. Vitruvii Polllonis vlta, auctore Bernardino Baldo.

C. — M. Vitruvh Pollioms ArcJdtectura, textu ex recenslone codlcum emendato cuni exercltatlonlbus /iotlsque novlssûnls Joannis Polem et cominentcuiis varioruni addltls. nunc primum sludiis Simone Stratico Utini, apud fratres Mattiuzzi, Vnno 1826, in olïîcina Peciliana. — Cet ouvrage contient : Marcl Vitruvii Pot tlonis vlta conscrlpta a Bernardino Baldo Urblnate, cum annotatlonlbu.s JoANMS Polem — Baldi Bernardim Scanùlll Impares Vitruvlani nova ratione expllcatl.

Il" Orazlonc dl B. Baldi, Ambasciadore del Ser. IJuca d UrblnOy alla Serenlta del nuovo Duca dl Venetla M. Antonio Menimlo. In Venetia; 16 13.

12" Bernardini Bvldj In tabulant leneam Euyublnam^ llngua Hetrusca veterl perscrlptam. dlvlnatlo. Augusta? Vindelicorum. ad insigne Pinus, imprimebat D. Francus; 16 lo.

i3" Heronls Cteslbil Belopoeca. Jioc est tellf activa, grœce et latine, interprète et scholiastc Beu\. Baldo, qui Vltam Heronls addidit» Augustae Vindelicorum^ 'yi>i^ Davidis Franci ; 1616.

f)6 ÉTUDES SLR LEONARD DE VINCI

La traduction et les notes de Bernardino Baldi furent insérées dans la collection des Mathemaiicl veteres donnée par l'Imprimerie royale en 1693.

La Vlta Heronis fut également imprimée a part en 1616.

Cette étude sur Héron d'Alexandrie est le dernier écrit de Bernardino Baldi qui ait été imprimé du vivant de l'auteur; mais un grand nombre d'autres ouvrages du savant abbé de Guaslalla furent publiés après la mort de celui qui les avait composés; quelques-uns, même, n'ont pas été livrés à la presse avant la fin du xix'' siècle.

Parmi ceux de ces ouvrages posthumes qui sont venus à notre connaissance, le premier en date est celui qui va nous occuper en cet article :

i4° Bernardini Baldi Lrbinatis, Guastalla3 abbatis, la mechanlca Avistotelis problemata exercitationes ; adjecta succincla narratione de aatoris vita et scriptis. Moguntiœ, typis et sumptibus Yiduœ Joannis Albini; MDCXXI.

Il faut sans doute regarder comme une seconde édition de cet ouvrage le livre suivant, mentionné par Murhard (Bibliotheca malhemalica, t. 111, p. 6) :

Sylloge commeniarioriim et exercitatlonum in quœstiones mechanicas Avistotelis, cum proemio Bart. Lausanni. Yenetiis; 1623.

Après cette œuvre, nous pouvons citer :

i5" La difesa di Procopio, contre le catumnle di Flavio Biondo, con alcune considerationi intovno al luogo, ove segui la giornata Ira Totila e Narsete. In Urbino, per M. A. Mazzantini; 1627.

16° / cento apologhi di M. Bern. Baldi, portati in versi da Gio. Mario de Crescimbeni, colle moralità di Malatesta Strinati. In Roma, per A. de Rossi; 1702.

Ces apologues, originaux mais très sommaires, avaient été composés, nous dit Scharloncini, à l'imitation de Leone Battista Alberti; Crescimbeni a pris la peine de les mettre en vers.

Une deuxième édition du même ouvrage fut donnée : Roma. lip. Perego Salvioni; 1828.

17" Encomio delta pair ia de M. Bernardino Baldi, da Urbino. In Urbino, per A. A. Monticelli; 1706.

Cet écrit a été reproduit en léle du recueil, déjà cité, qui a pour titre :

Memorie concernenti la ait là dl Urbino e ta descrizzione del palazzo da Bernaudino Baldi e Francesco Bianghini, pubblicatc dal Cardinale Annibale di S. Clémente. Roma, G. M. Salvioni; 1724.

