‹ Études sur les barbares et le moyen âgeChapitre 11 sur 51 · INTRODUCTION. XIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XIII

gouvernement. Ainsi une solution féodale était dans la nature des choses bien plus qu'on n'est porté à le croire ; et, bien loin de s'étonner de l'institution de la féodalité, il faut y voir le produit de conditions sociales dès longtemps déterminées. Cela est si vrai que cette solution ne nuisit en rien à l'évolution totale; car la féodalité enfanta la commune, et la commune enfanta à son tour la démocratie.

La plèbe des derniers temps républicains, trèspuissante puisqu'elle donnait les magistratures, trèsdangereuse puisqu'elle avait perdu toute conscience politique, devait être annulée dans les crises incessantes que sa propre décomposition suscitait. Elle le fut par César et Auguste; elle l'aurait été par Pompée et Brutus. En quoi donc les deux partis différaient-ils? En ceci, que d'un côté était un maître, de l'autre un patriciat. Il n'y avait de plébéianisme dans César et dans Auguste, qu'une lutte contre une aristocratie; il n'y avait de républicanisme dans Pompée et dans Brutus qu'une lutte aristocratique contre un maître.

L'antiquité a généralement pensé que la cause républicaine valait mieux que la cause dictatoriale. C'est toujours chose grave que de réformer le jugement porté par une époque sur elle-même ; cela se peut sans doute. Mais il y faut des preuves décisives. Ici on les aurait si, la république écartée, l'ordre établi, l'empire fondé, les choses avaient pris un cours régulier de vie et de développement : tout le monde sait qu'il en fut autrement. Cet ordre de preuves étant mis de côté, il ne reste qu'à discuter le principe. Le pouvoir absolu n'est pas un principe : il l'est si peu que, malgré sa longue

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