SUZANNE AB BAIN
bien plus troublés, agitent la pudeur reposée aux regards qui la poursuivent; et si le texte, malgré la pureté qu’il conserve dans le récit de cette révoltante histoire, n’a pas craint de nous apprendre l'affreux plaisir que prennent ces deux infâmes, au moment où ils demandent la mort de Suzanne, à lui ôter sou voile pour contempler sa beauté, il uous eût indiqué sans doute le redoublement de passion que devait faire naître en eux l'aspect sous lequel on veut su priser qu’elle s'offrit à leurs yeux dans ce jardin.
Enfin, aux cris de Suzanne, les vieillards opposent les leurs; on accourt , ils l’accusent: « Et tous les ser- « viteurseu furent couverts de confusion, parce qu’on « n’avait jamais parlé de cette manière de Suzanne. » Us eussent été bien plus confondus encore de sa nudité que ses accusateurs n’eussentpas manque de faire servir de preuve à son crime. Ainsi, tout semble démentir la supposition généralement adoptée par les peintres, et qui, si elle fournit de plus grands développements de beauté, ôte les moyens de conserver à la figure principale ce caractère d’élévation pieuse et de pureté morale qu’elle présente dans l’histoire.
Santerre ne pouvait se dispenser d’adopter la tradition commune ; sa Suzanne était son morceau deréception. S’il l’eût représentée drapée seulement en partie, on l’eût accusé, en voilant le nu, d’avoir cherche à éviter la difficulté ! Mais du moins a-t-il écarté l'image