Égliae d'AntlIau
2. Il faut se rugipcler i]D*alor« le* rirédlcatcars et le« scolpleun appartenaient souvent au même coûtent. Plusteura moi-
ESSAI Sun L'ARCniTECTURB RELICIEUSB. 20
Ënûn il n'esl pas innlile de faire observer le grand nombre d'animaux réels oa tantaslîqaes originaires de l'Orient qui figurent sar ces bas-retiefs. Ce sont, je crois, autant de souvcntra des pèlerinages qui formaient alors le texte de tous les récits populaires*.
L'emploi des compositions de bas-reliefs représentant des êtres animés h ta décoration des chapiteaux, que pour cetle raison ou nomme kistoridi, bien que très-répandu, nefut pourtant point général ; quelques provinces, celles de l'Ë^t surtoal, en ont usé sobrement. En Alsace, un chapileau historié est une excepLion , tandis que, dans le centre et le midi de la France, c'est une forme presque constante.
Concurremment avecies chapiteaux hisioriOs, on en voit d'autres ornés de feuilles fantastiques, toujours variées d'espèce, mais ollrant presque lontei dans leur corbeille le galbe du chapiteau corin- Ihien. Je ne connais guère qu'un seul chapiteau dont le profilsoit tout à fait propre au moyen flgc, du moins je n'ai jamais vu son analogue dans le Bas*
Des ae rendirent célèbres par leurs Uleuu dans Ior arl« auG«) bien qoe pat- leur élociueoce.
1. A Veielny, par eiempla, on Toitde» chamoaui, il»t lions; i Sajal-Sauveur de Nevers, des éléiilinnts, descIroinadHireii,etc; preBilufl partout ta fameuse Simorgae, si célebrs dana les coules orientaux.
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Empire. C'est le chapiteau cubique de l'Alsace et des bords du Rhin. C'estun tjpeconslant dans ces pro- Tinces pendant toute la durée de la période byzantine *. Une remarque fort importante que je ne dois point oublier ici, c'est qu'à la mode du chapiteau historié, même dans les provinces où etlefatle plus en vogue, succéda, vers la fin du sn* siècle, celle dnchapiteanàfeuillages fantastiques, laquelle régna presqueexclusivementpendant toutel'époque de transition *.
Je yieos de passer en revue les détails, et, si je puis m'exprimer ainsi, les membres de l'architecture des m* et xii* siècles; je vais maintenant essayer d'apprécier le caractère de son ensemble. — Je suppose qu'un voyageur absolument étranger à l'étude de l'architecture entre dans une église comme il y en a tant en France, commencée dans un style et Qnie dans un autre, ayant par exemple, une nef du XI* au xii" siècle, et un chœur du xiii* auxiv'. L'impression générale qu'il recevra de ces deux parties sera toute différente; pourtant, s'il vient à
1. Sainte-Marie du Capitole à Cologne ; Rosheim et Maurmoatier (Bas-Rhin).
2. On suit comme pas à p*s ce(t« transition dans la nef de Saint-Julien au Mans. Les bas cAtéa du ii* siècle ont des chapileftni blstoriés ; la grande nef du su' a dea chapileaui A feuillages, parmi lesquela on en voit deux ou trota qui oSrenl de petites Rgurines sortant de l'aisselle dea feuilles. Ce iné~ lange offre les deroiera souvenirs du chapiteau hialorié.
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ESShI SUR L'ARCniTBCTURE RELIGIEUSE. 31 comparer lenrs détail?, il n'en pourra point d'abord saisir aussi facilement la dissemblance; car je suppose qn'il ne connaît point les naanccs d'ornementalion, d'ailleurs fugitives, dont l'habitude de l'observation permet d'apprécier la date au premier coup d'œil . Des deux ciïtés, il verra des colonnes groupéesen faisceaux, des chapiteaux de feuillages, nue riche ornementation, ane sculpture finie et minutieuse. Cependant, il emportera l'idée que la nef et le chœur ne datent point du même temps. Il est même impossible qu'il ne fasse pas cette remarque, savoir, que la nef offre l'apparence de la solidité, qu'on a même sacriRé à cette apparence et qu'on l'a exagérée, tandis que te chœur lui semblera d'une surprenante légÈreté, et, partant, il seracondait à croire que cette légèreté a été systématique.
Dans celte diiïêrence d'impression, je trouve, en dernière analyse, un jugement plus sûr que celui qu'on ferait porter uniquement sur certains détails, dans lesquels plusieurs antiquaires ont fait résider toute la différence entre le style byzantin et celui qni lui a succédé et que l'on nomme commonément gothique. En effet, toutes les parties de la construction gothique, on pourrait les retronver dans la fabrique byzantine; les détails d'ornementation offriraient même, dans bien des cas, des tnalogies frappantes.
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32 ÉTUDES SUn LES ARTS AU UOTEN KGB.
