‹ Études sur Léonard de VinciChapitre 87 sur 127 · Ms. cit., fol. 4o, v · texte numérisé non relu

Ms. cit., fol. 4o, v

ment ou presque entièrement recopiées par notre étudiant de Paris, sont celles qui doivent surtout retenir notre attention. Là sont étudiées les trois espèces de mouvements que reconnaissait la Physique péripatéticienne : le mouvement d'altération, le mouvement d'augmentation et le mouvement local. L'examen de ces trois prédicaments en lesquels le mouvement est possible était déjà l'objet principal du Tractatus proportionum d'Albert de Saxe, avec lequel les trois différences dont nous venons de parler offrent, parfois, quelque analogie. La huitième et dernière différence traite également dune question qui a grandement occupé Albert, celle des maxima et minima in quod sic et in quod non ' ; mais en cette question, elle n'apporte pas le souci d'extrême rigueur et d'extrême précision dont se piquait le Maître parisien.

C'est en la cinquième différence, consacrée à l'intensité des formes et au mouvement d'altération, que Swineshead examine les propriétés de la latitude uniformément difforme2. Une telle latitude doit elle être évaluée à l'aide de son degré moyen ou de son degré extrême? Il ne peut y avoir d'hésitation, lui semble-t-il, qu'entre ces deux suppositions : « Igitur conclusio sequitur : Ista intensio vel remissio latitudinis pênes gradum médium vel extremum intensionis opportet altendi. » Mais, poursuit-il, elle ne peut être évaluée par son degré moyen, car alors toutes les latitudes uniformément difformes qui ont même degré moyen seraient égales entre elles. C'est donc par son degré extrême qu'elle sera mesurée.

Cette solution s'autorise évidemment, en l'esprit de Swineshead, de l'opinion, émise par Bradwardine et adoptée par Albert de Saxe, selon laquelle la vitesse d'un corps animé d'un mouvement de rotation, c'est la vitesse du point qui se meut le plus vite. Cette opinion, Swineshead la fait sienne3; il déclare que la vérité en apparaît suffisamment à qui lit un certain chapitre du traité intitulé De proportionibus.

En sa discussion sur le maximum et le minimum, il

i. Léonard de Vinci et les deux infinis, II: L'infiniment petit dans la Scolastique (Études sur Léonard de Vinci, IX; seconde série, pp. 26 seqq.).

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