‹ Études sur les barbares et le moyen âgeChapitre 2 sur 51 · INTRODUCTION. III · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. III

un résultat expérimenta que les faits imposent à la philosophie. Je ne dis pas, non plus, que la civilisation n'a pu suivre que la voie indiquée ; là-dessus je ne sais rien ; je dis seulement que c'est celle-là qu'elle à suivie effectivement. Si, par la pensée, on forme le développement de cette loi fondamentale, l'on verra sft dérouler sous sa direction toute la marche de l'histoire.

A celui qui fera cette revue se présentera le moyen âge, période suspecte à beaucoup d'esprits ; car c'est l'ère de la féodalité et du catholicisme. La féodalité, qui entra en décomposition, d'elle-même et par le progrès des choses, n'en laissa pas moins, de siècle en siècle, des institutions ruinées, mais oppressives et choquantes pour des hommes qui s'éveillaient à une égalité et à une liberté nouvelles; les bourgeois et le populaire furent également animés contre ces restes malencontreux d'un autre âge, et ils ne sont pas disposés à approuver dans le passé ce qu'ils ont condamné violemment et justement dans le présent. Contre le catholicisme s'élevèrent d'abord l'hérésie et la réforme, qui partagèrent l'Europe; puis la science lutta contre lui, et, dans cette lutte, Galilée n'est qu'un épisode frappant et émouvant ; la libre pensée suivit la science ; traitée rigoureusement tant qu'elle resta faible, elle n'est pas plus que le bourgeois et le populaire disposée à juger favorablement de l'âge et de la doctrine qui voulurent l'étouffer. C'est contre ces aversions naturelles mais fausses historiquement que furent écrits les articles composant le présent volume. La vérité scientifique doit toujours être dite impartialement, advienne que pourra. La justice que je rends au moyen âge est une justice historique qui ne réagit aucunement

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