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gues anglais, à taire ce qu'il appelle la chasse aux bas-reliefs, mais s'efforçant de reconstituer l'ensemble de l'édifice qu'il explorait, et de s'expliquer la destination de chacune de ses parties.
Les premières découvertes faites à Khorsabad avaient porté sur la partie du palais consacrée aux réceptions et sur les salles d'apparat. M. Place a étendu son exploration à toute une nouvelle partie du palais, qu'il appelle le harem et qui paraît avoir été consacrée au logement des femmes. Chacune des chambres qu'il a découvertes a une espèce d'alcôve élevée de 1m,50 au-dessus du sol, et qui paraît avoir été destinée à recevoir le lit. Le fond de l'alcôve était orné de cinq demi-colonnes encadrées par des pilastres revêtus d'un mastic noir. Chacune de ces chambres est isolée, n'a pas de fenêtre, et ne prend le jour que par une porte donnant sur une cour intérieure. M. Place fait remarquer que les harems de Mossoul sont encore aujourd'hui construits sur le même plan, la jalousie orientale étant la même qu'il y a trois mille ans et prenant les mêmes précautions.
Ces chambres, si mal éclairées, ne sont cependant pas dépourvues d'ornement. On a trouvé, dans l'une d'elles, des petits bas-reliefs en cuivre qui ont dû être appliqués sur une balustrade en bois. Cependant on ne rencontre pas, dans le harem, de bas-reliefs en pierre; les murs, en argile, sont revêtus d'un mastic blanc avec une plinthe noire, qui varie de 1 à 3 mè-
1res de largeur. L'escalier, en marbre, découvert, l'année dernière, par M. Place, conduisait à une chambre dallée, à alcôve ornée de colonnes : cette chambre, la plus belle, était séparée des autres; ce doit être celle de la favorite ou de la mère du roi.
Le harem, comme les autres parties du palais, est construit en argile, et c'est ce qui ajoute à l'extrême difficulté de l'exploration. Dans une pièce revêtue de pierres ou de dalles, la fouille se suit aisément; mais, quand on s'attaque aux parties construites en argile et sans revêtements, on n'a, pour se diriger, que la ligne sans épaisseur que forme la mince couche de mastic blanc ou noir dont on couvrait les lambris. Cette couche sépare seule le mur d'argile de l'argile accumulée entre ses parois, avec lesquelles, à la longue, elle ne forme plus qu'un seul massif d'une même densité. Ajoutez à cela que les murs n'ont jamais moins de 3 mètres d'épaisseur, ce qui est une cause d'erreur continuelle, les murs pouvant être pris pour les chambres, et vice versâ.
M. Place paraît convaincu, aujourd'hui, que le système de couverture des salles et appartements était le même que celui des parties supérieures des portes de la ville, et que chaque chambre était surmontée par une voûte en terre. Ce sont ces voûtes qui , en s'écrasant, ont encombré les salles et tout conservé.
Remarquons, à ce propos, qu'une des singularités de l'architecture assyrienne, c'est la pauvreté, et en
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quelque sorte la nullité des matériaux avec lesquels sont construits les plus somptueux édifices; quelques briques séchées au soleil, du sable et du bitume à la base, de l'argile battue pour former les murs, les colonnes, les voûtes des salles et les cintres des portes, voilà en quoi consiste tout leur appareil. Les briques cuites et les pierres ne sont employées que très-exceptionnellement. Il est donc impossible de concevoir un système de construction plus grossier et plus simple ; mais cette négligence apparente, et qui tient moins encore à l'absence de matériaux convenables qu'à certaines conditions locales \ est complètement rachetée par la richesse de l'ornementation intérieure, où l'architecture et la sculpture polychromes, la peinture à fresque et sur émail empruntent à la palette toutes ses resssources et étalent toutes leurs pompes.
Nous devons parler maintenant des découvertes les
1 M. Place fait observer que ce u'est pas le manque de pierres qui a fait employer l'argile pour la construction des palais de Khorsabad. Il y a, en effet, une montagne calcaire d'où les pierres qu'on a trouvées dans le palais ont été extraites , à environ 2 kilomètres du monticule. C'était la conséquence d'un système de construction dont le climat avait motivé l'adoptiou. En effet, aujourd'hui encore, les maisons assyriennes construites de cette façon sont les seules habitables l'hiver comme l'été, la terre restant constamment sèche et entretenant une température presque toujours égale.
M. Place, à propos de ces palais construits entièrement eu argile, rappelle la prophétie de Nahum contre Ninive, quand le prophète s'écrie : Puise l'eau, entre dans l'argile, foule-la aux pieds, mets-la en œuvre pour en faire des briques.
plus curieuses, peut-être, qui aient été faites par notre infatigable explorateur.
