‹ Études sur les barbares et le moyen âgeChapitre 12 sur 51 · XIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XIV INTRODUCTION

durée à Rome, il ne put jamais transformer l'empire en monarchie. La liberté, fût-elle aristocratique, en est un , assez beau pour honorer le drapeau et le linceul de ceux qui moururent en le défendant une dernière fois dans le monde romain.

Geci dit, je ne prétends en aucune façon aller plus loin. Si les républicains l'avaient emporté, auraient-ils réussi à fonder un gouvernement? Auraient-ils mieux fait, plus mal fait que l'empire? Nul ne le sait. L'histoire effective ne leur appartient pas; elle appartient à l'empire, qui seul en a été l'agent pendant une longue période et seul en est responsable.

De notre temps on a créé le mot césarisme, pour désigner par là une domination qui, comprimant la liberté, donne, par compensation, une certaine satisfaction aux intérêts de la démocratie. Acceptons ce rapprochement du césarisme ancien et du césarisme moderne, et suivons les deux termes qu'il renferme : plèbe et liberté. La plèbe romaine acheva de périr sous le césarisme ancien; la plèbe française (je me sers ici forcément de ce mot antique) n'en a pas moins grandi socialementetpolitiquementsous le césarisme moderne, comme auparavant. La liberté romaine a été irrévocablement vaincue par le césarisme ancien ; la liberté française, frappée par le césarisme moderne, n'a point été vaincue. Quand Napoléon Ier, nouveau César, mais chétif César que les Labiénus et les Pompée de son temps ont mis deux fois en captivité, s'empara de la dictature, il lui fallut inscrire, dans ses constitutions, des principes et des libertés dont sans doute il fit une lettre morte ; mais ces libertés et ces principes, tout muets qu'ils furent,

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