Apparence de solidilé d'une part, apparence de Kgfircté de l'autre, voilii des caracl^es qui ne pcuvenL se confondre. Je me hilte de les développer. A la première vue d'uno église romane, on est frappé de sa largeur comparée ti sa hauteur. Sur ce point, il serait inutile de formuler une règle mathématique ; mais, si le rapport de ces dimensions est variable quant an\chiITres, l'apparence d'une large base est constante. Ni les voûtes ni les arcades ne sont fort élevées. Toujours remarquablement épais, les murs sont encore renforcés de conlre-forls, dont les dimensions s'accroissent arec la hauteur du monument. Si l'on examine la masse, 0:1 observera la prédominance des parties pleines sur les vides. Ainsi les fenêtres n'occupent, dans chaque travée, qu'une fort petite place, et lenr ouverture est encore rétrécie par des colonnes qui leur servent de chambranle ou les divisent par le milieu. Les colonnes sont fortes, souvent trapues, les piliers massifs, et les colonnes engagées qui montent te long des murs de la nef jusqu'aux retombées des arcs doubleaux, peuvent, en raison de leur importance, passer pour de véritables contreforts intérieurs.
I^ludions les mêmes parties dans une église gothique; nous remarquerons d'abord, à l'eslérieur, la hauteur de sa façade et l'élancement de toute
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ESSAI SUR L'ARCUlTECTUne RELIGIEUSE. 33
la construction ; \ l'intérienr, l'élôvalion des arcades, celle des voûtes pour ainsi dire suspendues sur de minces colonoetlcs. Au lieu do ces piliers lourds et robustes, nous Tcrroos des piliers éleréi dont le diamètre rëet est déguisé par leur plan en étoile, et par la multiplicité des colonncttcs grêles qui les composent. On peut comparer les premiers à un tronc de chêne, les seconds à un faisceau de roseaux légers. Les fenêtres, tout k l'heure si étroites, occupent maintenant tout le haut de la travée, et les meneaux qui les divisent sont si longs et si minces, que, loin de paraître ajoutera la solidité de l'arc qui les surmonte, on conçoit & peineqa'ils résistent h l 'effort du vent. Au-dessus des premières arcades ri'gne une galerie, non pins sombre comme dans les églises romanes, maïs ouverte à jour des deux cûlés, en sorte qu'on dirait que toute la partie supérieure de l'édilicc, son toit et scsvodles, n'ont four tout appui que des colonnettes fragiles, qn'an faible choc mettrait en pièces.
Eh bien , ces galeries, nous les avons vues dans les basiliques romanes, mais basses et ouvertes seulement à l'intérieur; ces faisceaux de colonnes, nous le? avons vus.maislourds et massifs. Celte division des fenêtres par meneaux, nous on avons va le principe dans les colonnes qui séparent en deux arcades les fenêtres byzantines ; ces co-
lonnes, appii^ées an mur de la nef pour soutenir les retombées des voâtes , nous les avons rues, nais épaisses et comme une garantie surabondante de force et de résistance. En un mot, chaque travée, dans les denx styles, se compose des mêmes éléments : seulement, dans l'une le but des architectes a été lasolidité : dans l'autre la légèreté.
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lusqu'kiri'ai évité de parler d'une forme que, lo plus soayent, OQ regarde comme absolument caraclÉristique, et qu'on propose môme comme ane disttBclian gufQsaate entre les deux architectures que je viens de comparer. Le lecteur a déj& nommé r<^ive. C'est ici le lieu d'exposer mon opinion sur l'importance qu'il convient de lui donner, et d'examiner si sa substitution an plein cintre constitue véritablement une réfolntion dans L'architecture.
L'origioe de l'ogive est encore fort obscure; mais je crois qu'il serait ridicule de la croire unique, c'est-à-dire trouvée par un seul homme qui l'aurait transmise ensuite & une foule de nations différentes. En eRel, on la voit dans les plus anciennes constructions de peuples entre lesquels on chercherait en vain à élablir des relations. Tous
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36 ÉTUDES SUn LES ABTS DO HOTEN AGE.
les ouvrages d'architecture orFrent des dessins rt des coupes du tombeau d'Atrée, des porles do villes pélasgiques eu Ilalie, des nurages de Sardaigae et de Corse. Eu Nubie et en Amérique, on trouve des exemples des formes ogivales*. Presque partout l'ogive naît d'un arc formé par un encorbellement, et cette manifire de prodr.ire un arc ou une voûle étant la plus simple, pour ne pas dire la plus grossière de toutes, il n'est pas extraordinaire qu'elle ait été employée en beaucoup de lieux simultanément, partout ob des matériaux convenables se trouvaient h la disposition des architectes.
Que les Orientaux, au moyen ûge, aient fait les premiers un assez grand usage de l'ogive, c'est ce qui parait constant aujourd'hui ; il est moins cettain que ce soit à leur importation immédiate que lespeuples'duNorden soient redevables ; du moins son emploi, dans les plusanciens édifices de notre pays où nous l'ayons observée, est-il très-différent de celui qu'on lui adonné daDs les premières constructions sarrasines. En efTel, dans le Mëquias, l'ogive forme un ornement de ses faces; dans la mosquée de Tayîoûn, elle figure dans les fenêtres et les portes ; il eu est de même au chittoau de la Ziza, en Sicile. En France, au contraire, lôgive ne
I. Vojei Aretitleclure moderne delà Sicile, far B:ttorr, pUnches 13 el 74