‹ Études sur Léonard de VinciChapitre 109 sur 127 · Ibid., fol. 09, verso · texte numérisé non relu

Ibid., fol. 09, verso

5l8 ÉTUDES SUR LÉONARD DE VINCI

précédemment citées ; celles-ci sont, pour nous, comme les témoins de sa conversion.

Voici, au contraire, un passage I qui témoigne clairement de la croyance première professée par le grand artiste :

« Pour définir la descente ou l'inégalité des intervalles des balles. Je dis en premier lieu, par la neuvième du présent livre, que, la descente de chaque balle ayant été divisée en degrés égaux entre eux par la hauteur, à chaque degré de ce mouvement, cette balle acquiert un degré de vitesse en proportion arithmétique, parce que se proportionnent ensemble les excès ou différences de vitesses; d'où je conclus que tels espaces seront toujours égaux, parce que toujours ils s'excèdent ou se surpassent l'un l'autre par des accroissements égaux. »

Si la fin de ce passage est d'une obscure confusion, les lignes qui ont été mises par nous en italiques sont aussi formelles qu'il se peut désirer.

Au sujet donc de la loi des vitesses en la chute des graves, l'esprit de Léonard de Vinci a suivi une démarche semblable à celle que devait suivre l'esprit de Galilée ; il n'est parvenu à la connaissance de la vérité qu'en traversant l'erreur.

Malheureusement, s'il a pu, par une voie analogue à celle que suivra Galilée, découvrir que la chute des graves était un mouvement uniformément accéléré, il n'a pas eu l'heureuse inspiration qu'aura Galilée ; il n'a pas appliqué à ce mouvement la règle que les calculateurs avaient formulée pour toute latitude uniformément difforme, en reproduisant la démonstration qu'Oresme avait donnée de cette règle.

Il est, cependant, un point où Léonard a encore devancé Galilée ; il a connu la relation qui existe entre la vitesse du mouvement d'un grave qui glisse sur un plan incliné et la vitesse qu'aurait ce même grave tombant en chute libre; il a nettement formulé que la chute d'un grave le long d'un plan incliné était un mouvement uniformément accéléré; à cet énoncé, il a joint un dessin où il marque clairement que la vitesse a même latitude lorsque le grave, partant d'un même

i. Codice Atlantico, fol. i45. Cité par Libri, Histoire des Sciences mathématiques en Italie, t. III, note V, p. 213.

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point, atteint te même niveau soit par une chute verticale, soit par une chute oblique. Voici ce texte ■ ei ce dessin (fig. 6) :

o Encore que le mouvement soit oblique, il observe & chacun de ses degrés l'accroissement du mouvement et de la vitesse en proportion arithmétique. »

De cette loi, il est vrai, Léonard n'aurait pu tirer le parti qu'en a tire Galilée; il n'aurait pu s'en servir pour vérifier que la chute des graves

est uniformément accélérée, puisqu'il usait d'une règle erronée pour déterminer le chemin parcouru en une telle chute.

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