Bibl. .\at., fonds français, ms. n° io83, fol. i,col. a
du Ciel et du Monde, lequel, du commendement de très souverein et très exellent prince Charles le quint de cest nom par la grâce de Dieu Roy de France, désirant et amant toutes nobles sciences,
» Je, Nicole Oresme, doyen de l'église de Rouen, propose translater et exposer en françois. »
La fin du traité est la suivante l :
« Et ainsi, à laude de Dieu, J'ay accompli le livre du Ciel et du Monde au commandement de très excellent prince Charles quint de ce nom par la grâce de Dieu roy de France, lequel, en ce faisant, m'a fait évesque de Lisieux.
» Et pour animer, exciter et esmouvoir les cuers des joenes hommes qui ont subtilz et nobles engins et désir de science, affin que il estudient à dire encontre et à moy reprendre pour amour et affection de vérité, Je ose dire et me fais fort qu'il n'est homme mortel qui onques veist plus bel ne meilleur livre de philosophie naturelle que est cestuy, ne en hébreu, ne en grec, ne en arabic, ne en latin, ne en françoys. « Ecce librum celi Karolo pro rege peregi. Régi celés ti gloria, laus et honor, Nam naturalis liber unquam philosophie Pulchrior aut potior nullus in orbe fuit. »
Cette fin nous fait connaître la date à laquelle fut écrit le Traité du Ciel et du Monde; Oresme le composait lorsqu'il fut nommé évêque de Lisieux, c'est-à-dire en 1377 ; ce fut, sans doute, sa dernière œuvre philosophique; elle n'a jamais été imprimée.
Le Traité de la Sphère est plus ancien que le commentaire aux livres du Ciel et du Monde d'Àristote; en ce dernier ouvrage, en effet, Oresme cite, à plusieurs reprises2, le premier; c'est ainsi qu'après avoir commenté le second livre d'Aristote, il écrit3 :
« Et ainsi, à l'honneur de Dieu et par sa grâce, J'ay accompli/ le premier et le secunt livres De celo et mundo, pour lesquelx