Hieronymi Gardani Apologia, art. 77; éd. cit., p
2. Nouvelle Biographie générale publiée par Firmia Didot frères, t. XXXIX, p. 571,
3. Benedicti Pererii, societatis Jesu, De communibus omnium rerum naturalium principiis et ajjectionibus libri quindecim, qui plurimum conferunt, adeos octo libros Aristotelis, qui de Physico auditu inscribuntur, intellig endos ; Pioma% impensis Venturini Tramezini, apud Franciscum Zanettum et Bartholomœum Tosium, MDLXII.
k. Outre la première édition, nous avons relevé les suivantes: Roma>, 1076; Parisiis, 1579; Romœ, i585; Venetiis, 1609.
5. Le opère di Galileo Galilei ristampate fedelmente sopra la edizione nationale, vol. I, Juvenilia; Firenze, 1890; pp. 2/i, 35, i/|5, 3i8, &11.
6. Benedicti Pererii Op. cit., lib. XIV, cap. IV : De caussa motus violenti eorum qui projiciuntur.
met en mouvement imprime en elle une certaine vertu motrice qui demeure inhérente à cette pierre et qui continue à la mouvoir après qu'elle s'est séparée de celui qui l'a projetée. » Notre auteur fait connaître les principaux arguments dont se prévaut cette opinion et, à cette occasion, il cite les Exercilationes de Scaliger. Mais, tout aussitôt, un nouveau et long chapitre vient réfuter1 cette théorie et sauver l'opinion péripatéticienne.
L'explication parisienne de la chute accélérée des graves est moins heureuse que la théorie de Yimpetus; Bento Pereira ne l'honore même pas d'une mention.
Au sujet de cette chute accélérée, notre auteur expose avec beaucoup de soin3 les diverses hypothèses antiques que Simplicius nous a conservées; il y joint la supposition qui attribue cette accélération à l'impulsion de l'air ébranlé à l'arrière du projectile, supposition au sujet de laquelle il cite Walter Burley et Gontarini. « Ce dernier avis, » ajoute-t-il, « me paraît être le plus probable. En premier lieu, les autres opinions se trouvent réfutées par des raisons manifestes et nécessaires, tandis qu'à l'encontre de celle-ci, on ne saurait même imaginer quelque argument probable. En second lieu, cette explication ne suppose rien qui ne s'accorde parfaitement avec la raison et l'expérience, rien qui ne soit tiré de la nature même des choses. En cette opinion, plus qu'en toute autre, mon esprit se complaît, en celle-là seule il goûte un profond repos. »
Bento Pereira est de l'École des Contarini et des Vicomercati ; en cette École, la Dynamique parisienne est tenue pour nulle et non avenue; ou bien, si l'on en tient quelque compte, c'est pour en réfuter les assertions.
De cette École sont aussi Césalpin et Borro.
En ses Quxstiones peripateticœ, dont la première édition parut à Florence en i56(), André Césalpin ne dit que quelques
i. Benedicti Pererii Op. cit., lib. XIV, cap. V: Refellitur opinio faciens caussam motus projectorum, virtutem quandam impressam projectis.
a. Benedicti Pererii Op. cit., lib. XIV, cap. III : Tractatur secunda divisio motus in naturalem et violentum,
LA TRADITION DE BURÏDAfl BT LA SCIENCE ITALIENNE ai; xvf mi ui |o5
mots1 du mouvement des projectiles; m.iis ces quelques mots sont une adhésion formelle à la théorie d'Aristote . Girolamo Borro était d'Arezzo, comme Gésalpin. En 1676, il
publia un traité assez volumineux consacré en entier .ni iiidii-
veinent des graves5. \u début de ce traité, Borro donne la liste
des « noms des anciens philosophes dont les Opinions sont, en ce livre, soit admises, soit réfutées. » Cinquante noms de sa^cs grecs ou latins, parmi lesquels on trouve même ceux d'Homère et d'Orphée, sont accompagnés des noms de quatre philosophes arahes: Algazcl (Al (Jazali), Avempace (Ibn Badja), Averroès et Avicenne ; mais pas un philosophe chrétien n'obtient même l'honneur d'une citation.
Ce mépris, poussé jusqu'à l'oubli absolu, de la Science chrétienne occidentale, de ce colossal mouvement intellectuel
1. Andreae Gaesalpini Aretini medici clarissimi, atque philosophi subtilissimi peritissimique Peripateticarum Qusestionum libri quinque. Ad Potentissimum et fœlicissimum Franciscum Medicen Florentiae Et Senarum Principem. Cum Privilegiis. Venetiis, Apud Iuntas. MDLXXI. Lib. IV, qurcst. I, fol. 70, recto et verso. — Nous n'avons pu consulter la première édition de cet ouvrage.