Voulant se rendre compte de ce qui pouvait exister en arrière de la double rangée de colonnes et de terrasses dont nous avons parlé plus haut, il avait ouvert sur ce point une longue tranchée, qui l'amena bientôt au pied d'un mur de 5 pieds de haut sur 21 pieds de long, entièrement revêtu de briques peintes et émaillées, d une belle conservation.
Plus tard, cette découverte fut suivie d'une autre du même genre. Ces deux murs sont placés, en pendants, sur un des côtés de la grande cour du harem.
Le nombre des objets représentés sur chacun d'eux est de sept, savoir : deux personnages richement vêtus, dont l'un ouvre et l'autre ferme la marche, et entre eux un lion, un aigle, un taureau, un arbre et une charrue. Sur les deux murs, la disposition est la même; seulement les hommes et les animaux se font face, marchant l'un vers l'autre. Les lions, qui , de cette façon, se trouvent en présence, ont la gueule ouverte, et sont traités avec une science et une énergie qu'on n'a pas surpassées, et dont le petit lion de bronze du musée assyrien du Louvre peut donner une idée. L'aigle et le taureau sont moins heureux : le taureau paraît grêle à côté du lion ; la musculature, néanmoins, est vigoureusement indiquée; l'artiste paraît avoir eu, de plus, l'intention d'observer la perspective, car, figurant le taureau de profil , il
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n'a laissé voir qu'une corne. Comme pour la frise des portes monumentales, le bleu sert de fond au tableau; les figures sont coloriées en jaune rehaussé de bleu et de blanc par places, et entourées d'un filet noir qui accuse et précise la forme; les rosaces à huit feuilles qui encadrent cette composition sont blanches.
On avait longtemps cru que l'art assyrien s'était renfermé dans certaines limites exceptionnelles et se bornait à une sorte d'application exclusive de la statuaire polychrome à la décoration monumentale. Cette dernière découverte nous prouve que la peinture, dans son application la plus durable, concourait également à la décoration des édifices.
La découverte de ces peintures assyriennes est d'autant plus précieuse qu'elle résout un problème archéologique sur lequel de récentes et heureuses recherches, que M. Fulgence Fresnel a faites sur l'emplacement de Babylone, avaient jeté une première lumière. Ctésias, médecin grec d'un des souverains Achéménides, dans la description qu'il nous a laissée du palais de Babylone qu'habitait son maître, parle de bas-reliefs en briques peintes qui ornaient les murailles de cet édifice. Ces peintures en émail représentaient des sujets de chasse que, d'après lui , Diodore a également signalés. M. Fulgence Fresnel, en fouillant les décombres du kasr, cette partie du palais de Nabuchodonosor, dont les débris forment une espèce de colline qui domine l'ensemble des ruines
de la ville, avait rencontré une grande quantité de briques émaillées dont les fragments paraissent appartenir aux peintures décrites par Ctésias. On y voit, en effet, des pieds de bêtes fauves, des queues et pattes de chiens, des dents de lions ou de panthères, des yeux humains, que M. Fresnel croit être ceux du roi et de la reine, représentés, selon Diodore, le roi perçant un lion, la reine lançant un javelot sur une panthère. Les peintures en émail trouvées par M. Place, qui a, en outre, rencontré des fragments de briques émaillées dans toutes les parties du palais, offrent une grande analogie avec les peintures babyloniennes, et nous font parfaitement comprendre l'application que les Assyriens faisaient de cet art à l'ornementation de leurs édifices. Cette découverte nous prouve une fois de plus que, aux origines de l'art, l'emploi de la peinture, comme celui de la sculpture, était purement décoratif. Ce n'est que plus tard, et chez les peuples de seconde civilisation, que la peinture se détache des murailles et se renferme dans des cadres plus étroits, qui peuvent être déplacés.
Indépendamment des peintures sur émail que nous venons de décrire, M. Place a reconnu, dans ses fouilles, l'existence de fresques qui ont dû recouvrir le mastic appliqué sur l'argile qui formait les murs. Malheureusement il n'a retrouvé ces fresques que par fragments, dans des murs écroulés, et il n'a pu en
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recueillir qu'un seul morceau un peu considérable. Il paraîtrait que ces peintures, toutes d'ornementation, avaient un éclat et une vivacité singulières.
La découverte des peintures en émail ouvrit une veine heureuse dans les fouilles de Khorsabad. En effet, à chacune des extrémités de ce double mur couvert de briques peintes, on trouva une statue admirablement conservée, représentant un personnage revêtu d'une espèce de chape assyrienne, la barbe et les cheveux frisés, et tenant un vase entre ses mains. Ces statues, les premières qu'on ait rencontrées dans les fouilles de Mésopotamie, ont 4 pieds de hauteur ; elles sont du même marbre gypseux que les bas-reliefs des salles. La tète est surmontée d'une espèce de chapiteau, qui ferait croire qu'elles servaient de cariatides et portaient quelque petite voûte. Autant que nous avons pu en juger par une épreuve photographique, les nus paraissent traités avec délicatesse. Il y a cependant loin de là à la statuaire grecque.
