‹ Études sur les arts au moyen âgeChapitre 34 sur 61 · CroHkat de CastlUa; CronUa de don Pero fiino, p · texte numérisé non relu

CroHkat de CastlUa; CronUa de don Pero fiino, p

L'naage des donjons s'e»t conservé jusque dans les forliScations da xn* siècle. On en voit an exemple assez curieux à la tour de Clansayes (Drdœe), où l'on peut remarquer la forme bizarre de la coàstruclîon, dont le plan varie & chaque étage, et le système des meurtrières (pour des armes & îea)f beaucoup plus compliqué que réellement eflicace.

La plupart des châteaux et sartont des donjons renferment des souterrains plus ou moins vastes et qui avaient des destinations différentes. Le plus grand nombre servait de magasins; quelques-uns recevaient des prisonniers; d'antres, enfin, dùbonchant à une assez grande distance du ch&teaa auquel ils appartiennent, paraissent avoir foumi, dans quelques localités, un moyen de communiquer secrètement avec la campagne, et de quitter le chûteau, lorsqu'il était devenu impossible de le défendre. Froissart fournit quelques exemples de faits semblables. On voit, dans les ruines du château do Chinon, quelques galeries auxquelles on peut attr+ buer la même destination.

Nous n'avons rien à dire des caven oa magasins souterrains qui ne présentent que les dispositions usitées dans rarchilecture eivile.

L'ARCHITECTURE UILIT&IRB. 275

Quant aux cactiols, on remarquera quelquefois avec quels rariinemenls barbares on privait le pri^ sonnier de lumière et presque de tout moyen de renouveler l'air. Il y a des cachots qui ne reçoivent l'air que par des tuyaux étroits, souvent coudés dans leur trajet, soit pour rendre les évasions plus diCTicites, soit pour empêcher que la lumière ne pénétr&i quelques moments dans la demeure du captif, La prison de Louis Sforce, dans le château de Loches, ne reçoit de jour que par un corridor qui l'isole du mur de la forteresse. Des fers, des bancs de pierre, des ceps où l'on engageait, dit-on, les jambes des prisonniers, se rencontrent parfois dans ces horribles lieux.

C'est encore dans les souterrains des chftteaus ou du moins dans les salles basses, qu'on interrogeait les détenus et qu'on leur donnait la question. Souvent, une salle a été destinée particulièrement à cet usage, et l'on en voit encore une au château des papes, â Avignon, dont le nom, la Veille, rappelle l'instrument de torture qu'elle renfermait. Toutefois, nousdevons avertir nos lecteurs de se tenir en garde contre les traditions locales qui s'attachent aux souterrains des donjons. On donne trop souvent des couleurs atroces au moyen âge, et l'imagination accepte trop facilement les scènes d'horreurs que les romanciers placent dans

m ETUDES SUR LES AttTS AU NOYEH AGE.

de semblables lieux. Combiea de celliers ou de ma* gasins dn bois n'ont pas été pris pour d'alTrcun cachots! combien d'os, débris de cuisine, n'ont pas été regardés comme les restes des victimes de la tyrannie féodale]

C'est avec la môme réserve qu'il faut examiner les cachots désignés sous le nom d'oublieltes, espèce de puits où l'on descendait des prisonniers destinés à périr de faim, ou bien qu'on tuait en les y précipitant d'un lieu élevé dont le plancher se dérobait sous leurs pieds. Sans révoquer absolument en donle l'existence des oubliettes, on doit cependant les considérer comme fort rares, et ne les admettre que lorsqu'une semblable destination est bien démontrée. Les oabVieUes probables, que nous avons oicaminées, consistent en un puits profond, ménagé dans un massif de constructions, et reontiverl autrefois par un plancher. Quelquefois des portes s'ouvrent vers le haut de ces puits, sans apparence d'escalier ou de machine pour y descendre. Telle est à peu près la disposition des oubliettes qu'on montre dans les ruines du ch&teau de Chinon; la porte donne abruptement sur l'intérieur du puits. Des trous disposés à quelques mètres au-dessus, dans les quatre murs qui forment les parois du puits, annoncent qu'un plancher a existé. On suppose qu'il était percé d'une trappe qu'on pouvail

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faire jouer par la porte. L'usage d'un plan inclina à la base du puils n'est pas facile à comprendre. Au reste, le fond du puils étant rempli de gravois, on ne peut juger, à présent, de sa profondeur.

