‹ Études sur Léonard de VinciChapitre 82 sur 127 · Ms. cit., fol. i3i, v · texte numérisé non relu

Ms. cit., fol. i3i, v

6. Les Origines de la Statique, ch, VII, S 2 ; tome I, pp. 1 28-1 34.

c'est, à la vérité, le plus beau, celui dont l'auteur, inconnu jusqu'ici, a été nommé par nous le Précurseur de Léonard de Vinci1.

La Statique n'était pas la seule partie de la Mécanique qui préoccupât les maîtres d'Oxford; volontiers, ils disputaient aussi de Dynamique et cherchaient par quelle relation sont unies la puissance, la résistance et la vitesse du mobile. A cet égard, la doctrine péripatéticienne, que Bradwardine avait faite sienne en son Tractatus de proportionibus , était généralement acceptée; on s'attachait seulement à en perfectionner l'exposition et à en déduire divers corollaires.

Si nous en croyons l'auteur du traité De sex inconuenieniibus2. Maître Adam Pippewell avait appuyé de subtiles démonstrations la théorie de Thomas Bradwardine.

Au De primo motore, Swineshead3 présente, sans y rien ajouter d'essentiel, cette même théorie.

En sa Summa, Jean de Dumbleton examine 4, lui aussi, quelles sont les diverses opinions qui ont été émises touchant la loi qui lie la vitesse du mobile à la grandeur de la puissance et à celle de la résistance. « Nous toucherons, dit-il, quelques opinions afin que la connaissance du faux nous mène, comme par un dilemme (per viam divisionis), à la vérité. » Et cette vérité, la voici : « La troisième opinion est celle d'Aristote et du Commentateur; c'est celle qu'il faut tenir; elle est la suivante : Le mouvement devient plus intense ou s'affaiblit selon une proportion géométrique... » Cet avis est bien celui que soutenait Bradwardine.

Pour faciliter l'intelligence de cette loi, Jean de Dumbleton consacre un chapitre de sa Sommeb à exposer les règles des rapports et des proportions 0 à ceux qui ne sont pas exercés

1. Les Origines de la Statique, ch. VII, § 3; tome I, pp. i34-i^7.

2. Tractatus de sex inconvenientibus, quaest. IV : Utrum in motu locali sit certa formanda velocitas. Bibl. Nat., fonds latin, ms. n* G55ç), fol. a8, col. c; ms. n* 6527, fol. i58, col. c.

3. Suincet De primo motore, Differentia VIT, cap. I. Bibl. Nat., londs latin, ms. n* 16621, fol. 76, r°.

U. Joannis de Dumbleton Summa, Pars tertia, capp IV" et V. Bibl. Nat., fonds latin, ms. n* 16146, fol. 27, col. a, à fol. 28, col. a.

5. Joannis de Dumbleton Summa, Pars tertia, Gap. VI"; ms. n* 161 46, fol. 38, col. a; ms. n" iG6ai, fol. ii4, v°.

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en Géométrie, afin que, par «les procédés grossiers et sensibles, ils pénètrenl la vérité e( en voienl la cause. » Notre auteur applique La loi dynamique formulée par

Aiistote, Avcrroès et Bradwardine, à la solution de certains problèmes, celui ci par exemple1 : Un mobile se meut en un milieu uniforme et invariable sous l'action dune puissance qui croît avec une vitesse uniforme; quelle est la loi selon laquelle varie la vitesse de ce mobile? » Aux problèmes de cette sorte, les maîtres de l'École d'Oxford vont s'appliquer avec passion.

Le mystérieux Calculateur, Hiccardus de Gblymi Eshedi, prend pour certain le principe posé par « le Vénérable Maître Thomas Bradwardine» 3. Hors Aristote et Averroès, c'est le seul auteur dont il prononce le nojm. De ce principe, il déduit une longue suite de règles 3 sur la variation de la vitesse d'un mobile lorsque l'on fait croître ou décroître la puissance sans modifier la résistance, ou lorsqu'on fait varier la résistance sans modifier la puissance; l'influence exercée sur la grandeur de cette variation par les valeurs initiales de la puissance et de la résistance est, de sa part, l'objet d'une attention particulière.

Ces règles, formulées par le Calculateur, nous les trouvons, presque textuellement reproduites, et suivies de curieuses applications à des problèmes théologiques, en un fragment^ dont notre étudiant parisien avait gonflé son cahier de notes de Philosophie.

Ce fragment ne porte aucun nom d'auteur; mais peut-être pouvons-nous deviner comment celui qui nous l'a conservé en avait eu l'original.

Notre étudiant, en effet, transcrit5 « quelques indications qui sont nécessaires pour comprendre les dires des Anglais », et il nous apprend6 que « ces renseignements, nécessaires pour

i. Johannis de Dumbleton Summa, Pars tertia, Gap. XI"; ms. n* i6i46, fol. 3o, col. b; ms. n* 16621, fol. 119, v°.

2. Subtilissimi Doctoris Anglici Suiset Calculationum Liber; éd. Paduae, ca. i48o; col. c du troisième folio (les folios ne portent ni pagination ni signature).

3. Suiset Op. laud., Cap. XIV : De motu locali ; éd. cit., fol. 53, v° seqq.

!i- Bibl. Nat. , fonds latin, ms. n* 16621, fol. 52, r° et v<>, et fol. 65, r° et V.

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