Nous devons signaler encore parmi les dernières découvertes de M. Place celle de la partie du palais de Khorsabad qu'il appelle l'observatoire. En fouillant un monticule conique plus apparent que les au- * très, M. Place a reconnu une salle ornée de pilastres à l'intérieur, et à l'extérieur une suite de degrés en briques formant une rampe fort douce, qui -devait conduire à une plate-forme supérieure. M. Place suppose que cet édifice, semblable, sans doute, aux py-
ramides à degrés des Babyloniens, servait aux études des mages, une construction de cette importance et dont les débris argileux forment aujourd'hui une colline n'étant pas seulement destinée à prendre le frais.
M. Place a rencontré dans ses fouilles un certain nombre d'objets qui peuvent nous donner de curieux renseignements sur la métallurgie assyrienne. Le plus précieux de ces objets est une large feuille d'or, sans doute le revêtement d'une cuirasse ornée de dessins repoussés figurant des oves et portant une inscription en lettres cunéiformes frappées avec un coin de métal. Les objets en argent sont peu nombreux; ce sont des lingots provenant, sans doute, de bijoux fondus par le feu qui a dévoré le palais.
Quant au cuivre, M. Place l'a rencontré en grande quantité, sous toutes les formes, employé à tous les usages, comme roues de chars, bas-reliefs, revêtements de colonnes en bois figurant la tige de palmiers , vases en forme de têtes de gazelles , casques semblables à ceux des guerriers représentés dans les bas-reliefs, gonds, pivots de portes, poulies, plats, clous à tête d'argent, boutons, cercles, pointes de lances, crochets à broder, aiguilles, clous, pitons, clochettes avec leurs battants, etc.
Mais la découverte métallurgique la plus précieuse qu'ait faite M. Place est celle du magasin des instruments en fer. La quantité rencontrée semble prouver que l'antiquité faisait un plus grand usage de ce mé-
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lal qu'on ne l'avait supposé. Ces instruments, rangés symétriquement comme ils pouvaient l'être dans un magasin de l'État, formaient une espèce de mur de 6 mètres de longueur sur 21 mètres de hauteur, que l'explorateur a fait démolir et au centre duquel il a trouvé un grand nombre d'instruments que la rouille n'avait pas attaqués et dans un parfait état de conservation. Ce sont des pioches, des pics, des marteaux, des socs de charrues, des chaînes, crampons , etc. Le fer de ces instruments a une sonorité singulière; un forgeron, qui l'a essayé, l'a trouvé d'une qualité supérieure.
M. Place fait observer que les Assyriens savaient parfaitement combiner le fer et l'acier. En effet, la plupart des instruments destinés à tailler la pierre sont armés d'une pointe en acier bien trempé. Quelques-uns de ces outils pèsent jusqu'à \ % kilogrammes, ce qui suppose une race singulièrement vigoureuse.
Tel est, jusqu'à ce jour, le résultat des travaux de la mission de Mésopotamie. Dès à présent , il nous permet de restituer presque dans son ensemble, et dans chacun de ses détails, le monument de Rhorsabad , regardé , à juste titre , comme le vrai type du palais assyrien. Les beaux dessins et les plans de M. Thomas aideront beaucoup à cette restauration. Le dessin colorié d'une des portes monumentales, avec son cintre do briques émaillées, nous assure la
restitution complète de ce monument, qui a été démonté et qui va être envoyé en France. A l'heure qu'il est , les gigantesques taureaux placés des deux côtés de la porte monumentale de Rhorsabad ont franchi les 1 6 kilomètres qui séparent cette ville de Mossoul, et attendent, au bord du Tigre, les keleks ou radeaux qui doivent les conduire à Bassorah.
Cette fois, M. Place a tenu à transporter d'une seule pièce ces taureaux monstrueux, dont chacun ne pèse pas moins de 32,000 kilogrammes. Il n'est pas possible d'entrer ici dans les détails de cette opération, que les Turcs et les Arabes qualifiaient de folie franque; qu'il suffise de savoir que ces colosses hissés sur un chariot formé d'énormes poutres, et dont les quatre roues massives, de 1m,24 de diamètre sur 0n,,92 d'épaisseur, tournaient sur de puissants essieux de fer, ont franchi sans accident l'espace qui les séparait du fleuve, traînés par un attelage de six cents hommes.
M. Place doit, en outre, rapporter les statues, les bas-reliefs, les murs en briques émaillées qu'il a fait démonter, et quantité d'objets de tout genre qu'il serait impossible d'énumérer ici, dont le poids total s'élève à plus de 220,000 kilogrammes, et qui forment la charge d'un navire.
On voit que, désormais, le musée assyrien du Louvre n'aura rien à envier aux collections formées en Angleterre.
