‹ Études sur Léonard de VinciChapitre 68 sur 127 · Marsile d'Inghen, Op. laud., fol. signé i 3, col · texte numérisé non relu

Marsile d'Inghen, Op. laud., fol. signé i 3, col

3. Le texte, au lieu de puissance (potentix), dit proportion (proportio).

k. Question.es subtilissime Johannis Marcilii Inguen; super octo libros Physicorum secundum nominalium viam. Lib. VI, quaest. V : Utrum velocitas motus sit attendenda pênes spatium in tante tempore pertransitum.

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vivait sos derniers jours, L'usage des coordonnées rectan gulaires, qu'il avait Imaginé et recommandé, s'était répandu dans les écoles de Paris; en particulier, la règle relative aux latitudes uniformément difformes, que justifiait l'emploi de ces

coordonnées, était couramment invoquée dans les discussions de Physique.

Nous allons voir que, vers le même temps, cette règle n'était point ignorée à l'Université d'Oxford; peut-être même l'y connaissait- on avant que Nicole Oresme l'eût exposée à Paris.

L'École d'Oxford au milieu du xive siècle. — Guillaume Heytesbury. — Jean de Dumbleton. — Swineshead. — Le Calculateur. — Le traité De sex inconvenientibus. — Guillaume de Colligham.

Au préambule de son traité De figaratione potentiarum et difformitate qualitatum, Oresme ne s'attribue pas le rôle d'inventeur, mais le rôle plus modeste de celui qui apporte, en un sujet déjà traité, de l'ordre et de la clarté; cet ordre et cette clarté découlent de l'emploi des représentations géométriques dont il semble bien qu'il ait, le premier, imaginé d'user en semblable matière; mais les considérations sur la mesure des intensités, sur leur uniformité ou leur difformité étaient assurément familières avant lui à ceux qu'il nomme les veteres.

Ces veteres, où devons-nous les chercher? Nous ne les avons pas rencontrés à l'Université de Paris parmi ceux, tel Jean Buridan, qui précédèrent immédiatement Oresme; il semble qu'il faille plutôt espérer de les trouver à l'Université d'Oxford.

A l'Université d'Oxford, vers le milieu du xive siècle, nous voyons paraître une foule d'écrits où l'on dispute de l'intensité des formes, de leur longitude et de leur latitude, de leur uniformité et de leur difformité. Que certains de ces écrits soient antérieurs au traité d'Oresme et que le grand maître du

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Collège de Navarre en ait pu avoir connaissance, cela est extrêmement probable, encore qu'il soit fort difficile de préciser plus exactement cette trop vague affirmation. Le traité d'Oresme n'est pas daté et les écrits, émanés de l'École d'Oxford, que nous aurons à lui comparer ne le sont pas davantage; lorsque ces écrits ne sont pas anonymes, ce qui arrive fort souvent, leurs auteurs sont, la plupart du temps, des hommes dont nous ne savons rien ou presque rien; il est bien difficile de décider si tel de ces écrits a pu inspirer l'auteur de tel autre et, en particulier, Nicole Oresme.

Après donc que nous avons décrit le progrès accompli par certaines idées , en l'École de Paris , vers le milieu du xiv* siècle, nous allons suivre la marche que ces mêmes idées ont faite, vers le même temps, en l'École d'Oxford, sans qu'il nous soit possible de dire quelles furent les réactions mutuelles de ces deux mouvements.

L'École des logiciens d'Oxford, au milieu du xive siècle, est dominée et comme personnifiée par William Heytesbury; ce dialecticien semble jouir, auprès des fellows du Merton Collège ou du Queen's Collège, d'un prestige semblable à celui qui entourait, un demi-siècle avant lui, la personne de Thomas Bradwardine.

De ce personnage, la renommée passa, au xve siècle, de l'Université d'Oxford aux Universités du continent; son nom devint des plus célèbres dans les écoles; mais en se répandant, il allait se déformant toujours davantage. Les documents anglais, contemporains de la vie de notre logicien, le nomment1 Hethelbury, Hegterbury, Hegtelbury; les Scolastiques du continent, latinisant ce nom, en ont fait Hentisberus et, fréquemment, Tisberus; c'est sous cette forme que les Averroïstes et les Humanistes italiens le prenaient le plus souvent, en leurs diatribes contre la Logique d'Oxford.

Les faits authentiquement connus de la vie de William Heytesbury se réduisent à fort peu de chose.

En i33o, il est mentionné comme fellow du Merton Collège;

i. R. L. Poole, art. : Heytesbury (William) in Dictionary of National Biography, edited by Sidney Lee ; vol. XXVI, pp. 337-328.

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en i338, il en est boursier1; en «338 et i33g, on retrouve son nom dans les listes d'examens de ce collège

En i3/|0, parmi les premiers follows du Qneens Collège, on trouve un William Heigh tilbury 3 qui n'es! au Ire, probablement, que lleytesbury.

