LA COMMUNION DE SAINT JÉROME
greur en a dévoré toutes les parties; les muscles desséchés ne sontiennent plus la peau qui, vide et molle , SC ride sous les mains qui la pressent ; la tête retombe sur la poitrine ; les yeux seuls parlent encore, etï trop faibles pour s’élever jusqu’à l’hostie, ils lui demandent cependant avec désir un dernier bonheur vers lequel la |vie s’élance tout entière avant de disparaître de la terre pour aller se renouveler dans le sein des anges, dont plusieurs, placés au-dessus de la scène, semblent dans l’attente du moment suprême qui va la terminer. Mais, ni ces anges, ni ce lion qui pleure abattu aux pieds de son maître avec l’affliction et la physionomie d’un vieux serviteur, n'attirent un regard des assistants ; quoique ce qu’ils ont de merveilleux et d’extraordinaire soit bien fait pour ajouter à l’importance de l’action en indiquant celle du personnage, ils n’ont garde d’en détourner l’attention, ni de troubler indiscrètement ce religieux silence qui va nous laisser entendre les paroles sacramentelles près de sortir de la bouche de l’officiant pour passer dans l’àme du moribond. L’unique mouvement qui ose se manifester est celui d’un soin pieux , d’une tendre et respectueuse pitié confondue dans les âmes avec la dévotion qui se porte à la fois vers le double sacrifice.
L’idée du Dominiquin, dans ce tableau, ést impossible à épuiser; comme tout ce qui est sublime, elle participe de l’infini : l’exécution en atteint presqu#
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<96 ÉCOLE ^TALIENKE (LE DOMINIKLIN).
la perfection possible à concevoir. Le caractère élevé empreint dans toute la composition y est mêlé à une telle vérité de nature qu’on ne saurait dire si quelquesunes de ces figures ne doivent pas la noblesse de leurstrails uniquement au sentiment qui les anime. L’entente et l’harmonie de la couleur y sont portées au plus haut degré. Les vêtements blancs, la figure adolescente, la chevelure blonde d'un jeune clerc à genoux , reçoivent sur le devant les plus vives lumières. Le corps du saint , quoique entièrement éclairé , ne se trouve exposé qu’à un éclat déjà assez adouci pour rendre supportable l'effroyable vérité de cés teintes oii la mort commence à l’emporter sur la vie. L’ombre portée de l’officiant place les personnages du fond dans un clair-obscur qui les enfonce à la fois et les fait ressortir; l’air circule autour de toutes ces figures rapprochées sans entassement ; et rien ne surpasse la beauté de la perspective et la netteté des différents plans qui se succèdent et s’enchaînent, sans qu’il soit possible de les confondre ni de les séparer.
Ce tableau a été gravé par César Testa et Jacques Fres.
mOPORTIONS.
Ilauleiir, i mèlres lOcent. = 12 pieds 7 pouces. Lïiryc'ur, 2 — 58 — ~ — Il —
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RAVISSEMEXT DE SAIXT PAUL