Peut-être le fond de ce puits était-il formé par un angle aigu, alîn de rendre plus pénible la po- Bition du maliicureax qa'on y descendait, en l'empêchant ainsi de se coucher. C'est an raffinement de cruauté dont on trouve un autre exemple dans les oubliettes de la Bastille.

Nous Tenons d'analyser successivement toutes les parties qui composent une forteresse du moyen &ge ; nous examinerons maintenant d'une manière sommaire l'ensemble de quelques fortiGcalions.

A. — EDC«iDt« fortifiés.

Cité de Carcassonne. Elle occupe un plateau, d'accès très-difficile, au couchant. Elle a deux enceintes : la première (l'enceinte extérieure) est bâtie sur le versant de la colline; la seconde, plus élevée, la commande par conséquent. Les deux enceintes ne se confondent qu'en un seul point, du c6té du couchant, parce que, là, les escarpements naturels paraissaient une défense suflîsanlo. On a placé le chîLtean du même celé, par la même rails

D,r.-,...GoogIe

EOD, et parce qne l'assaillant devait, sniraot toate probabilité, commencer ses attaques da côté opposé. Ce chftteau, tangent aux deux enceintes, peut en être isolé : d'un c6té, il communique ji la ville; de l'autre, à la campagne, par une barbacane. On observera que l'enceinte intérieure de la ville est sensiblement plus forte que l'extérieure, et que ses tours sont beaucoup plus rapprochées ; enfin qu'elle a plusieurs tours fermées, tandis que l'enceinte extérieure n'a que des tours ouvertes à la gorge. La porte principale de la ville (la porte Narbonnaise, du cOté du levant) s'ouvre entre deux fortes tours, liées ensemble, qui forment à elles seules comme une espèce de château indépendant. Une partie de l'enceinte intérieure, quelques tours et leurs courtines, bâties à petit appareil, entremêlé d'assises de larges briques, passe pour être de construction romaine, mais plus probablement elle est l'œuvre des derniers rois visigoths. Le reste de la même enceinte, ainsi que le ch£lleau paraissent apparlenir an xin* siècle, sauf une tour et quelques parties de murailles, qu'on peut attribuer au ni*. L'enceinte extérieure date, snivant toute appa rence, de la an du xin* ou du commencement da xiT' siècle.

L'JlRCHlT&GTURE HILITAIRB,

B. — ChAUiu dépendant d'aue ville.

GhAteau de Fougères. II est bâti dans la parlic basse de la ville. Ici, c'est l'endroit vulnérable de la ville qu'on a défendu par nn château, si toutefois le ch&teau, ou du moins son donjon, n'est pas plus ancien que la ville. Dans l'intervalle des deux remparts de la ville, se trouvent les deux portes successives du château ; on observera que la première est défendue par trois tours, qu'après avoir surmonté cet obstacle on rencontre un pont sur un ruisseau très-encaissé, et que l'ennemi, maître de celte première porte et du pont, n'a encore obtenu qu'un très-mince avantage, car il esl en bulle aux traits de deux tou.''s qui dominent la cour comprise entre les deux portes et défendent spécialement la deuxième. En suivant l'enceinte du château, on trouve la tour de Raoul et celle de Surienne, dont on doit noter les dimensions extraordinaires; elles ont des embrasures pour tes canons et devaient battre, la première, l'espace compris entre le château et la ville, l'autre, la courtine, protégée d'ailleurs par des rochers qui présentent un escarpement très- raide. Ces deux tours réunies protègent un angle saillant de l'enceinte, nalurcllemeni le plus expMé. Elles paraissent de construction relative-

