‹ Études sur Léonard de VinciChapitre 93 sur 127 · Bibl. Nat., fonds latin, ms. n° 6559, fol. 194, V · texte numérisé non relu

Bibl. Nat., fonds latin, ms. n° 6559, fol. 194, V

DOMINIQUE .s<»n> il LA BCOLASTIQU1 PARISIEttll r\~'\

Quinta qasestio : t trum cselum possii suo motu et lumine infe* riora corpora transmutare,

Qusestio sexta : Utrum corporù gravia et levia in suis motibus requirant médium,

Quxstio septima : Utrum omnc roi-pus naturelle habeat locum naturalem.

Quœstio oc lava : Utrum tempus si/ conseillions motum.

Qasestio nona: Utrum le ni pus sit numerus motus secundum prias et posterais.

Quœstio décima : Utrum motus reperiatur in tribus generihus tantum.

Quœstio undecima : Utrum omnis motus sit de contrario in contrarium.

Gomme nous l'avons dit en l'article XXI, les deux textes manuscrits que nous avons eus en main sont incomplets; l'un1 ne contient que les quatre premières questions; l'autre3 présente, en outre, le commencement de la cinquième question.

C'est la quatrième question qui va, un instant, retenir notre attention.

Le second article est consacré à l'examen de ce problème qui a préoccupé presque tous les Scolastiques d'Oxford : Que faut-il entendre par vitesse d'un corps animé d'un mouvement de rotation? L'auteur du Traité des six inconvénients énumère les diverses opinions émises avant lui. Il cite, en particulier, l'opinion de Magister Ricardus de Versellis ou de Uselis : La vitesse du rayon d'un cercle ou d'une portion de ce rayon, en une rotation autour du centre, c'est la vitesse du point milieu du segment qui tourne. Mais il ne regarde pas cette opinion comme démontrée par le maître qui la propose; il lui préfère la position prise par Maître Thomas Bradwardine en son Tractatus de proportionibus : La vitesse du corps animé d'un mouvement de rotation, c'est la vitesse du point de ce corps qui se trouve le plus éloigné de Taxe.

La solution que l'auteur du Traité des six inconvénients a donnée de ce premier problème contraste avec celle qu'en son

i. Bibl. Nat.. fonds latin, ms. n° 6527. 3. Bibl. Nat., fonds latin, ras. n* 6559.

troisième article, il va donner de cet autre problème : « La vitesse de tout mouvement local uniformément difforme est-elle équivalente à son degré moyen? »

Celui qui voudrait saisir la différence extrême qui distingue, à cette époque, la Logique d'Oxford de la Logique de Paris ne pourrait rien trouver de plus propre à son objet que la comparaison entre ce que le Tractatus de sex inconvenientibus écrit de ce problème et ce que le Tractatus de difformitate qualitatum en a dit. L'argumentation du premier de ces traités n'est qu'un pitoyable entassement de sophismata. Elle prend pour point de départ ce prétendu dilemme1 : « Si la vitesse de tout mouvement local n'est pas équivalente à son degré moyen, elle est équivalente à son degré le plus intense. » Par une accumulation d'inconvenieniia, elle rend intenable la seconde position, et elle en conclut que la première est la bonne.

Cet auteur donc, venu après Guillaume Heytesbury, n'a fait faire aucun progrès à la démonstration de cette proposition2 : « En tout mouvement uniformément difforme qui commence au degré zéro et croît sans cesse, l'espace parcouru pendant un certain temps est égal à celui que ferait parcourir, pendant le même temps ou pendant un temps égal, son degré moyen de vitesse. » Bien au contraire ! Les semblants de démonstration des Dubla parisiensia ou de Jean de Dumbleton, pour insuffisants qu'ils fussent, offraient aux yeux, toutefois, un reflet de vérité; ce reflet, on le chercherait vainement en l'obscure dialectique du Tractatus de sex inconvenientibus.

E. L'opuscule intitulé: A est unum calidum.

L'auteur du Traité des six inconvénients avait pu lire le Tractatus de Jîguratione intensionum de maître Nicole Oresme; l'avait-il lu en effet? Si oui, il avait tiré si peu de fruit de cette lecture que rien, en son écrit, n'en garde le souvenir. Mais l'École d'Oxford va nous présenter d'autres ouvrages où

i. Bibl. Nat., fonds latin, ms. n° 655g, fol. 38, col. c. 2. Ms. cit., fol. 39, coll. a et h.

DOMTTfIQUI BOTO n LA COLASTIQU1 PÀR1SIWH1 kjû

l'influence de Nicole Oresme a laissé une marque recon aaissable.

En un manuscrit conservé à La Bibliothèque Nationale1, un certain Jean a réuni quelques uns des traités les plus célèbi sur les Sophismaia; les Sophismata d'Alberl de Saxe occupenl le début du recueil ; puis \ iennenl les Sophismata de Cl) melon : la copie de ces derniers a été achevée le lundi de La Septua gésime de l'an MCCCLXXXIX1 sic). \. ces copies, probablement faites à Paris, Jean a joint un cahier, venanl sans doute d'Oxford et écrit, comme le d'il la table qu'il a mise à la fin de son œuvre3, in littera anglicana veteri; ce cahier contient les trente premiers sophismes d'IIeytesbury ; les deux derniers ont été transcrits par Jean.

Or, immédiatement après les Sophismata de Clymeton et avant les Sophismata d'Heytesbury, cette collection nous présente3, transcrite de la main de Jean, une suite de vingtdeux sophismes. Aucun nom d'auteur n'est joint à ce traité qui ne porte point de titre; il commence d'emblée par cet énoncé du premier sophisme : « A est unum calidum per totum qaod per horam alterabitnr e gvadu unijormi, et tamen per illam [horam] née alterabitnr nniformiter qnoad tempns nec qnoad partes snbjecti. » Les premiers mots de ce premier sophisme servaient de titre à la collection tout entière, comme en témoigne ce proposa par lequel Jean termine sa transcription: « Explicil iste liber qni intitnlatnr A est nnnm calidnm. Deo gratias. »

Ce recueil de sophismes est un parfait modèle du genre de Logique qui était en vogue à l'École d'Oxford; les calculationes les plus chicanières n'y sont que trop fréquentes.

Le vingt-deuxième et dernier sophisme est ainsi formulé 5:

« In aliquo instanti, extremo rémission [snbjecti] correspondent gradns snmmns caliditatis; et, immédiate ante illnd instans, terminabitnr latitndo caliditatis ad non gradum. »

1. Bibliothèque Nationale, fonds latin, ms. n° i6i34 (ancien fonds Sorbonne, ms. n° 848).

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