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3. La tradition de Buridan et la Science italienne au xvi* siècle, V : Comment, au xvi* siècle, la Dynamique de Jean Buridan s'est répandue en Italie.
l\. Voir S VF : La Dynamique de Jean Buridan et la Dynamique de Soto,
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Le centre de gravité de la terre et le centre du Mon m
La terre n'a pas partout la même densité, en sorte que son centre de gravité ne coïncide pas avec son centre de grandeur.
La terre entière est en repos lorsque son centre de gravité coïncide avec le centre du Monde; partant, la surface qui la termine n'est pas partout équidistante au centre du Monde. Gomme l'eau est terminée par une surface sphérique concentrique au Monde, une partie de la terre, celle qui est la moins dense, peut émerger, tandis que la partie la plus dense est recouverte par les eaux.
Les déplacements de poids que diverses causes et, en particulier, l'érosion des rivières, produisent à la surface de la terre, déterminent un continuel changement de position du centre de la gravité terrestre; la terre se meut donc sans cesse afin que son centre de gravité regagne le centre du Monde.
Par ces mouvements incessants, mais très lents, les continents et les mers changent de place ; les parties de la terre qui sont actuellement submergées finiront par émerger et inversement. En outre, les parties centrales de la terre, au bout de longs siècles, parviendront à la surface.
Ces propositions qu'Albert de Saxe a, sinon imaginées, du moins formellement enseignées, ont pris une importance extrême en l'enseignement de la Scolastique parisienne; elles ont vivement attiré l'attention de ceux que séduisait cette Scolastique et, particulièrement, de Léonard de Vinci, qui en a déduit toute sa Géologie1 ; Soto ne les a pas ignorées2.
Or, ces propositions, nous les retrouvons toutes dans les écrits d'Oresme; si elles n'y sont pas toujours affirmées d'une
i. Léonard de Vinci et les origines de la Géologie, XI : Léonard de Vinci (Études sur Léonard de Vinci, ceux qu'il a lus et ceux qui l'ont lu, XII: seconde série, pp. 33s seqq.), 3, Voir $ V : L'équilibre de la terre et des mers.
manière catégorique, si certaines d'entre elles sont marquées d'un accent de doute, ce doute est de ceux qui ont également fait hésiter Albert de Saxe ; mais souvent l'hésitation sera plus puissante en l'esprit du docteur normand qu'en l'esprit du maître allemand.
Voici, d'abord, au Traité de la Sphère1, un bref résumé de toute la doctrine :
« Après la terre est l'eau ou la mer, mais elle ne couvre pas toute la terre; car aulcune partie de la terre n'est pas de si pesante nature comme l'aultre. Ainsi comme nous voions que estaing ne poise pas tant comme plomb. Et pource, la partie moins pesante est plus haulte et plus loing du centre; et descouverte d'eau ; affîn que les bestes y puissent vivre ; et est ainsi comme la face et le visaige de la terre, tout descouvert; fors que parmy y a aulcunes petites mers, braz de mer et fleuves ; et tout le demourant est ainsi comme enchaperonné, vestu et affublé de la grant mer. »
Au Traité du Ciel et du Monde, cette courte indication va se trouver développée et complétée, de telle sorte que toutes les parties de la théorie d'Albert de Saxe nous soient successivement présentées.
Voici, d'abord, l'énoncé du principe sur lequel repose cette théorie2 :
« Le centre du monde est le lieu de la terre et de toute la masse des choses pesantes, car telle masse est là où elle doit estre, et en son propre lieu naturel, parce que le centre de sa pesanteur est en milieu du monde, et que tel centre et le centre du monde sont un mesme point, combien que ceste masse soit ou fust environnée et contenue de eaue ou de air ou de tous deux. »
Est-ce le centre de gravité du seul élément terrestre ou bien le centre de gravité de toute la masse pesante qui se doit trouver au centre du Monde? Albert de Saxe avait hésité entre
i . Le Traicté de la Sphère, translaté de latin en françois par Maistre Nicole Oresme. Ghap. I : De la figure du monde et de ses parties principales.
a. Nicole Oresme, Traité du Ciel et du Monde, livre I, cli. xvn; ms. cit., fol. i5, col. b.
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ces deux partis avant de choisir le second1. Jean de Jandun avait déjà écrit quelques lignes qui semblaient avoir trait à ce
débat*, et Thémon, le fils du Juif, lavait nettement défini3 avant de prendre le même parti qu'Albert de Saxe.
C'est vers l'autre parti qu'Oresme semble peneber dans le passage que nous venons de citer, et plus encore dans celui-ci, qui en est tout proche ^ :
« Et selon ce, non pas seulement les parties de terre qui est élément, mes toutes choses pesantes tendent à un lieu tellement et afin qu'elles soient coniointes et unices à toute la masse de la pesanteur, de laquelle le centre du monde soit milieu et centre. »
Cette théorie, Oresme ne paraît pas s'y être arrêté d'une manière définitive; il semble l'avoir abandonnée pour expliquer, comme le faisaient Albert de Saxe et Thémon, l'équilibre de la terre et des mers; c'est, en effet, cette explication qu'il indique au Traité de la Sphère; c'est elle qu'il expose plus complètement dans le passage suivant du Traité du Ciel et du Monde^:
« Je di que, en cest propos, trois centres sont à considérer, c'est assavoir le centre du munde, le centre de la quantité de la terre et le centre de la pesanteur; mes si elle estoit vers une partie de pur or et, vers l'autre, fust mixtionnée de plus légier mestal, le centre et le milieu de sa pesanteur ne seroient pas le centre de sa quantité ; ce centre de sa pesanteur, et ce seroit le centre du munde. »
En un passage que le copiste a sans doute omis de reproduire, le Doyen du chapitre de Rouen examinait, l'hypothèse où le centre de grandeur et le centre de gravité de la terre coïncideraient entre eux et, partant, avec le centre du Monde ; il poursuivait en ces termes :
i. Albert de Saxe et Léonard de Vinci, II : Quelques points de la Physique d'Albert de Saxe (Études sur Léonard de Vinci, ceux qu'il a lus et ceux qui Vont lu, 1 ; première série, pp. i4-i5).