meQtmudcrne. Ensuite vient la maltresse-tonr du donjon, oCi Melusitie, et une porte ou plutôt une fenêtre ëICTëe qui parait avoir eu autrefois un ponllevis pour communiquer à nn ouvrage avancé, aujourd'hui dëlruit. Puis rient la tour du Gobelin, qui forme, avec la précédente, les défenses du donjon, dont la cour est beaucoup plus élevée que la basse-cour. Tout le donjon parait antérieur au reste des fortifications; les deux tours que je viens dénommer remontent probablement au xii* siècle. Le reste du ch&lean parait dater du xiv* au xvi* siècle. La plupart des tours et des courtines du cb&leau proprement dit , appartiennent au XIV* siècle.

Le Louvre. Tour ronde ou donjon isolé au centre de la basse-cour. Trois portes, défendues chacune par deux tours. Bitiments d'habitation disposés le long des courtines llanquées par des tours rondes très- rapprochées. Les tours d'angle sont beaucoup plus saillantes que les autres. Un fossé entoure tout le ch&teau. Petits ouvrages avancés aux abords des ponts. Le Louvre fut commencé par Philippe-Auguste, dans les premières années du XIII* siècle. 11 était tangent à la muraille de Paris, et défendait la ville au couchant.

La Bastille. Son plan forme à peu près un parallélogramme. Huit grosses tours rondes, h base

conique, fort rapprochées, liées eolre elles pardes courtines aussi hautes que les tours; créneaux et mâchicoulis ; fossés avec parapets extérieurs sur la contrescarpe; appartements dans les tours et le long des courtines ; deux basses-cours séparées par un corps de bâtiment. Point de donjon à proprement parler; étages des tours voûtés on portés sur des charpentes; ces dernières doubles, aQn de rendre plus diriiciles les communications entre les prisonniers (disposition moderne); oubliettes, ou cul de basse-fosse, dont le fond est en cAne renversa.

La Bastille futcommencée en 1370.

Ch&teau de Chalusset. Il est sitnë sur une espèce âe presqu'île triangulaire, qui forme un plateau élevé entre deux niisseaax encaissés, et n'est ac cessible que par l'une ou l'autre de ses extrémités, des ruisseaux et des escarpements abrupts protégeant ses flancs contre toute attaque. C'est vers le le confluent des deux ruisseaux que la pente est plus douce et que le terrain s'abaisse le plus. On a pensé que c'était le côté vulnérable de la place, et c'est sur ce point que l'on a accumulé les moyens de défense.

ApFè»avDir francbi le poatqai, sans doute, était fortiâè «RtDe&us, on troore bbc moraïUe contiaue qai amïopfe teat. La plateani ; cette marailk fr»»ehie, on rencontre ime toor carrée, isolée, snc im fosBé profonè. C'est us hnt àéiadié qu'ii fallait emporter aTiot d'attaqaer le cfaiteaa. Ptiiaee présente me muraille qui intereepte Umte conununica» ti«a avec la partie sapérienre da plateau.

Au delà s'offre une antre muraille basse, qai ferme ose espèce de redoute en Eiraut de la povle du chftteau.

Cette porte s'ouvre à gauche de celle de la redoute, et est protégée psr un mauiif épais et par une lonr gui la flanque, en se projetant en avaut du périmètre du plateau. On trouve une première cour, puis une seconde porte. On est alors dans ) 'iatérieur du cbftteaa ; à droite et à gauche sent les b&timenlis d'habitation, magasin», etc.

Ls dtnjon, de Fsrme trës-irréguliëre, est situé dans tm angle de la basse-coiur. U est divûé en deo^ partie» par u» grand mur de rtàero qai s'élève jusqu'au ssmmet. ChaqTve' partie dB ce dânjoii a sfltt eicalier indépendant.