De i3£o à 1371, aucun document ne nous présente plus son nom; mais en KÎ71, nous retrouvons'1 William Heighter bury ou Hctisbury docteur en Théologie et cbancelier de l'Université d'Oxford.

De ce chancelier d'Oxford, nous n'avons que des ouvrages de Logique ; ces ouvrages sont au nombre de cinq :

i° Le premier, très court, porte ce titre : De sensu composito et diviso.

i° Le second est intitulé : Regulx solvendi sophismata; très célèbre dans les écoles, il y était simplement désigné par le nom de Regulœ. Il se compose, en réalité, de six petits traités qui sont ainsi désignés : De insolubilibus . De scire et dubitare. De relativis. De incipit et desinit. De maximo et minimo. De tribus prœdieamentis . Le dernier de ces traités se subdivise lui-même en trois parties : De motu locali. De motu augmentationis . De motu alterationis .

3° En ses Reguide, Heytesbury avance un certain nombre de propositions dont il ne donne pas la démonstration ; aussi a-t-il complété son premier ouvrage par un second écrit où sont données les preuves des assertions formulées aux Regulœ ; ce second écrit est intitulé : Probationes profundissimse conclusionum regulis positarum.

4° Un opuscule très concis traite De veritate et falsitate propositionis.

5° Enfin, l'ouvrage le plus étendu du chancelier d'Oxford a pour objet les Sophismata. Il est consacré à la discussion d'une suite de trente- deux sophismes. L'étude d'un texte

1. G. C. Broderick, Mémorial of Merton Collège, Oxford, i885; p. 207. Cf. R. L. Poole, art. cit.

2. J. E. Therold Rogers, History of Agriculture and Priées, vol. II, pp. 670-67/i; Oxford, 1866. Cf. R. L. Poole, art. cit.

3. Wood, History and Antiquities of Oxford; Collège and Halls; éd. Gutch, p. 139. Cf. R. L. Poole, art. cit.

(t. Wood, Fasti Oxonienses, éd. Gutch, p. 28. Cf. R. L. Poole, art. cit,

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manuscrit conservé à la Bibliothèque Nationale1 nous fait croire qu'une première rédaction contenait seulement trente sophismes; l'auteur aurait ajouté plus tard les deux derniers : Necesse est aliquid condensari si aliquid raréfiât. — Impossibile est aliquid calefieri nisi aliquid frigefiat.

L'imprimerie a reproduit, à plusieurs reprises, divers traités d'Hentisberus; mais une seule édition les réunit tous; en même temps, elle donne certains commentaires importants qu'ils ont provoqués, au xv* siècle, en Italie; cette édition, à laquelle nous aurons constamment à nous référer, fut imprimée à Venise en 1 494 2-

Au début du traité De insolubilïbus , qui ouvre les Regulœ, Heytesbury énumère3 trois opinions relatives à la nature des sophismes; ces opinions, il n'en nomme pas les auteurs, car aucun nom ne se trouve jamais sous sa plume; mais Gaétan de Tiène, commentant les Regulse, nous fait connaître ces noms6 : « La première de ces positions, dit-il, est celle de Suisset; la seconde est admise par Dulmenton, la troisième est de Richard G Menton en ses Sophismata. »

Suisset, Dulmenton, Richard Glienton, voilà donc trois noms de logiciens qui furent, à n'en pas douter, parmi les prédécesseurs d'Heytesbury. Que savons-nous de ces hommes experts en subtile dialectique?

« Ce Glienton nous est totalement inconnu, » écrit Prantl5. Prantl était mal renseigné; nous possédons le texte manuscrit des Sophismata auxquels Heytesbury et Gaëtan de Tiène

i. Bibl. Nat., fonds latin, ms. n* i6i3A ; fol. 81, col. a, à fol. i46, col. a.

a. Tractatus gulielmi Hentisberi de sensu composito et diviso. — Régule eiusdem cum sophismatibus. — Declaratio gaetani supra easdem. — Expositio litteralis supra tractatum de tribus. — Questio messini de motu locali cum expletione gaetani. — Scriptum supra eodem angeli de fosambruno. — Bernardi torni annotata supra eodem. — Simon de lendenaria supra sex sophismata. — Tractatus hentisberi de veritate et falsitate propositions. — Conclusiones eiusdem. — Colophon : Expliciunt probationes conclusionum acutissimi doctoris Gulielmi hentisberi una cum ceteris opusculis. ut in prima facie huius voluminis habetur. Que quidem omnia emendata ac in unum redacta fuere per preclarum virum dominum Joannem Mariam Mapellum vincentinum philosophum egregium accuratissimumque medicum. Impressa venetiis per Bonetum locatellum bergomensem : sumptibus Nobilis viri Octaviani scoti Modoetiensis. Millcsimo quadringentesimo nonagesimo quarto sexto Kalendas iunias.

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