I. Léonard de Vinci, Codice Trivulzio, i'ol. 33, recto
■2. Les maimscrils de Léonard de Vinci. Ms. A de la Bibliollièquc de l'Inslilul, ioL 33, recto.
LA SGlEiNTlA DE POXDERIRUS ET LEONARD DE VINCI 298
choses d'égal poids, tu plieras la plus longue avec une moindre force que la plus courte. »
(( Se souvenir de faire cette expérience. — Expérimente, si un bois mince, suspendu en travers par ses extrémités sur deux supports, porte lo livres, ce que portera une poutre de mêmes proportions. Assure-toi si la règle de trois est applicable, car l'expérience fait bonne règle. »
(( Dans toute chose suspendue', apte à ployer, et de grosseur et de matière uniformes, la partie qui sera la plus éloignée des supports sera celle qui s'abaissera le plus. »
Après avoir étudié la flexion d'une tige supportée par ses deux extrémités, le Précurseur de Léonard, à l'imitation d'Arislote, a étudié la flexion d'une tige fixée en son milieu. Il revient évidemment au même d'étudier la flexion d'une tige dont une extrémité est encastrée, tandis que l'autre extrémité demeure libre. C'est sous cette forme que Léonard aborde le problème, et il en demande toujours la solution au même principe.
Il dessines par exemple, deux bâtons de même grosseur, mais de longueurs inégales, qui sont encastrés dans un mur par une de leurs extrémités; l'autre extrémité, libre, porte un poids. Ce dessin est accompagné du commentaire que voici :
((Si une lance de deux brasses porte loo livres 3, une brasse de bâton de la même grosseur en portera 200. En effet, autant le bâton court entre dans le long, autant de fois il soutient plus de poids que le long. »
Le principe formulé au Codice Trivalzio : (( La chose qui est plus éloignée de son point d'appui est moins soutenue par lui, » inspire à Léonard tout ce qu'il écrit sur la résistance des arcs et des voûtes. Cette théorie de la solidité des arcs, qui fait l'objet de mainte réflexion consignée au cahier A, nous la saisissons à l'état naissant en une courte note du Codice Trivulzio-K