I. Léonard de Vinci, Codice Trivulzio, fol. 26 r
a. Jordani Opusculum de ponderosiiate, Nicolai Tartaleae studio correctum et novis figuris auctum. Veneliis, apud Curtium Trojanum, MDLXV.
h. G. Vailati, Il principio dei lavori virtuali, da Arisiotele a Erone d'Alessoudria (Accademia Reale délie Scieuze di Torino, Vol. XXXII, anno 1896-1897).
Lorsqu'un poids pend à l'extrémité d'un bras de levier, l'efTort qu'il faut faire pour le maintenir soulevé diminue au fur et à mesure que le levier s'éloigne de l'horizontale pour se rapprocher de la verticale ; en effet, le moment de ce poids devient, sans cesse, de plus en plus petit. Cette remarque n'échappe sans doute pas au fellah qui puise de l'eau au bord du Nil; aussi l'Antiquité ne l'a-t-elle point ignorée; les écrits de Héron d'Alexandrie et de Pappus en supposent explicitement ou implicitement la connaissance.
C'est à la mesure du moment d'un poids suspendu à l'extrémité d'un bras de levier oblique que le Précurseur de Léonard de Vinci consacre l'avant-dernière proposition de son troisième livre.
Cette proposition, il l'énonce ainsi :
Quolibet ponderoso ab sequalitale^ ad directionem^ elevato, secundum mensuram sastinentis in omni positione pondus ipsius determinari est possibile.
Le développement que l'auteur du De ponde ribus donne à cette proposition renferme des affirmations inacceptables, non seulement en l'édition si étrangement incorrecte de Curtius Trojanus, mais encore dans les textes manuscrits du xiii'' siècle ; la grossièreté même de ces erreurs nous assure qu'elles sont l'œuvre de quelque copiste inintelligent ; d'autant qu'en d'autres parties de son traité l'auteur a usé fort correctement de la notion de moment.
La proposition que nous venons de citer a sûrement attiré l'attention de Léonard de Vinci. Au feuillet que nous avons mentionné, deux dessins se trouvent tracés. De ces deux figures, l'une (flg. i) a évidemment trait au changement qu'éprouve le moment d'un poids pendu à l'extrémité
d'un bras de levier lorsqu'on incline ce levier; elle est fort analogue à celle qu'avait tracée l'auteur du De ponderibus ;
FiG. I.