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On a, en Égypte, des monuments de date certaine qui remontent à plus de trois mille ans avant notre ère, et qui sont antérieurs aux pyramides. A cette époque , les Égyptiens transportaient , de Syène au Delta, d'énormes blocs de granit, les taillaient et les polissaient avec une perfection que, depuis, on n'a jamais surpassée. La construction de leurs édifices suppose une science arrivée à toute sa maturité. Vers ce même temps, leurs arts, leur écriture, leur religion paraissent fixés. Ce degré de civilisation laisse supposer une longue période d'essais et de tâtonnements, en un mot le temps nécessaire à l'éducation d'un peuple.
Les plus anciens monuments assyriens ne paraissent pas remonter à plus de douze ou quinze cents ans avant Jésus-Christ.
Ces monuments , qui deviennent de jour en jour plus nombreux, ont un style, un caractère communs et portent le cachet d'une même école. Ces artistes ignorés, et d'une si prodigieuse fécondité, qui décorèrent les premières cités que l'homme ait habitées, possèdent, ainsi que nous l'avons fait remarquer plus haut, la plupart des secrets de leur art. Ils connaissent la structure du corps humain ; ils savent en reproduire le mouvement et les attitudes avec une singulière énergie. Il y a plus, la manière dont sont traités les accessoires , particulièrement les arbres , les eaux , l'architecture , la flamme qui dévore les
édifices, annonce une sorte de parti pris absolu ou de manière qu'on ne rencontre que dans les écoles expérimentées et qui touchent à la décadence. Cependant, à côté de cette science acquise et toute conventionnelle , on sent , à certaines incorrections involontaires, ou qu'on n'a pas cherché à éviter, un art voisin encore de son enfance; c'est ainsi que l'œil se présente toujours de face, même dans les figures de profil, et que les deux pieds sont tournés dans le même sens. Ajoutons, cependant, que l'on a attribué à ces imperfections des intentions symboliques.
La science de l'observation ne manquait pourtant pas à ces premiers artistes, et l'on s'étonne, en étudiant leurs productions, de l'exactitude avec laquelle le caractère des différentes races humaines, le mouvement des animaux , et jusqu'à des accessoires , en apparence indifférents, sont généralement exprimés.
Grâce à M. Layard d'une part, et de l'autre à MM. Botta et Place, la parfaite connaissance de deux époques sinon extrêmes, du moins fort éloignées est aujourd'hui acquise à la science. Le palais de Nimroud, si soigneusement exploré par M. Layard, date, en effet , de la première année du règne d'Adala , c'est-à-dire de l'an 1200 avant J. C. , et a , par conséquent , été construit il y a trente siècles , tandis que le palais de Khorsabad n'était pas encore complètement achevé en l'an 667 , dernière année du règne de Sargon, l'avant-dernier roi d'Assyrie, c'est-
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à-dire 533 ans plus tard. On peut , dès à présent , comparer les monuments de l'art assyrien, à près de six siècles d'intervalle. S'ils ne présentent pas de différences essentielles , nous reconnaîtrons , toutefois, que cette comparaison est tout à l'avantage des monuments de Nimroud , dont la date est la plus ancienne , et qui offrent un degré d'achèvement et une délicatesse d'exécution qu'on ne rencontre pas toujours dans les sculptures du palais de Khorsabad. L'art assyrien qui brillait d'un si vif éclat , il y a trente siècles, avait dû traverser déjà une longue suite d'années. Il est donc probable que cet art, qui, pour nous, est tout nouveau, date de plus de quatre mille ans.
La civilisation assyrienne , comme la civilisation égyptienne, est bien antérieure à la civilisation grecque et romaine, et ces contrées de l'Europe, qui, depuis, ont joui d'un si haut renom, n'étaient encore que le refuge de quelques brigands ou de peuplades sauvages, quand les Égyptiens et les Assyriens occupaient le premier rang sur la scène du monde. Les temps historiques des Grecs commencent quand l'Empire assyrien disparaissait brusquement du théâtre du monde.
Si les monuments découverts par M. Place et par les missions anglaises jettent, chaque jour, de nouvelles lumières sur l'état social et politique des Assyriens, ils en donnent beaucoup moins sur leur re-
ligion , et leur théogonie est restée singulièrement obscure. Remarquons d'abord que, dans toutes les fouilles opérées jusqu'à ce jour , on n'a pas encore rencontré un seul temple ou un édifice consacré au culte. Des images des dieux sont figurées dans les bas-reliefs ; mais on n'a pas non plus rencontré un simulacre isolé, une idole. Enfin ces images des dieux, sculptées, sont en très-petit nombre et, sauf une seule , le grand dieu aUx quatre ailes d'aigle , présentent un caractère fort douteux. La religion des Assyriens se rapprocherait donc de la religion des juifs; ils n'auraient, comme eux, qu'un dieu, le dieu principal aux quatre ailes, Baal ou le dieu Nesroch ; les dieux secondaires, qui n'ont que deux ailes, devant, sans doute, être assimilés aux esprits ou aux anges des Hébreux.
