X INTRODUCTION
qu'il sembla d'abord que ce ne fût qu'une querelle entre César et Pompée. Quelques républicains s'y trompèrent et suivirent César ; mais, quand après Pharsale on se retrouva à Rome, ils virent bien que la république était finie et qu'ils avaient un maître. Ils se vengèrent de leur méprise par un coup de poignard.
César accomplit ce que Catilina venait de tenter. "Je n'accepte pas contre ce sombre et audacieux conspirateur toutes les imputations qu'on lit dans les Catilinaires; il fut vaincu et tué, ne laissant personne pour défendre sa mémoire si elle a pu être défendue. Mais ce qui est certain, c'est qu'il recruta à Rome et hors de Rome une bande hostile au gouvernement, et sans souci de plèbe, de république ou de liberté. Réussissant, il établissait quelques années plus tôt un empire peu différent de celui qui fut établi effectivement.
Écartons donc le fantôme du plébéianisme, et voyons ce qui fit vraiment la force de César et la durée de son établissement. L'empire fondé par lui représenta l'ordre sous la forme de la dictature ou pouvoir absolu. Beaucoup lui en surent gré ; et les premiers Césars, Auguste surtout, jouirent de la faveur que conciliait à l'empire la tranquillité générale, ou, pour me servir de l'expression de Pline, l'immense majesté de la paix romaine. Mais plus tard cette paix, cette majesté disparurent; les guerres civiles éclatèrent, les guerres étrangères n'eurent que des trêves, et une menaçante destinée s'appesantit sur Rome.
Il n'est pas sans importance de considérer ce que devint la plèbe sous l'empire et par delà l'empire. Par ce mot j'entends maintenant non pas la plèbe po-