Ibid., fol. 75, col. d
5l4 ETUDES SUR LEONARD DE VINCI
implicitement que, pour un mobile donné, ces deux quantités sont proportionnelles entre elles, en sorte que les mêmes lois régissent l'une et l'autre; on doit penser que le mouvement est le produit de la vitesse par la quantité de matière du mobile; c'est la relation que, déjà, Buridan semblait admettre1 entre Yimpetus et la velocitas ; c'est celle que, plus tard, Galilée gardera entre Yimpeto ou moto et la velocità, que Descartes maintiendra entre la quantité de mouvement et la vitesse. Cette remarque éclairera les textes du Vinci que nous allons rapporter; elle permettra au lecteur de reconnaître en ces textes, sans aucune peine, les opinions que nous avons prêtées à leur auteur.
Le premier des textes que nous allons citer2 est précédé de ces mots : « A lieu dans l'air d'uniforme épaisseur, » c'est-à-dire d'uniforme densité; Léonard n'avait donc pas imaginé ce que nul, semble-t-il, n'a conçu avant Descartes, Beckman et Galilée, savoir que dans le vide seul, la chute des graves serait uniformément accélérée.
Voici donc, réunis ensemble, les divers passages où Léonard a formulé tes lois de la chute des graves :
« A lieu dans l'air d'uniforme épaisseur.
» La gravité qui descend, à chaque degré de temps acquiert
un degré de mouvement de plus
12345678 ij'j* ' *
que le degré du temps passe, et O O o O o de môme un degré de vitesse de
0 , plus que le degré de mouvement
passé. Donc à chaque quantité doublée de temps, la longueur ° de la descente est doublée, ainsi
O • que la vitesse du mouvement.
q )> Ici se montre (fig. 3) comment
telle proportion qu'a une quantité de temps avec une autre, telle aura une quantité de mouvement avec l'autre, et une quantité de vitesse avec l'autre.»
i. Jean I Buridan (de Béthune) et Léonard de Vinci, IV : La Dynamique de Jean Buridan.
2. Les manuscrits de Léonard de Vinci, publiés par Gh. Ravaisson Mollien; ras. M. de la Bibliothèque de l'Institut, fol. 44, verso.
DOMINIQUE soin ii i.\ BGOtASTtQUH PAMSISlfHI
« Preuve1 <le La proportion du temps d «lu mouvement en même temps que <l<- La vitesBe «pii se trouvent dans [a descente des corps graves avec la figure pyramidale (fîg. 'n. paire que les susdites puissances ^<>iii toutes pyramidales, attendu qu'elles commencent à rien et \<>ni croissant par degrés <le proportion arithmétiqui
La figure tracée par Léonard nous rappelle celle que les traités du temps ne manqueiil guère <le dessiner chaque fois qu'il est question d'une latitude uniformément difforme.
« Du mouvement 2. Le grave qui descend libre acquiert à chaque degré de temps un degré de mouvement et, à chaque degré de mouvement, il acquiert un degré de vitesse.
» Disons qu'au premier degré du temps, il acquiert un degré
de mouvement et un degré de vitesse; au second degré de
T # temps, il acquerra deux degrés de mouvement
et deux degrés de vitesse, et ainsi de suite,
A* °Q comme il est dit ci-dessus. »
« Si deux corps égaux en poids et en figures3 tombent l'un après l'autre d'une hauteur, bo or à chaque degré de temps, l'un se fera d'un
degré plus distant de l'autre.
» Vois (fig. 5) que quand Q a fait le mouvement PQ, T n'avait pas encore bougé de place; et quand le poids T avait acquis l'espace jusqu'à A, c'est-à-dire un degré de mouvement, Q en avait acquis deux jusqu'à R; et quand A a été, dans le même temps, descendu en B et a acquis ses deux degrés de mouvement, Q était déjà descendu en S et avait, en un tel temps, acquis trois degrés. »
« La gravité qui descend libre4, à chaque degré de mouvement acquiert un degré de vitesse.
« Et la partie du mouvement qui se fait à chaque degré de
i. Ibid., fol. 44, recto.