Il est certain que nous ne voyons jamais le dieu supérieur et les dieux inférieurs des Assyriens réunis pour concourir à une action commune, soit un combat, soit un conseil , comme ces dieux grecs qui figurent dans les bas-reliefs ou sur les vases antiques.
Un bas-relief assyrien du musée du Louvre nous représente, il est vrai, des espèces de dieux marins ; mais ne sont-ce pas plutôt des monstres habitants des eaux , pareils aux tritons ou aux sirènes des Grecs , que l'artiste a voulu représenter, complétant, avec les serpents et les poissons, la population des mers.
On a voulu trouver aussi une grande analogie entre
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les taureaux à tête humaine et ailés et les centaures; les rapports nous paraissent fort éloignés. Les uns comme les autres sont des monstres, et, à tout prendre, les monstres assyriens sont moins déraisonnables que les monstres grecs. Notre éducation nous a accoutumés aux centaures, qui , pour nous, sont des personnages possibles et en quelque sorte existants ; ils sont cependant bien moins rationnels que les taureaux de Ninive. Ces taureaux, après tout, n'ont qu'un corps d'animal surmonté d'une tête humaine qui le dirige; à tout prendre, la vie serait possible. Comment, au contraire, ses fonctions pourraient-elles s'exercer à travers le double corps d'homme et de cheval du centaure?
M. de Longperrier fait remarquer avec beaucoup de justesse que le dieu supérieur des Assyriens avait plus d'une analogie avec le dieu des Hébreux. Il accompagnait le monarque dans les combats. Des basreliefs le représentent lançant des traits du haut du ciel , quand le r*oi en fait autant sur la terre. Comme le Jéhovah de la Bible, il était donc aussi le dieu des armées.
M. de Longperrier fait également remarquer l'analogie qui existe entre les grands lions ailés à tête humaine de Nimroud et l'animal symbolique que décrit Daniel dans sa vision, ce lion qui avait des ailes d'aigle et qui représentait l'empire d'Assyrie. On retrouve aussi, dans les sculptures de Ninive, l'animal
emblématique à dix cornes que décrit Daniel. Ces cornes sont adaptées à la tiare et formaient une espèce de couronne qui n'avait rien de choquant.
Les ailes ne paraissent pas, du reste, avoir été exclusivement réservées aux dieux; on les voit attribuées aux personnages royaux. Ces ailes indiquaient alors la mort, le passage d'un monde dans l'autre.
A d'autres points de vue, les dernières découvertes faites en Assyrie n'ont pas une moindre importance. L'esthétique de ces races antiques, qui habitaient les plaines de la Mésopotamie, nous est révélée en même temps que leur religion et leur histoire.
L'esprit de système s'est emparé de ces découvertes et a bâti , sur les nouveaux fondements qu'elles lui présentaient, plus d'une ingénieuse théorie. La plus spécieuse, celle qu'une partie de l'école anglaise place aujourd'hui au rang des vérités acquises et incontestables, est celle qui tend à faire descendre des vallées du Tigre et de l'Euphrate tout ce qui tient au mode ionique dans les arts, tandis que tout ce qui tient au mode dorique serait dérivé de la vallée du Nil. Cette proposition nous semble bien absolue ; il ne nous paraît pas prouvé, en effet, que le mode ionique ne fût pas très-familier aux Égyptiens, quelque prédilection qu'ils eussent pour le dorique. Ils durent, dans leurs fréquents rapports avec les Grecs, même après la première colonisation, leur transmettre les deux formes, tandis que les Assyriens, qui ne pouvaient avoir I. 9
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avec la Grèce que des relations très-éloignées, disparaissaient du théâtre de l'histoire quand les Grecs commençaient à s'y montrer. Reconnaissons maintenant que, au point de vue architectonique, la base de plusieurs des colonnes de la grande salle de Xercès, à Persépolis , est presque identique avec la base de colonnes grecques; que la même ressemblance existe entre la base d'une des colonnes de Passargade et celle des colonnes du temple de Samos, et qu'elle se rencontre dans d'autres détails d'architecture.
Le lotus, cet ornement caractéristique de l'ordre ionique, se montre très-fréquemment dans l'ornementation des édifices assyriens; mais les Égyptiens aussi en ont fait un grand usage, et dans l'une et l'autre architecture il figure comme symbole des forces actives de la nature, de la lumière, du feu et de la végétation. Or cet ornement typique a été introduit en Grèce avec l'ordre ionique. Perfectionné par le goût exquis de la nation, il a revêtu cette forme noble et délicate que nous lui voyons dans l'Erecthaeum et dans d'autres monuments athéniens.
