‹ Études sur les barbares et le moyen âgeChapitre 7 sur 51 · INTRODUCTION. IX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. IX

au temps de César. A la place d'une commune (qu'on me passe cette expression du moyen âge) ardente à conserver, à étendre certains droits qui lui étaient chers, il n'y eut plus qu'une tourbe chez qui tout sentiment politique avait disparu. Dépourvue des anciens mobiles, et ne s'en étant point donné de nouveaux, par ses penchants à la fois séditieux et mercenaires elle appartenait sans conteste à qui l'agitait ou à qui l'achetait, prêtant, pour la ruine de l'État, le grand pouvoir du forum et des comices aux ambitions par qui Rome était déchirée. Refaire une plèbe comme il s'en était produit une spontanément, six à sept siècles auparavant, à l'aurore des vieilles républiques, était impraticable, avec Rome conquérante et le monde conquis; abolir l'esclavage et inaugurer la vraie démocratie était aussi loin des faits que des idées; il ne restait donc que le débat sur lequel roula la guerre civile : ou l'empire dictatorial avec César et Auguste, ou la république aristocratique avec Pompée et Brutus.

Rien n'est donc plus faux que de se figurer César comme le représentant de la plèbe ; on ne représente pas ce qui n'existe plus. Cela se vit bien à l'épreuve : sous l'empire il n'y a plus que cette multitude réclamant à Rome du pain et des jeux, pcmem et circenses, et, dans les provinces , s'affaissant graduellement sous le poids de la fiscalité impériale.

Remarquez (ce qui est caractéristique de l'anéantissement politique de la plèbe) que César n'eut pas besoin d'un programme; je me sers de cette expression moderne, qui rend bien la situation. La plèbe ne lui en imposa aucun, soit explicite, soit tacite. Si bien

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