Léonard de Vinci, Codice Trivulzio, loi. 3, verso
pas d'y lire la réflexion suivante J, qui dépend évidemment du même principe que la précédente :
« De ponderibus — Si le clou AD (fîg. 16) est fiché sur Tais CD et que AB pèse autant que BGD, le clou et l'ais qui le soutient seront en équilibre, et leur pôle sera au point G. »
Qu'il existe un lien étroit entre cette réflexion et celle que nous avons empruntée au Codice Trivalzio, on s'en peut assurer
FiG. iG.
FiG. 17.
sans peine; il suffît de regarder le dessin que Léonard a tracé, sans aucune explication, au-dessous de cette dernière; ce dessin (fig. 17) représente un cadre pesant en équilibre sur une pointe. Mais l'équilibre surprenant de ce clou et de l'ais qui le soutient s'expliquait par le théorème du polygone de sustentation, auquel le Vinci avait été précédemment conduit par la lecture d'Albert de Saxe 2; ainsi, dans l'esprit du grand artiste, se soudaient les unes aux autres les pensées d'origines diverses.
Le cas d'équilibre paradoxal imaginé par Léonard a vivement excité son intérêt; il y revient, en effet, et il en combine* un autre semblable, dans le passage suivant^ :
« Le poids uni qui est soutenu par le milieu, et dont le reste est suspendu, peut être de n'importe quelle forme étrange, car il s'établira toujours en équilibre sur son soutien, et quelque-
1. Les manuscrits de Léonard de Vinci. Ms. A de la Bibliothèque de l'Institut, fol. I, verso.