3. Nous avons vu Buridan admettre que Vimpetus d'un corps, mû avec une vitesse donnée, était proportionnel à la quantité de matière première de ce corps; cette proposition, il la tirait de ce principe : Receptio omnium formarum et dispos itionum naturalium est in materia et ratione materise. Nous avons cherché à montrer que la quantité de matière première considérée ici par Buridan était, du moins dans le cas des corps graves, le produit du volume par une quantité proportionnelle au poids spécifique, qu'elle était donc identique à la quantité de matière ou masse définie par Newton.
Que telle soit bien l'idée attachée par les Scolastiques à ces mots : quantité de matière, nous en trouvons la preuve singulièrement nette en une question examinée par Césalpin (lib. IV, quaest. II; éd. cit., fol. 71, verso, à fol. 7/i, verso), question dont le titre est précisément: Omnem virtutis intensionem remissionemque ex mater iœ quantitate provenir e. « Une vertu,» dit Césalpin (fol. 72. recto), « n'est pas mesurée par le volume ou l'étendue de la masse, mais parla quantité de matière; celle-ci, en effet, étant par elle-même indéterminée, peut tantôt se reserrer en des bornes plus étroites, et tantôt s'étendre en un plus ample volume... Tous les corps qui se portent simplement vers le centre (fol. 74, verso), c'est-à-dire tous les corps qui sont simplement graves [ceux qui ne sont pas formés par la mixtion d'un ou plusieurs éléments graves avec un élément léger], tous ces corps, dis-je, sont plus graves les uns que les autres à cause de la quantité de matière qu'ils renferment; le plomb est plus lourd que la pierre parce qu'en ce plomb il y a plus de matière grave qu'en une pierre de même volume ; il est, en effet, plus dense. On peut comparer également entre eux des graves d'espèces différentes [des solides, des liquides, des gaz], de l'eau et de la terre par exemple, mais en un lieu, tel que l'air, où ils sont graves tous deux ; il est encore vrai que le plus grave est celui où se trouve le plus de matière. »
Cette quantité de matière demeure, d'ailleurs, invariable en toutes les transformations que les corps graves peuvent éprouver : « Si une poignée d'eau se transforme en dix poignées d'air, il y aura même vertu en dix volumes d'air qu'en un volume d'eau, car de part et d'autre il y aura une égale portion de matière » (fol. 7a, recto).
3. Hieronymus Borrius Arretinus De Motu Gravium, et Levium. Ad Franciscum Medicem Magnum Etrurias Ducem II. Florentiae, In Officina Georgii Marescotti. MDLXXVI.
2o6 ÉTUDES SUR LEONARD t>E VINCI
qui a reçu le nom de Scolastique est la marque propre de l'Averroïsme italien. Que Borro soit un fervent averroïste, il l'affirme à chaque page de son écrit. Le nom d'Averroès s'y présente auréolé des épithètes les plus flatteuses. « Averroes, omni génère laudis abundans philosophus . . . J . » « Philosophas nunquam satis laudatus Averroes...2. » « Averroes divinissime probavit...*.» Toute la doctrine de notre auteur peut se résumer en ces termes : Aristote est infaillible; Averroes est le défenseur jaloux et autorisé de cette infaillibilité. D'ailleurs, ce résumé de sa pensée, c'est Borro lui-même qui nous le fournit4 : « Averroes, qui in Aristotelem erroris notam, nec levissimam illam quidem, ab alio quovis inuri non patitur, sed eundem ab omni injuria nunquam non vindicat, ne in hac parte indefensus relinquatur. . ., ait. . . »
Ce n'est pas en un tel écrit, assurément, que nous verrons triompher les doctrines dynamiques des Parisiens ; en fait, à ces doctrines Borro n'accorde même pas la plus légère allusion ; tout ce que les Nominalistes ont pu dire au sujet du mouvement des projectiles ou de la chute des graves n'existe aucunement pour lui; évidemment, il est convaincu qu'entre Averroes et lui, l'humanité a cessé de penser.
Ce qui maintient le projectile en mouvement, c'est, bien entendu, pour Borro5 comme pour Aristote, l'air dont l'ébranlement se propage au-devant du mobile. Le physicien d'Arezzo ne paraît pas même se douter que cette absurde explication ait été cent fois réfutée.
L'ébranlement du milieu joue aussi son rôle en l'accélération du mouvement naturel6, Borro expose7 les diverses explications qui ont été proposées en vue de rendre compte de
î. Girolamo Borro, Op. cit., p. 5i.
i. Girolamo Borro, Op. cit., p. 184.
3. Girolamo Borro, Op. cit., Index, indication de la question traitée à la page iSlt.
4. Girolamo Borro, Op. cit., pars III, cap. XXV : Demonstratio, quam Aristoteles libro septimo Physicorum literis consignavit, ad veritatis trutinam examinatur; p. 371.
5. Girolamo Borro, Op. cit., pars III, cap. XIII : Quomodo elementorum motus a medio pendeat; pp. 234-235.
6. Girolamo Borro, Op. cit., pars III, cap. XIII: Quomodo elementorum motus a medio pendeat.