Il existe entre les deux arts d'autres points de rapport également frappants. Tels sont, par exemple, certains ornements guillochés, les palmettes et les rosettes assyriennes et persépolitaines. Nous devons, toutefois, reconnaître que la Grèce a donné à ces détails un degré de perfection qui n'appartient qu'à elle seule.
On observe également une beaucoup plus grande analogie entre la sculpture assyrienne et la sculpture grecque qu'entre la statuaire égyptienne et la statuaire assyrienne. C'est ainsi que les Assyriens, renonçant à certaines habitudes conventionnelles des Égyptiens, comme, par exemple, de figurer le monarque plus grand que les autres personnages, se rapprochent du naturalisme grec dans leurs bas-reliefs. La richesse des costumes, l'attitude des personnages, leurs mouvements, leurs actions distinguent entre eux les rangs et les castes. Rien de conventionnel , rien de surnaturel; c'est la réalité prise sur le fait, un peu idéalisée, peut-être, quant à la saillie des muscles, mais ne rappelant en aucune façon les attitudes symboliques et hiératiques des sculpteurs égyptiens ni les monstruosités de la statuaire indienne.
Le principe de l'art assyrien, comme le principe de l'art grec, est donc l'imitation de la nature; mais, tandis que les Assyriens se plaisent surtout à reproduire les faits historiques et les actes de la vie humaine, les Grecs s'attachent de préférence aux scènes mythologiques où la divinité est en jeu. Ajoutons que toute idée d'idéal, de beau idéal semble étrangère aux Assyriens. Cette idée est le principe de l'art grec.
Il existe un trop petit nombre de statues assyriennes pour qu'on puisse établir une comparaison entre la statuaire assyrienne et la statuaire grecque. Il est probable que cette rareté des statues tient surtout aux
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matières que les Assyriens employaient. L'ivoire et le bois doré ou colorié se sont détruits; les métaux précieux, le cuivre même ont été une autre cause de ruine. Le petit lion en bronze qu'on voit au musée assyrien du Louvre est un admirable spécimen de cet art et égale les plus beaux monuments du même genre que les Grecs nous ont laissés. Les cariatides trouvées récemment par M. Place ont un grand aspect de naïveté, et, à en juger par les photographies que nous avons sous les yeux, elles offrent des parties nues, comme les bras, qui sont parfaitement traitées. Mais quel intervalle immense sépare ces essais incomplets des cariatides du temple d'Érecthée ?
Les peintures en briques émaillées sont fort curieuses et témoignent d'une grande habileté pratique et d'un parti pris qui appartient à des artistes consommés. Nous ne pensons pas, néanmoins, qu'il puisse exister la moindre analogie entre les peintures monumentales des édifices ninivites et celles qui décoraient le Pœcile. On pourra, sans doute, retrouver çà et là une palmette ou une rosette à peu près identique, mais ce sont là de ces rencontres que l'art ornemental a souvent présentées ; nous avons peine à y reconnaître une preuve de filiation très-directe entre les deux arts.
Cette même analogie qu'on a signalée entre l'art assyrien et l'art étrusque, qui n'est, comme on sait, qu'un dialecte de l'art grec, ne nous paraît pas plus dé-
montrée. Après tout, pourquoi s'étonner de quelques similitudes et bâtir des systèmes sur des rencontres souvent fortuites et qui peuvent facilement s'expliquer? Les arts comme l'humanité dérivent forcément d'une souche commune. Tout homme, qu'il soit Assyrien, Égyptien ou Grec, a une main, un pied, une oreille, un œil à peu près semblables.
L'art assyrien, qui nous offre une forme inconnue, un mode d'expression tout à fait nouveau, et non pas seulement un dialecte, témoigne de la fécondité inventive de l'homme, qu'on est toujours disposé à croire épuisée. Bien que l'architecture ninivite pèche par une de ses bases, la construction, elle ne nous présente pas moins, au point de vue de la combinaison des lignes et de l'ornementation intérieure et extérieure, un art complet. Le choix et le meilleur emploi possible des matériaux caractérisent l'art égyptien; l'idéal a illustré l'art grec. L'art assyrien, basé sur une puissante réalité , diffère essentiellement de chacun d'eux; pétrifié, dans son germe, par les influences locales et les préjugés de l'immobile Orient, sous certains rapports, il est resté sauvage et n'a jamais atteint à la perfection.
