Ibid., p. ig
7. Voir S VI : La Dynamique de Jean Buridan et la Dynamique de Soto, p. 285.
8. Nicole Oresme, Traité du Ciel et du Monde, livre II, chapitre II; ms. cit., fol. /10, col. c.
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» Et BOIll ces vertUfl contre ers rrsislcnees tellement DlOdé
réel, atrempéea el accordées que les mouvemens sont faiz
sans violence.
» Et excepté la violence, e'esl aucuiicmcril semblable quant un homme a fait une horloge, et le lesse aller cl estre mcii par sov ; au\i lessa Dieu les cielz estre meus continuellement selon les proporcions que les vertus motives ont aux résister) ces et selon l'ordrenance establic.
o Et pourec, quant le Prophète eut dit de Dieu: Laudalc eum cssli cœloram, il dist après: Statuit ea in œternam, el in sxculum sœculi prœcepturn posait, et non prœteribit. »
Simple Maître-ès-Arts, Jean Buridan avait humblement soumis son hypothèse au jugement de « Messieurs les Théologiens ». Par la bouche de Nicole Oresme, les Théologiens1 déclarent cette hypothèse recevable.
L'hypothèse de Yimpetas est mise, en l'École de Paris, à la base de la théorie du mouvement des projectiles. Nous savons comment cette théorie a été développée par Jean Buridan2, dont Albert de Saxe semble avoir été, sur ce point, le très fidèle disciple; Oresme s'écarte davantage, en quelques problèmes, de la tradition du philosophe de Béthune; rapportons d'abord le texte3 qui nous fait connaître son opinion; nous indiquerons ensuite les remarques qu'il suggère :
« Pour ce proprement entendre, l'an doit savoir que des mouvemens localz qui ont commencement ou fin sont quatre manières.
» Les uns sont purement naturelz, si comme quant la chouse pesante descent de hault en bas.
» Les autres purement viollens, si comme quant chouse pesante monte en hault.
» Les autres sont viollens et non pas purement, si comme
i. Oresme avait, à Paris, enseigné la Théologie et commenté les Sentences de Pierre Lombard. En effet, au chapitre même que nous venons de citer, il écrit: « Si comme J'ay monstre pieta sur Sentences... » (Nicole Oresme, Traité du Ciel et du Monde, livre il, chapitre II; ms. cit., fol. 4i, col. d.)
2. Jean I Buridan (de Béthune) et Léonard de Vinci, IV: La Dynamique de Jean Buridan.
3. Nicole Oresme, Traité du Ciel et du Monde, livre II, chapitre XIII; ms. cit., fol. 66, coll. c et d, fol. O7, coll. a, b et c.
quant une chose est gettée ou traicte en travers, si comme seroit une saecte1.
» Les autres sont par vertu de beste ou de homme, si comme aller, voiler, noer.
» Les premiers ou le premier qui est pur naturel va toziours en efforcent et. en cressence de isnelleté, si les autres chouses sont pareilles, si comme quant une pierre descent tout droit par l'aer.
» Le secunt, si comme quant d'une saecte traicte droit en haut, va au commencement en efforcent et vers la fin en affebliant et retardant.
» Et le tiers auxi, fors que il va plus longuement en efforsant, et est sa grant vertu ou force plus loing du commencement que en celuy qui est pur viollent.
» Et le quart est plus fors vers le milieu.
» Et pour entendre les causes de ces chouses, je di premièrement que tout mouvement de chose pesante ou légière quelconques, il soit commencé en efforsant tellement que quelconque degré de isnelleté soit en luy, il convient que il eust devant mendre isnelleté, et mendre oultre toute proportion, et est ce que l'an seul appeler: Commencer a non gradu,
» Et la cause est en général, car les excès de la vertu motive sur la résistence ou Taplicacion d'elle à la résistence ne peuvent estre faictes soudainement, mes convient que telles chouses soient faictes partie après autre, et chascune partie auxi, et rien n'en peus estre fait soudainement.
» Et se aucun obiçoit de ce que si aucune pesante meulle descendoit et trouvast en sa voie une feuve ou une petite pierre reposante soubs soy, cette meule commenceroit à mouvoir cette pierre par certain et grant degré de isnelleté, et non pas a non gradu.
» Je respon et di que par aventure seroit elle meue plus tardifvement que la meulle vers ce commencement, et commenceroit a non gradu avant que la meulle la touchast.
» Et pousé que elle commençast à certain degré, ce ne seroit pas contre ce que dit est, car ceste pierrette conioincte
i. Saecte == flèche (sagitta).
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à la meulle l'ait un corps mobille ouvecques elle, el LU meisme mouvement est du tout et de sa partie, et cest mouve ment commença tout a non (jnulu pour les causes dessus dictes.
» Item, par l'acroissement de eeste isnelleté est acquise et causée en la chouse mue une qualité motive novelle, laquelle nous povons nommer force ou rèdeur ; et cestc qualité ou rèdeur fait aide en mouvement naturel, et meut la chouse meue viollentcment quant elle est séparée du premier moteur ou mottif.
» Item, la génération de ceste qualité ou rèdeur croist et enforce toziours tant comme l'acressement de l'isnelleté croist et efforce; et quant l'acroissement de l'isnelté afaiblist, non obstant que tel acressement dure auxi, appetice l'acroissement de ceste qualité, non obstant qu'elle cresse1.
» Et pour ce, mouvement viollent a trois estaz ou trois parties.
» Une est quant la chouse meue est conioincte ouvecques l'instrument qui fait la viollence, et lors le isnelleté va en cressant, et la génération ou cressement de isnelleté2 va aussi en cressant, se il n'y a empeschement par accident; et par ce que dit est, s'ensuit que l'acressement de ceste quallité ou rèdeur va auxi en cressant.
» Secondement, quant la chouse meue viollentement est séparée de tel instrument ou premier motif, encor va isnelté en cressant; mes la généracion ou forcement ou cressence de ceste isnelleté vient en appétissant et finablement cesse; et lors le isnellté ne croist plus, ne celle qualité ou rèdeur3.
» Et commence le tiers estât; et lors, la qualité naturelle de la chouse meue, si comme est pesanteur, fait appeticer ceste qualité ou rèdeur qui enclinoit contre le movement naturel de la chouse, et va le mouvement en retardant et la viollence en appétissant, et finablement cesse.
» Et par ceste manière, et non par autre quelconque, l'an
i . Ce passage doit se comprendre ainsi : Non seulement Vimpetus croît en même temps que la vitesse du mobile, mais la vitesse avec laquelle croît Vimpetus augmente ou diminue en même temps que l'accélération du mobile augmente ou diminue.