‹ Études sur les arts du Moyen âgeChapitre 4 sur 62 · Voir la façade de Notre-Dame à Civray · texte numérisé non relu

Voir la façade de Notre-Dame à Civray

ici l'étalage de luxe el de richesse où se complaît la sculpture de celte époque. Non-seulement les rois, mais les saints sont représentés couverts de vôte- ]iionts magnifiques, où sont prodigues les broderies cl les perles^. Les chapiteaux des colonnes, leurs fûts mêmes, les archivoltes, étalent une profusion de pierreries. L'éclat des couleurs et des dorures ne paraissant pas suffire à l'illusion, on a souvent incrusté dans la pierre ou le marbre des morceaux de verre coloré, d'un effet plus certain que la peinture. On dirait que les artistes ont toujours devant les yeux l'image de la Jérusalem céleste, toute resplendissante d'or et de rubis.

La décoration d'une église est graduée. Je m'explique : la façade expose tout d'abord la richesse du monument ; elle est destinée à donner une idée générale de sa màignificence; elle est, si j'ose me servir d'une comparaison aussi profane, elle est à l'église ce que l'ouverture est à un opéra. On entre dans un vestibule sombre, que les excommuniés n'osent

1. Dans un âge grossier, lorsqu'un artiste veut représenter un personnage vénérable, sa première idée, c'est de le revêtir d'un costume magnifique. Ce ne fut que par un raffinemenit; tardif qu'on parvint à produire la même impression par un moyen tout contraire : \'expression suffit alors pour faire ressortir la grandeur morale ; mais il faut non-seulement que l'art touche à la perfection, mais encore que le goût du pubi'C soit -assez culiivé pour comj)r'.'ndre les inteiitions de l'artib'e

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l'iMiicIiir; puis vient la nef, \)\ua ciaii'o, oîi l'orncmentation est répartie avec sobriété. Tout le luxe, toute la recherche, les détails les plus riches et les plus élégants sont réservés pour le chœur, qui est aussi la partie de l'édifice la plus éclairée, comme pour attirer forcément les regards des fidèles vers la partie la plus sainte, celle où se célèbrent les divins mystères.

Je vais brièvement passer en revue les différentes parties de la construction byzantine.

Les plans des églises sont d'une si grande variété, qu'on ne pourrait guère les réduire à des règles générales. Quelquefois, ils conservent la forme des premières basiliques, un rectangle terminé à l'Orient par un hémicycle ; seulement, le chœur, à partir du xi" siècle, prend un accroissement considérable et le chalcidique ou le transept tend à s'éloigner de r^^w/c/e. Plus fréquemment on trouvelaformc de croix latine, rarement la croix grecque Mci,ron voitdes églises circulaires ou polygonales' ailleurs, le chœur seul a cette disposition ^. Enfin, dans quelques provinces, un hémicycle termine les deux extrémités orientale et occidentale, et un transept

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