‹ Études sur les arts du Moyen âgeChapitre 2 sur 62 · Hérod., livre III, Septime Sévère · texte numérisé non relu

Hérod., livre III, Septime Sévère

2. On dit que l'usage de la brique intercalée dans Vopiis in certiim s'introduisit sous Gallien.

3. Restes d'un xenodochlum (hospice) à Metz ; quelques portions de la cathédrale de Trêves, et de l'église deSaint-Mar tin à Angers.

ESSAI SL'Il L'ARCHITECTURE RELIGIEUSE. 7

nomentalion, on peut juger qu'elle était fort grossière, souvent presque nulle. Par exemple, à peine pouvait-on trouver des ouvriers en état de sculpter un chapiteau, peut-être même de tailler une colonne monolithe. Telle était la détresse à cet égard, que la ressource la plus ordinaire était de dépouiller les édifices anciens pour décorer les modernes. Charlemagnefit transporter, de Ravenne à Aix-la-Chapelle, des colonnes de granit qu'on ne sut pas même disposer convenablement \ Enfin, en voyant dans les édifices de son temps et des siècles suivants, le soin qu'on a mis à incruster de la manière la plus apparente quelques fragments antiques mutilés, on peut se convaincre et de l'admiration des architectes pour l'art ancien et de leur désespoir de l'imiter.

Outre la décadence du goût et l'ignorance générale, on peut encore assigner une autre cause aux détestables constructions qui s'élevèrent du vi*' au X* siècle. Au milieu des révolutions continuelles, des guerres etdcs pillages auxquels l'Europe était livrée, la pensée d'avenir était éteinte en quelque sorte '' et

1. Elles furent placées à riutérieur des arcades delà galerie supérieure.

2. On counait cette idée bizarre répandue par le clergé, que le monde devait finir en l'an 1000. Elle fut habilement exploitée par les prêtres, qui vendaient à beaux deniers comptants une place en paradis. I^es richesses amassées par le clergé, 4

les fondateurs (l'un édifice, loin de songer ;i la postérité, semblaient préoccupés de la crainte de ne pouvoir le terminer eux-mêmes. Point de ces grandes constructions entreprises sur de vastes plans, conduites avec une sage lenteur, suivies avec un désir constant de perfection depuis la pose des fondements jusqu'au couronnement du faîte. On sentait le besoin d'acbever à la bâte, sous peine de ne laisser à ses contemporains qu'un morceau de ruines dont l'origine même eût été méconnaissable.

Tel fut l'état de l'arcbitecture depuis la destruction de l'empire romain jusque vers la fin du x" siècle. Des édifices bâtis pendant cette longue péiiode de barbarie, il reste moins de souvenirs que des constructions romaines exposées à tant de ravages, minées depuis tant de siècles par la main du temps et celle desbommes \

cette époque contribuèrent puissamment à favoriser le grand développement de l'architecture au xi* siècle.

1. II faut cependant noter que, sur la lin du règne de Charlemagne et pendant quelques années après sa mort, une amélioration dans les arts se manifesta en France. Elle fut bientôt arrêtée par les invasions des Normands et la recrudescence de la barbario.

An xi' pirclc s'opéra une oppère de renaissance (lesai'ts, prq)arée sans doute par la conslitiition de la société chrétienne. « C'est à partir de la lin du x" siècle que l'être social qui porte le nom de France est pour ainsi dire formé. Il existe; on peut assister à son développement propre et extérieur. Ce développement mérite, pour la première fois, le nom de civilisation française \ » De cette époque, seulement date en France l'architecture du moyen âge; nous avons vu qu'on pouvait à peine donner ce nom aux informes copies dont je viens de parler.

Ce premier style d'architecture moderne, le style roman, byzantin, lombard, saxon, quel que soi' le nom qu'on lui donne, et je ne les ai pns cilés tous se forma lui-même de plusieurs éléments distincts il puisa, mais inégalement, à plusieurs sources

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