‹ Études sur les beaux-arts en généralChapitre 70 sur 104 · VOYAGE UE FAINES, DE SATYRES, ETC · texte numérisé non relu

VOYAGE UE FAINES, DE SATYRES, ETC

pipeaux ; le Suivre un genou en terre, reçoit sur son dos l’Haraadryade qui indique du doigt le chemin ; derrière lui sont placés un autre Amour et le Faune chargé d’une corbeille de raisins et d’un vase plein sans doute ou destiné à se remplir de la liqueur de Bacchus, Dieu protecteur des Faunes et des Satyres : c’est à travers un riche paysage et sous l’ombrage d’arbres touffus que s’avance ce groupe joyeux, dont les figures nues sont disposées avec une simplicité facile et animée qui fait pressentir à l’imagination du spectateur leurs ébats et leurs plaisirs. Quand les voyageurs seront arrivés au lieu du rendez-vous, quand ils se seront rejoints aux autres groupes qui les attendent, alors commenceront ces danses vives, ces jeux bruyants qu’échaufTcra une turbulente ivresse. Ouvrez l’œuvre du Poussin ; l’artiste les a suivis, et toutes les scènes de leur douce vie deviennent pour lui autant de chefs-d’œuvre '.

C’est ce même peintre à qui l’Histoire sainte a fourni tant de compositions pures et graves, et quia puisé dans l’Histoire grecque et romaine tant de tableaux du style le plus noble et le plus sévère ; il sait pénétrer dans les héroïques douleurs d’uu saint martyr comme dans les folles gaîtés d’une Bacchanale, dans

' Voyez une danse de Faunes, de Satyres et de Bacchantes, dans les Vies et Œuvres des peintres les plus célèbres , Œuvre du Poussin, |l|. CLXXtII.

ÉCOLE FRANÇAISE (LE ï'Ol SS1N)

les mystères sacrés comme dans les fêtes de la mythologie païenne; et sa raison forte, son imagination tlcxible, devinent et reproduisent avec la même vérité les derniers sentiments d’Eudaniidas mourant, le pieux ravissement de saint Paul et les joies profanes d’un Satyre.

On trouve dans l’ordounauce de ce groupe une nouvelle preuve de la justesse d’esprit et de goût qui caractérise ce grand peintre; et, ce qui est digne de remarque, c’est que cette preuve se rencontre dans la plupart de ses tableaux de ce genre. II a soigneusement évité de mettre ses Satyres debout ; il les a presque toujours représentés à genoux, assis ou couchés : il savait que des ligures où les formes de l’auimal s’unissent aux formes humaines ne pouvaient manquer de produire un effet désagréable si elles étaient offertes dans tout leur développement ; ainsi, sans se priver de la vivacité de mouvement et d’expression que les Satyres pouvaient apporler dans les scènes auxquelles ils prenaient part, il les a placés de la manière la plus convenable à l’effet de l’ensemble, et la plus conforme à ce caractère d’élégance et de beauté dont il ne voulait jamais se départir

t Voyez, les Bacchanales : une Nymphe avec un Satyre; ilause de Faunes, de Satyres cl de Bacchantes; des Satyres surprenant une Nymphe endormie, etc., dans les Vie* rt Œitvret des pfinlrtt, etc., par Landon, pl. clxix, ci.xxi, clxxii, ciaxiil

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