18" Cronica de' Malemaiici, overo epUome deWistoria délie mie lovo. Urbino, per M. A. Moniicelli; 1707.

Ce n'est qu'un court abrégé du grand ouvrage auquel Baldi travailla pendant douze ans.

Cet écrit a été réimprimé dans les Versi e prose scelle di Bernardino Baldi, publiés à Florence en iSôg et précédemment cités.

19'' Epislola de asse sive pondère Elrusco. Cette lettre est insérée au livre 1, ch. VII de l'ouvrage suivant :

JusTi FoNTANiiM De anliquilatibus Hortœ. Roma^ ; 1708.

20° Viia di Federigo Commandino.

Cette vie, qui est un des ouvrages les plus remarquables de Baldi, a été imprimée à Venise dans le Glornale de' letlcraii d'Ilalia, vol. XIX, p. i/|o; 1714.

Elle a été réimprimée dans les Versi e prose scelle di Bernar DiNO Baldi. Firenze; 1859.

21" Bernardim Baldi Celeo, 0 Vorlo. Inséré dans Quallro elegantisslme egloghe rasticali. Venezia ; 1760.

22" Delhi viia e de' falli di Gaibaldo I da Monlefellro, Daca d'Urbino, libri XII; di Bernardino Baldi. Milano, G. Silvestri ; 1821.

iZ" Viia e falli dl Federigo da Monlefellro, isloria di Bernardino Baldi estratta da un manoscrilto inedilo con osservazione di Fr. Zuccardi. Roma, presso Perego Salvioni; 1824.

24" De scribenda hisloria Iraclalus, auctore Bernardino Baldo ; inséré dans : Spicilegiani Bomanuni, tomus I. Romœ ; 1839.

25** Viia di Arislide Quinliliano da Bernardino Baldi (.1/// delU Accademia ponlificia di Nuovi Lincei, t. XVIIl; i865.) Cet écrit est reproduit dans : Vincent et Martin, Passage du Irailé de musique d' Arislide Quinlilien relalif au nombre nuplialde Platon. Roma; i865.

p. DUHEM. n

(^8 ÉTUDES SUR LÉO.NARD Di: Yl>Gt

26" Vita di Giovanni Eligerio da Beknardlno Baldi (Bulletino di bibliogvafia e di storia délie scienze rnatcnialiche e Jisiche, pubblicato da Baldassare Boncompagni, t. I, p. 3/19; 1868). Cet écrit est reproduit dans : P. D. ïimoteo, Barnabita^ Stdla épis Lola di Pietro Peregrino di Mavicoiivl.., Menwria seconda..., p. 107. Borna; 1868.

27° Lettere di Behnahdino Baldi, cavate degli aulograti chc sono a Parma nell' Archivio di Stata; pubblicale da Aniadio Bonchini. Parma, per conto délia B. Deputazione di Storia patria; 1870.

28" Vite inédite di niaieniatici iialiani, scritti da Behnaiidi>o Baldi e pubblicati da Enrico Narducci {Balletino... pubblicalo da B. Boncompagni, t. XIX; 1886).

29" Vita di Paolo di Middelbuvg da Beknaudino Baldi ; insère dans : Demetrio Mauzi, La questione delta rijbrnui det calendario nel quinto concitio Laleranense (i5i2-i5i7). Firenze; 1896.

Le nombre des œuvres de Baldi qui ont été imprimées jusqu'à ce jour est très considérable; il s'en faut, cependant, que Ton ait publié toutes celles que cite Scliarloncini. Au nombre de celles qui sont encore inédites, il convient de citer, en premier lieu, cette collection de vies des grands mathémaliciens qui avait coûté à Baldi douze années de travail. Cette collection n'est point perdue ; le manuscrit original et deux copies se trouvaient en la bibliothèque du prince Boncompagni '.

Bien d'autres œuvres inédites figurent encore dans la liste donnée par Scharloncini. Ces œuvres ont, d'ailleurs, les objets les plus variés.