Uh cdté opposé, c'est-à:-âire à la base du triangle fermé par le plateau, le rocher, escavé, préamle pour premier obstacle un large fosié ; derrière^, s'élève une mnmille flanquée de tours très-rappro-

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L'AilCHlTECTUOE «ILÎTAIBB. S83

cbées ; puis vient l'enaàmie inténeure da ohftteui, ^ii reafevme lahafise-oonr.

Bien que b raidenr de» pentes et qoe iBsâeux cuiaaeanx smbteiit mettre le^deax grsnds cdlés in triangle à l'abri de toute attoqoe, les escarpements sent partout bordés de niBra et quelquefois m£me i'emtimte est double.

Le sbètoaii de Chalnsset, aojourd'boi fort raiHé, parait anair été bâti, on do nains trës-a;p-aadi, vers la an ^ xn' siècle. C'est & cette èpoquir qu'on peut apporter toutes ses dispositions prinmpales, relouekéss d'nilburs, coinine il stnble, jusqu'au XVI' et au sni' siècle;

SL — TouN et petit» obâtuntx iioléiv

Le Castéra, près de Bordeaux. Grosse tour car> rëe avec toureDes aux angles. Point de basse-cour; nuls ouvrages avancés. En raison de la largeur de celte tour, on a divisé le rez-de-chaussée par des murs de refend, afin de donner un appui au plancher du premier étage.

Le Castéra paraît dater du xin" siÈcle.

a. — ÉgliEei fortiGées.

Tl existe en France plusieurs églises construites ou disposées de manière à pouvoir au besoin rcce-

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3Si ÉTUDES SUR LES ARTS AU MOYEN AGE.

voir une ganiisoii et soutenir un siège. La plupart ont des fenêtres élevées, des galeries régnant le long des murs et bordées de créneaux et de mâchicoulis. Quelques-unes sont environnées d'une enceinte crénelée, dans l'intérieur de laquelle les habitants du voisinage trouvaient un refuge au moment d'une invasion. Dans l'église de Luz (Hautcs-Pyrënées), on pénètre dans l'enceinte, qui consiste en une forte muraille crénelée, par une porte basse percée dans une tour carrée et défendue par un mâchicoulis. L'église est surmontée d'un clocher fort élevé qui sert à la fois de donjon et de guette. On remarque que les ouvertures de ce clocher sont irrégulièrement pratiquées dans la maçonnerie; chacune regarde un des débouchés de la vallée. A l'approche d'un ennemi, la cloche d'alarme se faisait entendre, et les habitants-de la campagne se renfermaient aussitôt dans l'enceinte avec leurs bestiaux. La cloche de Luz correspondait, d'ailleurs, au moyen de signaux , avec quelques tours élevées dans les montagnes.

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Pour rendre ce iravai! moins inrompict, nous j ioignoDs un exposé Irès-gommaire des opËralion^ usitées au moyen Age pour l'attaqne et la dérease des places.

Avaut le perfectionnement de l'artillerie, il y avait un grand nombre de places imprenables. Tout chateati construit sur des hauteurs assez escarpées pourqu'on n'ypùl conduire dcsmacliincs, tout rcnpart fondé sur le granit, cl, par conséquent, inattaquable nu pic du mineur, pouvait braver ane armée nombreuse el ne cédait qu'à la famine Or, dans un temps où il n'y avait pas d'années penna' nentcs, un blocus rigouraux était difricilc, et, pour l'ordinaire, on se bornait h surveiller une place par des garnisons établies dans les cIiAteaux du voisi-

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2Sa ÉTUDES SUR LES ARTi> AU MOYEN AGE.

nage; elles tâchaient d'intercepler les convois, et elles épiaient l'occasion de tenter une surprise.

