Bibl. Nat., fonds latin, ms. n° 6558, fol. 70, col. c
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Les deux derniers ont, d'ailleurs, reproduit le trait horizontal tracé au-dessus des lettres lily.
L'abréviation que ce trait signale, les auteurs du Catalogue des manuscrits latins de la Bibliothèque Royale ne sont pas parvenus, non plus, à l'expliciter, car le manuscrit dont nous parlons est décrit par eux en ces termes : Codex mernbranaceus, quo continetur Richardi de Ghlymi Eshedl Iractalus de intensione et remissione formarum, de aclione el reaclione, de velocitate et tarditate motus. Is codex decimo quarto sœculo videtur exaratus.
A ce traité, donc, il semble que l'auteur n'ait donné aucun titre, et que les premiers lecteurs n'aient pas songé à celui de Calculationes ; de plus, si le prénom de l'auteur était Richard, comme l'ont admis certains imprimeurs, son nom n'était point Swineshead.
D'ailleurs, la comparaison de cet ouvrage au traité De primo motore qui, lui, est incontestablement de Swineshead, montre, au premier coup d'œil-, que ces deux ouvrages ne sauraient être du même auteur. Le traité de Riccardus de Ghlymi Eshedi porte sur des questions qui, toutes, sont également examinées dans le traité de Swineshead ; un même auteur n'écrit pas deux livres qui portent si visiblement sur les mêmes objets et qui diffèrent si complètement dans tout le détail de la rédaction. L'œuvre composée par Riccardus de Ghlymi Eshedi appartient à la famille dont le De primo motore de Swineshead, dont la Summa de Dumbleton sont les types ; mais elle semble bien avoir été écrite après les ouvrages de Swineshead et de Dumbleton; on y peut, en particulier, noter de manifestes emprunts au traité De difformitate qualitatum de Nicole Oresme ; la lecture du De primo motore et de la Summa ne nous révèle aucun emprunt de ce genre.
D'ailleurs, un juge particulièrement compétent en la matière, Pierre Pomponat, ce qui, au début du xvie siècle, écrivit, comme nous le verrons, plusieurs traités sur les doctrines de Guillaume Heytesbury et du Calculateur, a fort bien discerné que celui-ci avait dû venir après celui-là ! « La seconde raison, et la plus puissante de toutes, dit-il quelque
part1, était celle qui a été apportée par le Calculateur, bien qu'avant lui (comme je le crois), Hentisberus ait donné cette même raison ; il [le Calculateur] semblait suivre, en effet, un parti qui avait déjà été tenu, tout en étant mû en même temps par des motifs contraires, comme on le pouvait déduire assez manifestement. »
Nous avons tenté de découvrir quelques renseignements au sujet de ce Riccardus de Ghlymi Eshedi dont l'ouvrage, sous le faux nom de Suiseth le Calculateur, était appelé à une si grande vogue; tous nos efforts ont été vains. A peine osonsnous signaler un rapprochement qui nous semble fort douteux ; la bibliothèque de Charles VI contenait un traité d'Astrologie- intitulé : Summa Eskilde Anglici de judiciis; faut-il identifier Eshilde et Eshedi?
Clymeton, Dumbleton, Swineshead représenteront, pour nous, l'opinion de l'École d'Oxford un peu avant le temps où Guillaume Heytesbury y développa la subtile agilité de sa Dialectique; un écrit anonyme nous fera connaître la pensée d'un disciple de ce Jogicien.
Sous le titre de Tractatus de sex inconvenientibus, dont l'adaptation au sujet de l'ouvrage nous échappe, cet écrit anonyme a été imprimé; il l'a été à Venise, en i5o5, en un recueil où se rencontre le Tractatus de latitudinibus formarum inspiré de Nicole Oresme; au § XIX, nous avons donné la description de cette édition.
Ce n'est pas cette édition, mais deux textes manuscrits, que nous avons consultés.
De ces deux textes manuscrits, il en est un qui nous renseigne plus complètement que l'autre sur l'ouvrage qu'il reproduit.
i. Pétri Pomponatii Mantuani Tractatus de reactione, sect. I, cap. XIV (Pétri Pomponatii Mantuaai. Tractatus acutissimi, utilissimi, et mère pcripatetici. De intensione et remissione formarum ac de parvitate et magnitudine. De reactione. De modo agendi primarum qualitatum. De immortalitate anime. Apologie libri très. Contradictoris tractatus doctissimus. Defensorium autoris. Approbationes rationum defensorii, per Fratrem Chrysostomum Theologum ordinis predicatorii divinum. De nutritione et augmentatione. Golophon : Venetiis impressum arte et sumptibus tueredum quondam domioi Octaviani Scoti, civis ac patritii Modeotiensis : et sociorum. Anno ab incarnatione dominica MDXXV calendis Martii. Fol. 26, col. d.).
a. Inventaire de la bibliothèque du Roi Charles VI fait au Louvre en 1523 par ordre du Régent, Duc de Bedford. Paris, 18G7; p. 187, n° 721.
DOMINIQUE BOTO BT LA BCOLASTIQUfl PARIBIBHH1 V' I
Ce premier texte se trouve 8H un recueil de pièce! ' qui oui toutes été composées par des maîtres de L'Université d'Oxford ; vraisemblablement, si Ton en juge par L'orthographe des noms
propres, le copiste ou les copistes riaient Anglais.
En ce recueil, le traité qui nous occupe n'a pas de titre; il débute d'emblée :< par cette question : Ulrum in generatione formarum sit certa ponenda velocilas. En son état actuel, d'ailleurs, il est incomplet; il s'arrête brusquement au milieu d'une question 3 et l'appel qui suit les derniers mots'1 permet de constater l'absence du cahier qui devait suivre. Mais au moment où le recueil a été constitué, le traité était complet, et le copiste avait composé une table des matières5 qui nous en fait connaître le contenu. L'ouvrage entier comprenait onze questions ; en chacune des quatre premières s'inséraient, en outre, sous le titre d'articles, des questions subsidiaires qui y formaient comme des parenthèses. Ce que nous possédons aujourd'hui renferme les quatre premières questions et une partie de la cinquième; ce n'est guère que la moitié de l'ouvrage, puisque ce fragment prend fin avec le fol. 48 et que la dernière question, la table nous l'apprend, commençait au folio 82.
L'autre exemplaire manuscrit possédé par la Bibliothèque Nationale6 est bien loin de combler cette vaste lacune; il a été copié sur un texte où elle existait déjà ; le copiste, désireux de ne reproduire que des questions complètes, a supprimé le début de la cinquième question et n'a gardé que les quatre premières. Il a disposé ses titres de telle sorte que les articles subordonnés aux questions paraissent avoir la même importance que les questions mêmes. Aussi, sous le titre: Incipit tabula questionum G inconvenientium, un copiste, donnant le même rang aux articles et aux questions, a-t-il énuméré seize
1. Bibliothèque Nationale, fonds latin, ms. n* 6559 (olim Colbert. 2094, Regius 38ns).