‹ Études sur Léonard de VinciChapitre 34 sur 127 · Girolamo Borro, Op. cit., pars III, capp. XIV, XV et XVI · texte numérisé non relu

Girolamo Borro, Op. cit., pars III, capp. XIV, XV et XVI

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cette accélération; en cette exposition, cela % ; i «le soi, il n'est fait aucune allusion à La théorie des Parisiens; notre auteur

résume en ces termes1 L'opinion qu'il adopte :

« La gravité ou la Légèreté des éléments est accrue par le plus grand nombre des parties du milieu qui se précipitent à

lanière du mobile; par la moindre résistance du milieu à la lin du mouvement; par la plus forte impulsion de l'air qui suit le mobile; par la perfection que les corps graves ou légers acquièrent, d'autant plus complète qu'ils s'approchent davantage de leurs lieux naturels. L'accroissement que la gravité ou la légèreté reçoit vers la lin du mouvement accroît ce mouvement et le rend plus rapide. »

Que l'on ait, plus de deux siècles après Jean Buridan et Albert de Saxe, écrit à Rome, à Florence, des livres comme ceux de Bento Pereira, d'André Gésalpin, de Girolamo Borro; que l'absurde théorie du mouvement des projectiles, proposée par Aristote, ait pu être regardée comme sauve de toutes les objections qui lui avaient été faites ; bien plus, qu'elle ait été traitée comme une doctrine incontestée et incontestable, c'est un fait bien digne d'arrêter l'attention; il donne la mesure de l'opiniâtre résistance que le Péripatétisme italien savait opposer à la pénétration de toute idée nouvelle. Cette même résistance, nous la constatons, d'ailleurs, chez des hommes de situations fort diverses : un Jésuite dont la doctrine religieuse est des plus orthodoxes; un médecin, professeur d'Université, qui donne fort dans le Panthéisme averroïste ; un philosophe, non moins grand admirateur d'Averroès, mais étranger aux Universités; un peu plus tôt, nous l'avions constatée à la fois chez un Vénitien, prince de l'Église, comme Gaspard Gontarini, et chez un humaniste milanais comme Vicomercati. L'état d'esprit qu'elle caractérise est assurément très général en l'Italie du xvie siècle.

En dépit de cette résistance, les principes que les Parisiens avaient donnés à l'étude de la Dynamique parvenaient quel-

i. Girolamo Borro, Op. cit., pars III, cap. XVI: Quae sint verae Peripateticorum causae, propter quas ca, quœ natura moventur, velocius in fine, quam in principio moveantur ; p. 24^.

quefois à s'insinuer en la Science italienne; vers le milieu du xvie siècle, nous les avons vus se glisser parmi les écrits d'Àlessandro Piccolomini; durant le dernier quart de ce même siècle, nous allons les retrouver dans l'œuvre de Bernardino Baldi, dans celle de Gianbattista Benedetti.

C'est en i582 que Bernardino Baldi avait rédigé ses Exercices sur les Questions mécaniques (TAristote. Cet écrit fut imprimé seulement en 162 1, vingt-huit ans après la mort de l'auteur.

Nous avons étudié autrefois les Exercilationes composées par l'abbé de Guastalla; nous y avons signalé1 la marque particulièrement reconnaissable du Vinci; nous avons dit également2 comment certaines idées que Baldi tenait de Léonard avaient attiré l'attention de Mersenne et provoqué Boberval et Descartes à d'importantes découvertes.

Si Baldi dissimule l'influence qu'il a éprouvée de la part du Vinci, il avoue celle qu'Alessandro Piccolomini a exercée sur lui. C'est en une question3 où se trouve citée avec éloge la Paraphrase de Piccolomini que nous lisons ce passage :

« Les projectiles cessent de se mouvoir parce que l'impression dont Yimpelus et la vertu les portent n'est point une projection naturelle ; elle est purement accidentelle et violente ; or, rien de ce qui est accidentel et violent, rien de ce qui est non naturel, ne saurait être perpétuel. Cette impression accidentelle prend donc fin; tandis qu'elle cesse peu à peu, le mouvement du projectile s'alanguit et le corps parvient enfin au repos. »

Baldi n'attribue pas seulement à ïimpetus la continuation du mouvement des projectiles; avec les Parisiens et avec Piccolomini, il attribue ^ l'accélération de la chute des graves à un continuel accroissement de cet impetus.

1. Léonard de Vinci et Bernardino Baldi (Études sur Léonard de Vinci, ceux qu'il a lus et ceux qui l'ont lu, III ; première série, pp. 89, seqq.).

2. Bernardino Baldi, Boberval et Descartes (Études sur Léonard de Vinci, ceux qu'il a lus et ceux qui l'ont lu, IV; première série, pp. 127, seqq.).

3. Bernardini Baldi Urbinatis Guastallae Abbatis In Mechanica Aristotelis problemata exercilationes : adjecta succincta narralione de autoris vita et scriptis. Moguntiae, Typis et Sumptibus Viduœ Joannis Albini. MDCXXI. Quajst. XXXII : Quaeritur hic, cur ea quae projiciuntur, cessent a latione? P. 279.

4- Bernardino Baldi, Op. cit., quaest. XXXI : Cur facilius moveatur commolum quam manens, veluti currus commotos citius agitant, quam moveri incipientes? Hoc quaeritur. Pp. ^78-279.

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« Par là se résout celle question < | n i est tenue, parmi i physiciens, pour très difficile : Pourquoi, dans le mouvement naturel, la vitesse est elle constamment accrue? [ci, en effet, c'est la nature qui meut; eoinine elle est inséparable du mobile, elle le presse continuellement, d'abord lentement, puis, pour la cause que nous axons dite, de plus en plus rapidement. Le mouvement donc est produit dans le mouvement même; et comme ce mouvement se trouve toujours accru à la fois par le moteur et par le mouvement, il progresse à l'infini. Personne, je pense, ne niera que la cause de cette accélération ne soit celle-là, à savoir que la puissance mouvante meut le mobile alors que celui-ci est déjà en mouvement. En effet, le corps mû acquiert une certaine pesanteur accidentelle; et comme cette pesanteur est accrue par le mouvement, elle rend ce mouvement plus facile et plus rapide. »

Nous avons dit ailleurs1 comment Baldi avait étendu cette explication à la prétendue accélération qu'un projectile éprouverait au début de sa course. Nous ne reviendrons pas ici sur cette théorie.

Il semble bien qu'au passage dont nous venons de donner la traduction, Baldi identifie la gravité accidentelle au mouvement lui-même ; le mouvement y est traité comme une puissance motrice; et cette opinion, qui est celle qu'Ockam avait soutenue, semble conforme à la pensée de l'auteur même des Questions mécaniques.

Précisant cette pensée, Bernardino Baldi n'hésite pas à regarder non seulement le mouvement comme une puissance motrice, mais encore le repos comme une puissance résistante. Quelques lignes avant le passage que nous venons de citer, il écrit2 : « La résistance de l'objet que l'on fait passer de l'état de repos à l'état de mouvement est semblable à un certain mouvement en sens opposé. Le contraire arrive à celui qui meut un mobile qui se trouve déjà en mouvement; dans ce cas, il est grandement aidé par le mouvement même du

i. Bernardino Baldi, Roberval et Descartes : I. Une opinion de Bernardino Baldi touchant les mouvements accélérés (Études sur Léonard de Vinci, ceuxqu'il a lus et ceux qui l'ont lu, IV; première série, pp. i38-i3g).

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