Plus on s'éloigne de l'époque romaine, plus la science de l'ingénieur paraît perdre de son importance dans l'attaque et dans la défense des places. Au xiv* siècle, les sièges se réduisent, en quelque sorte, à des escalades hardies, surtout dans le nord de l'Europe, où les traditions antiques s'oublièrent plus vite que dans le Midi; et l'on peut remarquer, à ce sujet que, tandis que Froîssart ne raconte aucun siège mémorable, Âyala décrit avec détail des travaux immenses, et des machines puissantes, employées pour réduire des villes de premier ordre. Les ingénieurs espagnols étaient, pour la plupart, des musulmans, et, jusqu'au xvi" siècle, les Turcs et les Arabes passèrent pour supérieurs auï occidentaux dans la poliorcëtique.

Après avoir reconnu une place, la première opération des assiégeants consistait à prendre et à dé- Imirc les ouvrages avancés, tels que poternes, barbacanes, barrières, en un mot toutes Jesfortiiîcations élevées en avant du Tossé. La plupart de ces ouvrages étant en bois, on les ('émollssait & coups de hache, ou bien on les brûlait avec des flèches garnies d'étoupes soufrées ou de toute autre composition incendiaire

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L'ARCHITECTURE HILITAJRB. 287

Si ie corps de la place n'était pas trop fortifié ponrreadre impossible une attaqnede rive force, on tentait anssitdt l'escalade. A cet effet, on comblait le fossé avec des fascines, ou l'on y descendait arec des échelles qn'on dressait ensuite contre le rempart. Cependant des archers écartaient à conps de flèches les défetisears des plates-formes et des fenêtres. Les soldats chargés de ce service portaient de grands boucliers, nommés pavois, souveul terminés & leur extrémité inférieure par une pointe de fer qui permettait de les ficher dans le sol. k l'abri de ces boucliers, les gens de trait, postes sur le revers du fossé, proti^gcaient les soldats qui montaient h l'assaut. A défaut de pavois, on se servait de planches, souvent de portes enlevées aux maisons du voisinage. Il était rare que les archers s'exposassent à découvert aux décharges de l'assiégé. Les arbalétriers surtout, qui bandaient leurs arcs au moyen d'un appareil assez compliqué et exigeant du temps pour mettre l'arme en état de tirer, avaient besoin d'être bienpat>âscAtVj(coaverts de parois), selon l'expression de Froissart. Dec. parapets portatifs en bois, nommés manielets, étaient employés au même usage.

Si le siège tirait en longueur, l'assiégeant protégeait ses approches par des ouvrages en bois, en terre et même en pierre, assez élevés ponr permel-

tre à ses archers de plonger sur les plates-formes de la place investie et Ae tirer d'en haut avec avantage sur ceux qui les défendaient. Des tours en bois h plusieurs étages étaient montées pièce k pièce au bord du fossé, ou bien on les construisait hors de la portée des machines de l'ennemi, et on les faisait avancer sur des ronleanx jnsqu'au pied des murailles. An siège de Toulouse, en 1318, Simon de Montfort fit fabriquer une semblable machine, qui, si l'on en croit l'auteur du pogme des Albigeois, suspect d'exagération, il est vrai, devait co.itenir cinq cent cinquante hommes.

Yeu fis fer nna gaU...

Qii«lb «oler e loa alat, el irau, e1 cabiron, Elb |>oriat e lat voûtas, el liai, el estaon. Son de fer e d'acer tuit lasiat enriroD.

Quatre eem cavalier deli millor c'ab noi eoo, Ceate L arquier camplitB de garnlBOn Mellrai ioi on ta gala,

1 Je Terai faire une chatte, dont les planchers, les câtës, les poutres et les chevrons, la porte et les voâtes, les balcons et les parapets seront de fer et d'acier tout à l'cntour garnis. Quatre cents chevaliers, des meilleurs que nous ayons, cent cinquante archers pour garnison complète, je les mettrai dans la ekatte. o

Le nom roman de gâta, chatte, donné à cette

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macbiDe, est une allusion à la ruse et à l'adresse dn chat pour saisir sa proie. Dans le nord de la France, ces tours sont désignées sous les noms de chats, chileaux, breteschea, belfrois. L'auteur de la GhniQiquc en rers de Bertrand Du Guesclin appelle de ce dernier nom la tour que les Anglais Tirent con&truire au siège de Rennes en 1336.