Ainsi que nous l'avons fait remarquer, il existe une différence sensible, quant à l'exécution, entre les monuments de Nimroud et ceux de Khorsabad, qui leur sont postérieurs de plus de cinq cents ans. Cette même décadence paraît s'être continuée dans la période de
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temps qui s'écoule de la fondation de Khorsabad à la construction des édifices de Persépolis. Dans ces palais construits avec des matériaux plus riches, nous ne retrouvons déjà plus ces sculptures si intéressantes et si variées des édifices ninivites. Ces combats, ces scènes de chasse, ces paysages , toutes ces représentations de l'histoire de la vie du monarque, qui donnent tant d'intérêt aux bas-reliefs de Nimroud ou de Khorsabad, ont disparu. Ce ne sont plus que de longues processions royales; à peine rencontre-t-on une action ou un groupe dans les bas-reliefs persépolitains. L'exécution est également faible; le dessin est incorrect et sans accent ; les personnages n'ont ni ce cachet d'individualité ni cet aspect de réalité qui caractérisent l'ancien art. Il y a la même différence entre les sculptures de Persépolis et celles de Nimroud qu'entre les bas-reliefs des colonnes et arcs romains et les sculptures du Parthénon. En revanche, la construction des palais de Persépolis est bien supérieure à celle des monuments de Nimroud et de Khorsabad. L'emploi du marbre et de la pierre est substitué à la brique et à l'argile, et accuse un art architectural autrement complet. Ainsi donc, s'il y a série descendante des premières aux dernières époques pour la sculpture, il y a série ascendante pour tout ce qui tient à l'architecture ; c'est le contraire de ce qui s'est manifesté chez d'autres peuples, par exemple chez les Égyptiens et les Grecs.
11 existe dans Fart assyrien et dans son analogue, l'art babylonien, une vaste lacune entre la construction inachevée de Babel et l'architecture des édifices de Nimroud, Royoundjek et Rhorsabad. Cette lacune sera-t-elle jamais remplie? Il est probable, cependant, qu'avant d'arriver à la vérité, à la précision de forme des bas-reliefs de Nimroud, ces premiers artistes ont dû longtemps tâtonner.
Ce qu'il y a d'étrange, c'est qu'au fond le principe de l'art est le même aujourd'hui qu'il y a quatre mille ans dans ces régions du centre de l'Asie et dans la Perse, leur voisine. Le bas-relief du dernier roi , Futteh-Ali-Shah , taillé dans le roc et qui le représente à cheval et tuant un lion, a une extrême analogie avec les bas-reliefs assyriens.
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l'art babylonien.
« Babylone semblait être née pour commander à toute la terre. Ces peuples étaient pleins d'esprit et de courage. De tout temps, la philosophie régnait parmi eux avec les beaux-arts, et l'Orient n'avait guère de meilleurs soldats que les Chaldéens. »
Bossuet, dans ce peu de mots, nous fait connaître l'importance de Babylone, qui, sous le second empire d'Assyrie , devint la capitale du royaume , et qui , sous Nabuchodonosor Ier et Nabuchodonosor II, fut au moment de dominer l'univers.
Chaque peuple a des prétentions à une haute antiquité; mais, sous ce rapport , nul ne l'emporte sur les Chaldéens. Le prêtre Bérose faisait remonter l'empire de Babylone et de la Chaldée au commencement du monde. Cette première dynastie avait quelque chose du gigantesque des races antédiluviennes; elle comprenait dix rois, dont le premier serait Alorus et le dernier Xysuthrus, et elle avait régné quatre cent trente-deux mille ans.
Débrouiller le chaos de ces origines et mettre d'ac-
cord Bérose, Syncelle, Polyhistor, Hérodote, Ctésias et tous ceux qui se sont occupés de la chronologie babylonienne nous paraît impossible. Nous préférons nous en rapporter aux livres saints, qui placent les commencements des royaumes de Babylone et de Ninive à la cinquième génération après le déluge, deux mille deux cent dix-huit ans environ avant notre ère. Le fondateur de Babel ou Babylone serait Nemrod , « le fort chasseur devant l'Éternel. »
Outre Babel, Nemrod aurait fondé les villes d'Érec \ Accad et Chaîné 2, au pays de Scin'har 3. Du pays de Babel sortit Assur, qui bâtit Ninive, Beboboth-Hir, Ralah et Resen , entre Ninive et Ralah, qui est une grande ville.
La Bible, en mentionnant Nemrod et Assur, les constructeurs de ces premières villes, les désigne suffisamment comme les fondateurs de l'empire de Chaldée et de l'empire d'Assyrie.
A l'époque de Nemrod, la religion des Babylo-
* Aujourd'hui Warkah , comme l'ont reconnu MM. Fulgence Fresuel et Oppert.
2 Aujourd'hui Niffar.
3 Ce pays de Scin'har n'est-il pas le même que le Schin'âr ou pays de Sennaar de M. Fulgence Fresnel? C'est là que, selon la Genèse, les premiers hommes, après le déluge, bâtirent la première ville et élevèrent la première pyramide à degrés , la plus haute qui ait jamais existé (uu stade olympique, soit 569 pieds de roi de hauteur).
