Ibid., fol. 47, verso et recto
DOMINIQUE IOT0 i r i.\ BCOLA8TIQU1 PAN 017
cahier, il tournait l<ls pages dans la sens opposé à celui que
nous suivons, en sorte que le cahier commençait pour lui là où il unit pour nous, pour ici n m \ er, en un semblable cahier, l'ordre des pensées du grand peintre, il faut lire ;'• rebours.
Or, si nous lisons ainsi les divers fragments que nous venons de citer, nous serons frappés de ce fait <jue l'énoncé de la loi de la chute des corps s'y montre de plus en plus net, comme si Léonard avait entrevu d'abord, puis reconnu de plus en plus clairement (pic la vitesse croit proportionnellement à la durée de la chute.
11 y a plus; en suivant ainsi à rebours le manuscrit M de la Bibliothèque de l'Institut, nous rencontrons un fragment' que nous sommes conduits à mettre avant ceux que nous avons cités; or, en ce fragment, Léonard de Vinci paraît bien admettre que la vitesse de chute d'un grave est proportionnelle non pas au temps écoulé depuis le début de la chute, mais au chemin parcouru pendant ce temps. Voici ce fragment :
« Pourquoi le mouvement naturel des choses graves acquiert à chaque degré de descente un degré de vitesse.
» Et pour cela un tel mouvement se figure, en ce qu'il acquiert de puissance, par une figure pyramidale, parce que la pyramide acquiert de même à chaque degré de sa longueur un degré de largeur. Ainsi une telle proportion d'acquis se trouve en proportion arithmétique, attendu que les excédents sont toujours égaux. »
Avant donc de reconnaître la loi véritable de la chute des corps, le Vinci aurait, tout d'abord, admis la loi inexacte de la proportionnalité entre la vitesse et le chemin parcouru; erreur bien naturelle, si l'on songe qu'Albert de Saxe, sans donner de préférence formelle à la loi fausse, la mettait plus vivement en lumière que la loi véritable.
Cette loi fausse à laquelle Galilée, lui aussi, devait donner son adhésion, en attendant qu'il en démontrât l'absurdité et s'attachât fermement à la loi exacte, Léonard de Vinci l'avait sûrement adoptée avant le temps où furent écrites les notes