Nous y trouvons des morceaux littéraires, en vers ou en prose; telle la traduction en vers italiens des Phénomènes d'Aratus, première œuvre de notre auteur; tels un recueil de poésies et de discours pieux, intitulé Scala cœleslisl une comparaison entre la vie monastique et la vie séculière; six livres sur la cour; des poèmes satiri(iues sur le même sujet, complétés par la traduction des Misères de courtisa/is de Lucien ;

I. (Jatatoyo di iiuinoscrilla ara posseduli du IL Baldassare UoncoiniHHjni, coinpiUUo dd Enrico Narducci. lloiua, Tip. délie Scienze laalenialiche e (isiclie; i8Ga.

LÉONAKI) DIC \1NCI ET BERNARDJ>0 BALDl 99

des livres d'odes et dépigrammes; des dialogues, dont l'un, intitulé Goselin, traite de l'humanité, dont un autre, intitulé Le Tasse, a la prosodie pour sujet.

A riiistoire des inventions scientifiques se rattache la pièce intitulée : De lonnenlis bellicis ci eorum itiventoribus.

V l'étude des langues et à la Pliilologie appartiennent les traductions des Fables de Musée, de VHomeri paralipomenou composépar Quintus de Smyrne, la composition d'un Dictionnaire arabe.

La passion de Baldi pour l'Archéologie a inspiré le Discours aux conservateurs de Rome en vue d'assurer la sauvegarde des antiquités de cette ville et un livre sur les Antiquités de Guastalla.

Les recherches au sujet de l'Ancien et du Nouveau Testament sont nombreuses dans l'œuvre de l'infatigable érudit; nous y relevons, en effet, une traduction des Lamentations de Jérémie d'après le texte grec des Septante, enrichie de notes d'après le texte hébreu; une paraphrase du Livre de Job, composée sur le texte latin et annotée d'après le texte hébreu ; une traduction de la Paraphrase sur le Pentateuque écrite en langue chaldaïque par Onkelos ; une Description nouvelle du temple d'Ézéchiel; enfin, une Étude sur V Évangile selon saint Matthieu.

L'Astronomie et la Géographie revendiquent, parmi les écrits de Baldi, Cinq livres sur le nouveau calendrier, un Cadran solaire universel, un écrit Sur le firmament et les eaux, la traduction d'un Jardin géographique arabe dont l'auteur est inconnu, enfin le vaste Dictionnaire géographique universel que l'abbé de Guaslalla laissa inachevé.

Mentionnons encore un ouvrage de géomètre, le Paradoxoram mathemaiicorum liber, dont le titre seul nous est connu ^ et nous aurons achevé cette revue des écrits composés par Bernardino Baldi; revue sans doute incomplète; revue suffisante* cependant, pour nous donner un aperçu du labeul* prodigieusement actif et continu, comme des multiples aptitudes intellectuelles, dont témoigne une pareille œuvre. Une telle puissance de travail, une telle souplesse de lesprit, bien communes au xvi' siècle, étonnent jusqu'à l'effroi nos taisons modernes, si vite rebutées par une étude longue et

pénible, si aisément déroutées par le moindre changement de méthode, si volontiers satisfaites d'avoir, en un tout petit livre, effleuré la surface d'un domaine minuscule.

Les emprunts de Bernardino Baldi a la Mécanique DE Léonard de Vinci.

Scharloncini nous apprend que les Exercices sur les questions mécaniques d'Aristote furent composées par Baldi en i582. L'auteur était, à ce moment, l'ami de Guidobaldo, marquis del Monte. Celui-ci venait de composer un traité de Mécanique ' qui, pendant un siècle, eut grande renommée; il allait y joindre un commentaire aux recherches d'Archimède sur les centres de gravité ^, et ce commentaire ne devait guère avoir moins de vogue que Les méchaniques. L'influence de Guidobaldo sur les doctrines mécaniques exposées par Bernardino Baldi ne saurait donc être révoquée en doute; bien loin de nier celte influence, Baldi se plaît à citer à maintes reprises le nom de son ami.

