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292 fiTUDBS SUR LES ARTS AU HOVBN AGIS, droits de ta ville, des bassins de métal avec une balle dedans. L'ébranlement causé par les coups de pioche, faisant remuer la balle et résonner le bas* sin, révélait la présence de t'eanemi.
Là fl[ li To» Bailaui commandes A htmt loa Qua chucnn til pendre uog bacÎD eu w maiton.^ Et par iceui baclns entcndinat la ion LA ou Ik miae ibtil, et pu ce le acùt-on.
[Clinn. de Dtt GueteUii, v. 1183.)
Le travail lent et pénible du mineur était remplacé avec avantage par l'action plus énergique de machines destinées k renverser les murailles. Ces mactiines, d'ailleurs très-imparfaitement connues, paraissent empruntées aux anciens ; et il est Traisemblable que les ingénieurs du moyen âge avaient conservé maintes traditions qui se sont perdues depuis. Alors même qu'on fait la part de l'exagération naturelle à de s auteurs étrangers ordinairement à l'art de la guerre, on ne peut méconnaître la puissance formidable des engins en usage avant l'invention de la poudre. Pendant les guerres des guelfes et des gibelins aux xii' et XIII* siècles, notamment au siège de Crème en 1159, d'Alexandrie en 1175, de Modène en 1249, on vit des tours renversées par le choc des pierres lancées contre elles; et des auteurs dignes de foi attestent que les &na}/ej jetaient, àde grandes
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L'ARCHITECTURE UILITAIRE. S93
distances, des quartiers de roc assez gros pour servir de fondations à des édilîces. Les Bolonais, au siège de Modène, lancèrent par-dessus les remparts, jusqu'au milieu de la ville, un âne mort, ferré d'argent. La fontaine où l'animal tomba existe encore et porte le nom de Fontana âell'Asino.
Essayons, au moyen de quelques rares monuments et des descriptions que nous ont conservées quelques historiens, de reconstruire ces machines que la puissance plus terrible de la poudre a fait rapidement oublier. On peut les diviser en deux classes : les unes destinées à battre en brèche de près; les autres k opérer à une dislance plus ou moins grande des murs d'une ville assiégée.
Le bélier parait avoir été connu de toute antiquité. Les monuments de Ninive en donnent une représentation, et on le retrouve, au moyen âge, sous un grand nombre de noms dilTérenls, parmi lesquels on remarque celui de chat ou de chatte, mot générique comme il semble, applicable à toutes les machines servant à prendre des places.
L'auteur anonyme de la chronique des Albigeois le décrit sous le nom de bouon, et les vers suivants expriment assez bien les effets de cet engin et les moyens employés pour le combattre :
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2!>t ÉTUDES sua LES ARTS KU HOYEN AGS.
A la MUiU Pasqua e> lo bossos laDduti, Ques be loues a ferratz e a<ireitz e aguU; Tan fer a trenca e briia que lo murs es fonduli.., AnafeiroD lati de corda qoea ab l'eageah tenduti. Al quel cap del boaao fo prM a rel«D$uU.
< A la sainte P&ques, le bossoD est mis ea batleria; il est loag, ferré, droil, aiguisé; tant frappe et iraoche et brise, que le mur est eafoa<è; mais ils firent un lacs de corde tendu par un eojfiD, et dans ce nœud ta léte du bosson est prise et retenue. »
Le bélier est tme longue poutre suspendue par son milieu à un cbevalet. Le cdlë^ tourne yers le mur, contre lequel il agît, se termine soit par une chape de fer , soit par une pointe aiguë. Cette poutre, mise en mouvement à force de bras et heurtant sans cesse une muraille, disjoignait les pierres et les renversait, ou bien les brisait les unes après les autres jusqu'à faire nne brèche. Quelques manuscrits reprfsefil«nt la tête de l'instrument terminée par deux oa plusieurs pointes, et il parait qu'après avoir choqué contre la muraille, on imprimait quelquefois à. la poutre un mouvement de rotation sur son axe; elle opérait alors comme une tarière et perçait un trou dans les pierre» déjà fendues par les premiers chocs. Lorsque des circonstances particulières ne permettaient pas de sus-
L'AIU:iIITECTURE UILII&IBE. ÎSS
pendre le bélier, on le disposait sur desToues et on battait les murailles, en le faisant allâmativement rouler en avant et ea arrière.
De leor côté, les assiégés faisaient leurs efforts pour rompre la tête ferrée da bélier, en lançant dessus des pierres ou de grosses poutres, ou bien, comme on l'a va dans les vers précédents,, eu. la prenant dans un nœud de cordes. Ua puissant, le* vicr et un système de contre-poids enlevaient alors le bélier et le rendaient inutile. QtiËlquefois„aalui opposait un épais matelas sur lequel se& coups venaient s'amortir.
Si les murailles n'avaient qu'une ëpaisseiu- médiacre, on ne prenait pas la peine de dresser un chevalet ou des plates-formes pour mettre le bélier en batterie. Une longue poutre, portée, par. plusieurs bommes, qui la poussaient tous ensemble contre le mur, suHisait pour faire brèche. Froissartnou& fournit un exemple curieux de ces béliers, improvisés au moment d'un assaut.
Le comte de Hainaut, après nnaatlaque infructueuse contre la forteresse de Saint-Àmaades, réunit des chevaliers : • Adonc fut là qui dit : — • Sire, sire k cet endroit ici ne les aurions jamais, > car la porte est forte, et la voie étroite; si couste- » roit trop des vostres à conquérir: mais faites ap- » porter de grands mairains ouvrés en manière do
I pilot, et heurter aux murs de l'abbaye. Nous vous
* cenilions que par force on la pertuisrra en plu-
■ sieurs lieux, et, si nous sommes en l'aljbaye, la
■ ville est nostre, car il n'y a point dentre-deun
■ entre la ville et l'abbaye. •Adonccommanda ledit comte qu'on Tit ainsi comme pour le mieux on lui conseillait, et pour la tost prendre. Si quist-on grands bois de cbesne, et puis furent tantosl ouvrés et aiguisés devant ; et si s'accompagnoient à un pilot vingt ou trente, et s'écueilloient, et puis boutoient de grand randoa contre le mur; et tant boutèrent de grand randou et si vcrtueusemeot, qu'ils pertdisërent le mur de l'abbaye *. i
On comprend qae cette manière primitive de battre en brèche, qui pouvait réussir contre l'enceinte d'un couvent, ne pouvait être employée avec succès contre les remparts épais d'une place de guerre.
Les machines destinées h lancer au loin les projccliles sont décrites sons des noms différents, entre lesquels il est aujourd'hui à peu près impossible de dècouvrirdcs différences de forme et d'usage. Noos n'essayerons pas d'établir des distinctions entre les picrriers, les bricoles, les mang anneaux, les espringales, les aquerelles, les trauchs, elc, Toutes CCS machines semblent correspondre h la catapnlla