‹ Études sur les barbares et le moyen âgeChapitre 3 sur 51 · IV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

IV INTRODUCTION

sur la lutte contemporaine. Bien plus, beaucoup de ceux qui s'acharnent contre la superstition et les ténèbres de cette période, désireux toutefois de sauver des lambeaux de théologie ou de métaphysique qui leur sont chers, reculent devant les conclusions radicales de la philosophie positive; cette philosophie qui secoue loin d'elle jusqu'au dernier de ces lambeaux, mais qui, n'ayant ni pour l'ère du christianisme une haine révolutionnaire, ni pour l'ère du paganisme une haine chrétienne , professe admiration et reconnaissance pour la succession des grandes oeuvres de l'humanité. ■

Le moyen âge n'a pas créé les conditions sous lesquelles il s'est formé; il les a reçues. Aussi, ce qui seul doit être mis à sa responsabilité, c'est l'usage qu'il en a fait, soit pour les améliorer, s'il les a améliorées, soit pour les empirer, s'il les a empirées. Il succède à la domination des barbares en Occident. J'en fixe le commencement à la chute des Carlovingiens ; c'est alors qu'il n'y a plus un seul chef germain à la tête des nations romanes; ces nations, redevenues indépendantes, sont gouvernées par des chefs indigènes; c'est aussi l'époque de l'établissement définitif et régulier de la féodalité.

Je donne le nom d'empire barbare à toute la période où les Germains s'établirent en Gaule, en Italie et en Espagne, et où toutes les nations latines obéirent à des chefs barbares. Cet empire, qui commença à la chute d'Augustule, fut centralisé par Gharlemagne et sous ses successeurs.

Mais comment ne pas jeter un regard sur l'empire romain qui laissa arriver les barbares? La longue dé-

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