Ses connaissances ont, d'ailleurs, d'autres sources que le Mechanicorum liber du Marquis del Monte et, parmi ces sources, il en est qu'il nous fait connaître. Telle, en premier lieu, la traduction des Questions mécaniques d'Aristote donnée, avec de brefs commentaires, par Nicolas Leoniceni^; telle encore la savante et importante Paraphrase des mêmes Questions mécaniques composée par le très docte Alexandre Piccolomini^. Baldi va même jusqu'à nous apprendre, en sa préface, que le

1. Guidi Ubaldi e Marchionibus MonVis Mechanicorum liber. Pisauri, apud Hieronymum Concordiam; MDLXXVII.

2. Guidi Ubaldi e Marchionibus Morilis In duos Archimedis œquiponderantiuni libtios paraphrasis, sclioliis illustrala. Pisauri, apud Hieronynium Concordiam; MDLXXXVIII.

3. Nicolai Lconici (sic) Tliomœi Opuscula nuper in lucem œdila quorum noinina proxima habentur pagella... Conversio mechanicarum quœslionum Aristolelis cunifiguris et onnotationibus quibusdani. Colophon : Opusculum hoc ex imprcssione rcprcsenlavil Hernardinus Vilalis Vtnelus, Anno Domini MCGGCCXXV, Die XXI II Februarii, ex Vcnctiis.

4. Alexandri Piccolomini In niechanicas quœstiones Arislotelis paraphrasis paulo quidem plenior, ad Nicolauni A rding hélium Cardinaleni amplissiinuni.... MDXLVII. In line :

'-*/" vExcussum Uomae apudAutonium Bladiim Asulanuui. Tertio Non. lanuarii MDXLVII.

LEONARD DE VINCI ET BERNARDIISO BALDT lOI

bruit des recherches du Hollandais Simon Stevin est venu jusqu'à lui, mais qu'il n'a point vu les travaux de cet auteur'.

Mais il est une influence que Baldi a profondément éprouvée et que, cependant, il ne cite pas : c'est l'influence de Léonard de Vinci ; à Léonard de Vinci, il doit tous les passages qui, dans ses commentaires, attirent le plus vivement l'attention; de ces passages, nous trouvons en quelque sorte le brouillon dans les cahiers que conserve la Bibliothèque de l'Institut; ce sont ces mêmes cahiers qui nous ont permis de suivre les pensées éveillées en l'esprit du grand peintre par la lecture d'Albert de Saxe; ce sont eux également qui nous ont gardé les esquisses des théorèmes reproduits par Villalpand.

Ces théorèmes, si curieusement insérés par Villalpand en sa description de la Judée, nous les retrouvons presque tous en l'écrit de Bernardino Baldi.

Baldi en donne quelques-uns dans le chapitre ^ où il examine cette question d'Aristote : Si deux hommes portent un poids suspendu à un bâton, pourquoi celui qui est moins distant du fardeau supporte-t-il une charge plus grande?

Cette question l'amène, en effet, à se demander pourquoi ceux qui portent un grand poids marchent courbés et à répondre qu'ils prennent cette position pour mettre leur centre de gravité dans la verticale du point d'appui.

11 commence alors à développer ces considérations sur les diverses postures de l'homme et des animaux que Léonard avait esquissées au cahier ^^ puis plus complètement exposées au Traité de la peinture. Ces considérations, Baldi les poursuit au chapitre suivant 3, où il examine cette question d'Aristote : Pourquoi ceux qui sont assis et veulent se lever placent-ils les jambes de telle sorte qu'elles fassent un angle aigu avec les cuisses et rapprochent-ils de même la poitrine des cuisses? Cette

1. En effet, la Statique de Stevin, rédig^ée en flamand, ne fut imprimée qu'en i586 sous ce titre : De Bcghinselen der Weeghconst, beschreven deur Simon Stevir. van Brugghe. TotLeyden,inde Druckerye van ChristofTel Planlijn, bij Françoys van Raphelinghen, MDLXXXVI. Ainsi, quatre ans avant qu'elles fussent imprimées, les recherches du grand géomètre de Bruges étaient déjà annoncées en Italie.

2. Bernardin! Baldi In mechanica Aristotelis problemata exercitationes; Quœstio XXIX, p. i66.

Page 1