‹ Études sur les arts au moyen âgeChapitre 59 sur 61 · ALBUM DE VILLARD DE HONKECOUHT · texte numérisé non relu

ALBUM DE VILLARD DE HONKECOUHT

singes, qui pouvaient servir à faire connaître t'analomie de l'homme; car, au second siècle de noire ère on n'eût pas opéré sur un cadavra humain sans grand scandale. C'esl, je crois, par suite d'un préjugé semblable que les artistes du xin^ siècle ont négligé presque complètement l'étude du modèle nu. En effet, le moyen d'expliquer autrement que par un préjugé religieux, comment des sculpteurs et des peintres, qui ont si bien réussi à rendre des draperies et même des têtes d'un caractère élevé, ont presque toujours éclioué dans l'imitation des formes du corps humain? Villard, par exemple, agence ses draperies de la manière la plus noble, et souvent même ses têtes ont de l'expression, tan 's que les bras et les jambes de ses personnages sejiblent dessinés par un enfant. On conçoit de quelle ressource était la statuaire antiquepourdeshonimes avides de s'instruire et privés demodèles.Etcen'estpas seulement l'album de Villard qui nous offrira la preuve de ces imitations de l'antique. Plusieurs des figures sculptées au portail de la cathédrale de Reims pourraient être citées, ' aussi bien que le Christ du portail de Charroux, qui semble copié d'après un Jupiter.On peut voir àParis, au tympan du transept méridional de la cathédrale, un guerrier qui assiste au martyre de saint Etienne: ei le galbe de cette statue ne surfisait pas à révéler

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une imitalionde raotiqae, son costume militaire, qui n'a rien da moyen ige. monlrerait où l'on doit chercher son prototype. Il ne faut pas perdre de Toe qu'au xiii* siècle nos villes du Nord possédaient beaacoQp plus de fragments antiques qn'elles n'en conserrent anjoard'hui. Combien c'en arons-nous pas vu nons-mêtnes qui n'existent pinsi

J'ai dit en commençant que l'album de Villard contenait an assez grand nombre de mots techuiques jusqu'alors inconnus. Réunis à la fln du volame, ils forment on Tocabnlaire assez considérable et des plus intéressants, La linguistique est redevable h MM. Quicherat etLassus d'avoir fixé le sens de ces termes, et presque toujours leur -traduction est parfaitement incontestable. Elle sera du plus grand secours pour l'intelligence d'une foule de documents sur lesquels se porte, depuis quelque temps, l'attention des érudils. Qu'il me soit permis cependant de présenter mes observations, ou plutdt ' mes doutes, sur deux passages du texte de Villard, que ses commentateurs n'ont pas traduit, ce me semble, avo: une complète exactitude.

La planche II représente douze figures assises, couvertesde longues draperies, et tenantdes phylactères. Elle est accompagnée de cette légende : Ci poiet tôt trover les agies des XII apostres assis.

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