M. Fresnel ajoute : « Comme Moïse nous apprend que la ville et la tour de Babel furent bâties dans un champ de la terre de Schin'âr, il s'ensuit que le Birs-Nimroud, masse imposante, seule ruine grandiose,
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niens paraît avoir été un déisme pur, analogue du déisme des Juifs, qui, plus tard, se corrompit et se changea en idolâtrie. C'est alors que Nemrod est adoré sous les noms de Bel, Baal (roi, seigneur), et confondu avec le soleil. Les Juifs ne tombèrent jamais absolument dans ces erreurs.
Syncelle nous a conservé la liste de la première dynastie chaldéo-babylonienne.
Les Chaldéens, selon lui, furent les premiers qui prirent le titre de rois. Le premier de ces rois fut Évéchius, que nous connaissons sous le nom de Nemrod. Il fonda Babylone et régna six ans et demi. Viennent ensuite Ghomasbelus, Porus, Nechubes, Nabius, Oniballus , Zinzerus ou Chinzir. Ces six rois régnèrent deux cent dix-huit ans et demi. Cette première dynastie comprenait donc sept rois et aurait eu une durée de deux cent vingt-cinq ans.
M. Oppert, l'un des membres de la mission qui , dans ces dernières années, a exploré la Babylonie, et dont tout à l'heure nous ferons connaître les travaux, a trouvé et décrit un curieux vase qui paraît avoir ap-
véritablemeot grandiose de toute la région babylonienne, située dans le voisinage d'un canal qui est nommé Sindjar, doit occuper l'emplacement de la tour de Babel , que l'on identifie d'ordinaire avec la pyramide à degrés de Belus, temple, observatoire et tombeau. »
Mais, alors, comment n'a-t-on pas rencontré au Birs-Nimroud comme à Kalah-Sheghat de ces briques des rois de Sennaar, antérieures à l'établissement de l'empire assyrien et remontant à 1400 avant J. C, dont les Anglais possèdent un si grand nombre dans leurs collections ?
partenu à l'un de ces premiers monarques chaldéens.
Sous Zinzerus ou Chinzir, vers le xvie siècle avant notre ère, une invasion de pasteurs arabes, analogue à l'invasion des Hyscos de l'Egypte et à la conquête arabe sous les successeurs de Mahomet, s'empare de la Babylonie , dont les peuples étaient tombés dans la mollesse. Ninive et les Assyriens, plus aguerris et mieux défendus, résistèrent aux conquérants, qui ne purent les soumettre. Loin de là, trois siècles plus tard, un roi d'Assyrie, du nom de Belus, attaqua les Arabes, amollis, à leur tour, par les délices de Babylone, les chassa et réunit cette ville à son empire. C'est alors que Babylone fut la tributaire de Ninive et la seconde capitale de l'empire.
Ninus, fils de Belus, agrandit cette dernière ville, à laquelle il donna son nom. Sémiramis, sa femme, se passionna , de son côté , pour Babylone , récemment conquise, et, par ses fondations, lui donna une nouvelle splendeur. A en croire les historiens grecs, cette reine aurait construit des murs qui avaient 365 stades de circuit, des quais, des ponts, une galerie, espèce de tunnel qui passait sous l'Euphrate; un lac qui servait à la décharge de ce fleuve; des pyramides à degrés ou jardins suspendus ; entîn tous ces ouvrages qui , après plusieurs siècles , excitaient encore, par leur grandeur, l'admiration d'Alexandre et de ses soldats.
Mais un fait positif, et auquel les travaux de la
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dernière mission de Babylonie donnent un haut degré de certitude, contredit formellement les spéculations auxquelles les historiens grecs se sont livrés sur ces anciennes époques, et semble presque de nature à reléguer les exploits et les travaux de Sémiramis au rang de ces contes dont les Orientaux, amis du merveilleux, sont si prodigues.
La plupart des briques trouvées à Babylone même, au Rasr, parmi les ruines des principaux édifices de cette ville, et dans toute la contrée environnante de Bagdad au Birs-JNimroud, portent l'estampille de Nabuchodonosor II.
On se rappelle le songe de ce prince, expliqué par Daniel, et sa folie, quand, se croyant transformé en animal , « il mangea du foin comme un bœuf, et que, son corps étant trempé par la rosée du ciel , les cheveux lui crûrent comme les plumes d'un aigle, et les ongles comme les griffes d'un oiseau ** »
Cette folie de Nabuchodonosor dura sept années, pendant lesquelles sa femme, Amuthis ou Nitocris, princesse originaire d'Ecbatane, dans la Médie, prit les rênes de l'empire. Les femmes sont extrêmes en tout , dans le bien comme dans le mal ; Nitocris , pendant sa régence, fit preuve d'une activité prodigieuse et déploya les talents d'une grande reine. Aussi Hérodote, qui se passionne assez aisément, nous semble-t-il avoir dépouillé Sémiramis d'une
1 Daniel, ch. IV.