‹ Etudes sur les beaux artsChapitre 16 sur 18 · ART · texte numérisé non relu

ART

ratrice Yérine, en Minerve; les statues d'or de plusieurs empereurs; la statue équestre de Théodoric, érigée, à Constantinople , par Léon l'Isaurien, etc. Mais toutes ces œuvres nouvelles étaient loin de compenser la perte que firent les arts de quelques chefsd'œuvre de la statuaire antique, lors de l'incendie du palais Lausus, à Constantinople, sous l'empereur Basilisque, en 476 \

Au commencement du Bas-Empire, la statuaire n'avait presque qu'une seule application possible : la reproduction des images du souverain, des membres de la famille impériale, de ses généraux et de ses favoris. La proscription absolue des images sculptées de la divinité et des saints personnages par le concile {Yllliberis dans l'an 305, proscription qui n'eut tout son effet que pour la sculpture, porta un coup terrible à cet art. La chute du paganisme acheva sa ruine.

Déjà, depuis plusieurs siècles, les statuaires avaient cessé de reproduire les images des dieux de l'Olympe aboli , quand , au ixe siècle , sous le pontificat de Léon II, l'interdiction jetée sur la représentation des figures du Christ, de la Vierge et des apôtres fut levée. C'est alors qu'apparurent ces premiers christs de ronde bosse, dont les images, multipliées à l'infini , se dressèrent simultanément dans toutes les églises latines, et plus tard dans celles de l'Orient. Plusieurs crucifix de cette époque et des xe et xie aâè-

1 Cedrenus comp. hist., p. 891.

des sont restés. L'un des plus curieux est ce christ enjuponné et tout doré qu'on révère dans l'une des chapelles de la cathédrale d'Amiens, sous le nom de saint Sauve, sans doute le saint Sauveur.

Ces images, d'une réalité si repoussante, n'ont d'intérêt qu'au point de vue archéologique; elles donnent la mesure du sentiment religieux de ceux qui les révéraient. Ce sentiment devait être bien profond pour résister au dégoût qu'inspire le laid poussé à sa suprême puissance. Elles prouvent que, du ixe au xie siècle, à Constantinople comme à Rome et dans le reste de l'Europe, la statuaire proprement dite n'existait plus.

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