Ud grand belfroi de boii orent (ait churpenter Et le Qreat ti dont i Resoes ameuer, Jusque près des fosiés ils le Qreat Iratsner Si belfrois lai moult haut quant te Hrent lever; Oraude pleatA de gent jpooit bien entrer.

Quaud les traits lancés dés étages supérieurs de ces tours avaient chassé les assiégés des platesformes, on abaissait un pont sur le rempart, et le combat s'engageait alors main à main.

L'assiégé, pour empêcher ou retarder l'approche de ces redoutables machines, lançait contre elles des pierres énormes et des traits enflammés; quelquefois, il minait ou inondait le terrain sur lequel ell.3 devaient rouler, en sorte qu'elle se renversassent par leurp ropre poids. On a vu, par les vers romans cités plus haut, que des ferrures multipliées paraissaient sufiQsantes pourgarantirlesbciTrois du choc des projectiles. On les recouvrait de peaux fraîchement écorchées et enduites do glaise pour les préserver du fou; enfin, on sondait et on nive-

MO ETUDES sua LES ARTS AU MOYEN AGE. Uit Boigoeueemenl le terrain qu'eUes devaient parconrrr JDsqa'aa pied des remparts.

Leetonrs roolantes avaient pour bat d'amener rapidement l'asBaillant sur la crête des marailles. On employait encore, ponr rédnrre les places, la tape, la mine et des niachioes.

Des mineurs armés de pics descendaient dans le fossé, sous la protection d'un coi^ d'archers. Un toit incliné, composé de madriers épais ou bien de mantelets, les mettait b l'abri des projectiles qu'on lançait sur enx do haut des courtines. Sons ce toit, ilii travaillaient à percer la muraille en arrachant pierre à pierre, jusqu'à y faire un trou assez large pour que plusieurs soldats pussent 7 pénétrer à la fois.

On sent que l'assiégé, voyant de qoel cOté l'en- .nemi dirigeait ses efforts, cherchait h. réunir sur oe point tous ^e moyens de défense. Tantdt il tftchait d'écraser lesmantelets sous le poids de grosses pieires; tantôt, en construisant un contpe-mtir, il -«tardait indéfiniment les progrès des travail

Lesmines ivriient cet «rantage sirr la sape, 'que l'aBsiégeaiit, n'ètanlpas en-vue, pouvait 'srrrprandre Bon ennemi.

A cet effet, on creusait, à quelque distance de la place assiégée, une galerie souterraine que IVn

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poussait jusque«ous les fondations des remparts et surtout des tours. A mesure que la galerie se creusait, 811 soutenait les terres par des blindages. Arrivé sous les fondations, ou les ëtançonuait avec des madriers, en sorte qu'elles ne se soutinssent plus que sur cette charpente. Alors, on disposait, autour des étais, des sarments et des matières inflammables où l'on mettait le feu. Les étais consumés, les murailles s'écroulaient, oiïrant à l'assaillanl une large brëcbe sur laquelle il s'élançait anssitât.

Cette opération ofTrait, on le sent, de :grAndes ditfîcuUés ; d'abord, pour dérober le travail à l'assiégé, que pouvaient alarmer le bruit des pioches, l'enlèvement des terres ou les oscillalions mêmes des murailles minées. On voit cependant, dans Âyala, que les ingénieurs de Henri de Transtamare, en 1366, parvinrent à miner une lour.de Tolède, sans £tre découverts; mais leurs étais avaient été mal disposés, et, qu^id ik les eurent i)nllés, la tour demeura debout ' .

Les Anglais employèrent la mine tout aussi i»ntilement au siège de Rennes, en 1356. Le gouverneur de la place découvrit le lieu oi!i travaillaient Ub mineurs, en faisant placer, en différents on-

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